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Billet de blog 21 août 2016

Pour une alliance Mélenchon Montebourg ?

Ce dimanche, Arnaud Montebourg vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. La violence de son discours envers François Hollande et le quinquennat en cours laisse supposer que Montebourg passera outre la primaire socialiste. Jean-Luc Mélenchon, lui, est déjà en campagne depuis plusieurs mois.

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Ce dimanche, Arnaud Montebourg vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. La violence de son discours envers François Hollande et le quinquennat en cours laisse supposer que Montebourg passera outre la primaire socialiste. Jean-Luc Mélenchon, lui, est déjà en campagne depuis plusieurs mois. Nous sommes donc partis pour avoir, outre le candidat officiel du PS et les candidats pour l'honneur (je range dans cette catégorie Philippe Poutou et Nathalie Artaud, puisque ces deux-ci, de leurs aveux mêmes, ne souhaitent pas être élus ni gouverner) deux candidats dont l'offre politique peut clairement être qualifiée de gauche, ou socialiste.

Deux candidats qui partagent, grosso modo : l'idée d'une sixième république, la volonté de renforcer l'état social, la lutte contre l'austérité et le néo-libéralisme, de gros doutes sur l'Europe telle qu'elle est construite. Qui, en réalité, ont à peu près le même programme, sinon dans les détails, du moins dans l'idée.

Deux candidats qu'on a vus espérer en Tsipras, puis copiner l'un puis l'autre avec Yanis Varoufakis. Deux candidats, enfin, qui visent les mêmes électeurs : le citoyen de gauche, socialiste mais non révolutionnaire. Deux candidats déçus par François Hollande, qui pensent chacun être le meilleur pour rassembler tous ceux qui partagent cette déception - j'en suis.

Deux candidats qui sont clivants. Reprenons leurs défauts respectifs :

- Jean-Luc Mélenchon est une grande gueule, qui aime trop le battage médiatique - quitte à s'installer, parfois, à la télévision, dans le rôle du clown de gauche. Pour tout un tas de raisons - dont la moindre n'est pas son long parcours d'apparatchik au PS, il apparaît comme peu crédible, pas sérieux - le fait est, de Maastricht à son soutien à Hollande en 2012, qu'il s'est souvent trompé. Il possède une solide capacité à perdre ses alliés politiques ; constater que le PC hésiter entre lui et le PS de Hollande, ou Duflot présenter une candidature qu'elle sait être bien vaine, vu l'état des verts, est tout de même constater de sacrées absudités. Enfin, son soutien envers un certain nombre de dictatures ou pseudo-démocraties (Cuba, Russie...) reste problématique pour de nombreux électeurs de gauche.

- Arnaud Montebourg se trouve brillant, ce qui suffit déjà à le rendre assez énervant. Il possède en outre la même capacité que le précédent à ne pas conserver ses alliés (Hamon, Lienemann, etc...) doublée d'un cynisme politique suffisant à lui avoir fait soutenir Valls comme premier ministre, ce qu'il aurait évidemment dû combattre, s'il voulait être un tant soit peu cohérent avec les idées qu'il professe par ailleurs. Enfin, on peut se demander s'il croit tout simplement en ses idées, vu que la plupart de ses actes vont contre. (soutenir Hollande contre Aubry en 2012, rester ministre de l'économie après Florange, soutenir Valls, aller jouer au patron en grenouillant chez habitat dès son éviction du gouvernement)

On trouvera ces critiques plus ou moins justes, plus ou moins graves. J'en ajouterai une : Mélenchon est trop gauchiste pour rallier des centristes ou des sociaux-démocrates ; Montebourg est trop au PS pour rallier des gauchistes. Toujours est-il que, dans les deux cas, un certain nombre de raisons pousseront un certain nombre d'électeurs à ne pas mettre leur bulletin dans l'urne. Raisons qui n'ont pas grand'chose à voir avec leur programme, mais avec leurs personnalités et les doutes qui vont avec.

Si je résume : voilà deux candidats qui ont peu ou prou le même programme, qui ont des personnalités assez clivantes, dont l'un peut séduire du centre-gauche à la gauche de la gauche l'autre de la gauche de la gauche à l'extrême-gauche (si vous voyez ce que je veux dire). Deux candidats, donc, qui séparément n'auront que bien peu de chances d'être élu, surtout s'ils marchent sur les mêmes plate-bandes.

Or, s'ils s'alliaient, nous obtiendrions un ticket gagnant dont l'électorat possible serait toute la gauche. Les doutes que l'on peut avoir sur l'un et l'autre, au lieu de se multiplier, se soustraieraient : Montebourg apporterait le "sérieux" qui parfois manque à Mélenchon, Mélenchon apporterait la "rupture" qui semble si curieusement absente chez Montebourg. L'un et l'autre sont accusés d'être des ambitieux pensant avant tout à leur personne ; s'allier montrerait que le sort du pays les intéresse plus que leurs ambitions personnelles.

Politiquement, une alliance Montebourg-Mélenchon fait sens. Les deux ont la même lecture de l'époque, partage une conception de l'état, de l'économie et de l'Europe mi-socialiste mi-gaulliste de gauche. Enfin, cette alliance, si elle avait lieu, serait peut-être le point de départ à d'autres : la gauche du PS, le PC, Duflot et ce qu'il reste des Vertsn et puis, pourquoi pas, (rêvons encore un peu plus) le NPA.

Je tiens à préciser que, en soi, ni Mélenchon ni Montebourg (encore moins, d'ailleurs) ne sont des choix de coeur. Je fais partie d'une foule nombreuse qui attendrait des hommes plus neufs, avec des idées plus claires et une politique socialiste renouvelée et ambitieuse. Mais prosaïquement, puisque rien d'autre ne vient, si Mélenchon et Montebourg s'allient, ils ont une chance de passer le premier tour. S'ils y vont seuls et l'un contre l'autre, ils diviseront leurs voix et nous aurons vraisemblablement un second tour sans candidat de gauche sociale.

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