Réintroduire une vraie progressivité de l'impôt et supprimer le bouclier fiscal

Mes modestes contributions à la boîte à idées de gauche pour 2017. Aussi proposées sur www.jlm2017.com

Aujourd'hui, le bouclier fiscal est constitutionnalisé. Il est impossible d'imposer un contribuable à 80% de ses revenus et patrimoine, par exemple.

Il faut donc commencer par réformer la constitution sur ce point pour ensuite lancer une grande réforme de l'impôt sur le revenu. Ce devrait être l'un des tout premiers actes d'une présidence de gauche sociale

 

Cet impôt devrait se généraliser, et imposer, sans doute pas aux mêmes taux, revenu, capital et patrimoine. Surtout, il devrait redevenir réellement progressif ; il est inacceptable que Mme Bettencourt soit proportionnellement moins imposée qu'un français moyen.

 

Roosevelt, aux Etats-Unis, était allé jusqu'à un taux de 91% sur le revenu des plus riches, afin de lutter contre les inégalités. Il me semble qu'il faudrait revenir à des taux de ce genre.

 

Le capitalisme, à un siècle de distance, est en train de donner raison à Karl Marx : il est en pleine phase de concentration. Tout dernièrement, cette information est parue : dans le monde, les 1% les plus riches détiennent 50% des richesses. Les 80 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. (http://www.challenges.fr/economie/20150119.CHA2310/ces-1-qui-detiendront-bientot-50-de-la-richesse-mondiale.html)

 

Cette inégalité des richesses est inacceptable. L'impôt (et sa progressivité) reste le moyen le plus pacifique pour lutter contre.

 

Afin que cette mesure ne soit pas symbolique, et que l'on n'assiste pas à une ruée vers les paradis fiscaux, il nous faut aussi muscler notre législation sur la fraude et, surtout, sur l'évasion fiscale. Un évadé fiscal ne fait pas autre chose, vis à vis de la collectivité, qu'un cambrioleur de banque. Il vole un argent qui ne lui appartient pas. Aujourd'hui les évadés fiscaux négocient leur amende avec Bercy, et le PS se félicite de faire revenir des criminels en minimisant leurs peines. (voilà du vrai laxisme !) Les évadés fiscaux sont, d'une  certaine manière, des traîtres à leurs nations : peine de prison, amendes lourdes, déchéances de leurs droits et inégibilité devraient être un minimum. Ils ont peur de revenir au vu de ce que ça leur coûtera, nous disent droite et gauche PS. Débrouillons-nous pour qu'ils aient encore plus peur de partir.

 

Pour rappel, l'évasion fiscale, en 2012, c'est environ 80 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat par an. Le fameux trou de la Sécurité Sociale, la même année, c'est 13 milliards.

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