Que faire en 2016?

Voici l'an nouveau, voici le temps qui passe et nous emporte, à grandes enjambées, toujours pressé, pressé. C'est le moment des grandes résolutions...

A Chaumont © Gilles Walusinski A Chaumont © Gilles Walusinski

Voici l'an nouveau, voici le temps qui passe et nous emporte, à grandes enjambées, toujours pressé, pressé. C'est le moment des grandes résolutions. Cette année, c'est promis, j'arrête de me faire marcher dessus par mon chef se dit le monsieur au vieux pardessus rappé qui promène son chien ; cette année, je ne perdrais plus ma vie à la gagner se dit la caissière de la supérette, de service tous les dimanches ; cette année, on fait la révolution fin mai début juin, notons-le tout de suite dans nos agendas, se disent deux demoiselles et un jeune homme sur la place du marché. Cette année, on n'accepte plus que des gens dorment dehors, que des étrangers soient maltraités, que des enfants ne mangent pas à leur faim. Et tous de rêver sans trop y croire à un avenir qui ressemblerait à autre chose qu'à un long tunnel sombre et tortueux dont il n'est pas sûr qu'il ait un bout.

Quant au Président, il se sent un grand sage tout plein de responsabilités, telle le père très digne de tant de millions d'enfants à protéger : ses Françaises et ses Français à lui, si fragiles face à la dure réalité de la vie et aux méchants qui leur veulent tant de mal. Il est ému, il est fier de ses petits si courageux devant l'adversité. Cette année, c'est promis, il arrête de se teindre les cheveux pour ressembler pour de vrai au patriarche, guide de la nation. Peut-être se laissera-t-il aussi pousser la moustache.

Pour nous, donnons un coup de main aux rêveurs de bonne volonté du premier paragraphe dont nous partageons les belles résolutions. Convaincus du bienfait émancipateur de l'art quand il n'est pas à la solde des marchés financiers et des spéculateurs, écrivons, lisons, peignons, photographions, dansons, jouons de la musique et la comédie, pratiquons les arts du cirque et de la rue et tutti quanti. Diffusons, faisons largement connaître ce qui se fait ici et là, les nombreuses initiatives créatrices dont on n'entend jamais parler à la télé parce qu'elles ne rapportent pas des milliards. Des amis murmurent qu'ils le font déjà. Persistons, alors. Sinon, que restera-t-il de notre époque ?

 

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