Un sondage intéressant

Les sondages valent ce qu'ils valent, c'est-à-dire rien, ou si peu. Toutefois, le sondage TNS Sofres, diffusé hier après la victoire de Benoît Hamon à la primaire du PS, est intéressant à étudier. Il porte sur le premier tour de la présidentielle, le voici, pour les principaux candidats.

Les sondages valent ce qu'ils valent, c'est-à-dire rien, ou si peu. Toutefois, le sondage TNS Sofres, diffusé hier après la victoire de Benoît Hamon à la primaire du PS, est intéressant à étudier. Il porte sur le premier tour de la présidentielle, le voici, pour les principaux candidats :

 

Marine Le Pen : 25 %

François Fillon : 22 %

Emmanuel Macron : 21 %

Benoît Hamon : 15 %

Jean-Luc Mélenchon : 10 %

 

(Au passage, on peut remarquer à quel point Yannick Jadot, Philippe Poutou et Nathalie Artaud n'ont pas l'air même d'exister d'après les médias officiels...)

 

Economiquement, ces cinq candidats se divisent entre des ultra-libéraux (Fillon et Macron), c'est-à-dire des capitalistes, et des anti-capitalistes plus ou moins déclarés (Mélenchon, Hamon, Le Pen). L'addition des deux camps nous mène à 43 % pour le camp économiquement libéral et 50 % pour l'autre.

 

Socialement, ils se divisent entre conservateurs, - voire réactionnaires (Le Pen et Fillon) et libéraux (Macron, Hamon, Mélenchon). L'addition nous mène à 47 % pour les conservateurs contre 46 % pour les libéraux.

 

Dans les deux cas, l'égalité des scores est presque parfaite. Ce qui me mène à dire que l'élection qui vient est un moment essentiel. Dans chaque dimension politique, deux directions opposées se font face, et divisent le pays.

 

Si nous additionnons ces deux dimensions, on peut voir qu'en réalité, quatre blocs se font face :

- Un bloc "tchatchérien" (droite), ultra-libéral économiquement et ultra-conservateur socialement. Il est représenté par Fillon

- Un bloc "blairiste" (centre), ultra-libéral économiquement et libéral socialement (mais bien, sûr, l'économie prime le social). C'est Macron.

- Un bloc "fasciste" (extrême-droite), ultra-conservateur socialement et anti-capitaliste. C'est le discours de Le Pen.

- Un bloc "socialiste" (gauche), anti-capitaliste (ou pour le limiter, ce qui va dans le même sens) et libéral socialement. Il est tenu à la fois par Mélenchon et par Hamon. (à condition, tout de même, que celui-ci muselle la partie vallso-hollandiste du PS ou la laisse rejoindre Macron)

 

Suivant ce sondage, ces quatre blocs tiennent chacun entre 20 et 25 % des électeurs, avec un léger avantage pour les blocs "fasciste" et "socialiste".

 

Mais... Seul le bloc "socialiste" est divisé, rendant ses chances de passer le premier tour quasi-nulles.

 

Toutefois, une clarification idéologique et une remise en ordre du paysage politique français semblent se faire jour. Par ses trahisons et son indifférence au peuple, la présidence de François Hollande aura au moins eu ce début de conséquence. Espérons que cette clarification continue au point d'obtenir un parti socialiste qui soit de gauche et une candidature unique d'une (vraie) gauche.

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