La guerre c'est le viol

La guerre c'est le viol. La violence sexuelle contre les femmes prospère dans ces périodes de boucheries à ciel ouvert où le droit du plus fort s'impose dans un éclat de rire gras. La connerie machiste, toujours féconde, resplendit quand la lutte pour l'égalité des sexes, cette futilité femelle d'emmerdeuses gauchistes et mal baisées, est enfin oubliée pour de plus virils assauts.

Grande femme debout © Diana Quinby Grande femme debout © Diana Quinby

La guerre c'est le viol. La violence sexuelle contre les femmes et les enfants prospère dans ces périodes de boucheries à ciel ouvert où le droit du plus fort s'impose dans un éclat de rire gras. La connerie machiste, toujours féconde, resplendit quand la lutte pour l'égalité des sexes, cette futilité femelle d'emmerdeuses gauchistes et mal baisées, est enfin oubliée pour de plus virils et donc sérieux assauts.

Multiplication des conflits armés de par le vaste monde et rhétorique sans cesse ressassée du nous-sommes-en-guerre intensifient les agressions contre les femmes dont on s'inquiète ma foi fort peu quand elles se passent dans la lointaine Syrie ou au Mali sauvage, mais qui soudain nous choquent devant la gare de Cologne.

En ces temps martiaux où l'heure est grave, qui se préoccupe de la sécurité des femmes et du respect de leurs droits ? Les armées occidentales, bien sûr, qui s'en vont fièrement en pays conquis défendre la belle Afghane ou la jolie Centrafricaine attaquées par les islamistes sanguinaires, en bombardant leurs maisons et leurs fêtes de mariage, en tuant leur mari et leur fils, ou en violant leurs gamines. C'est pour la démocratie et ta liberté, salope. Les gouvernements européens, of course, en refusant ou accordant du bout des lèvres un asile parcimonieux à celles qui fuient leur pays dévasté par les guerres militaires ou économiques, au risque de périr avec leurs enfants pendant l'exode. Tu comprends bien qu'on ne peut pas accueillir toute la misère etc., retourne sous les bombes, pauvre musulmane.

Les xénophobes vont s'user les mains à force de se les frotter, tant les occasions sont belles de faire fructifier leur petit commerce pourri. Une centaine de femmes agressées à Cologne, la nuit du réveillon, par un groupe de mecs bourrés « d'apparence maghrébine », qui pouvait espérer mieux ? C'est le bingo, le ticket de loto gagnant et le jack pot en même temps : y'a plus qu'à ramasser les bénéfices. La violence sexiste est le fait de l'étranger, qu'il le soit ou non. L'apparence suffit, même si certains agresseurs parlaient rudement bien l'allemand. Vous voyez bien, braves gens et gentes dames, qu'on est en guerre ! On se demande où étaient passés les poulets teutons cette nuit-là. Dommage, ils ont raté une occasion de se rendre utiles. Ils avaient sans doute mieux à faire ou bien se rinçaient-ils l’œil au chaud devant les écrans reliés aux caméras de surveillance : Prosit Neujahr !

 Je ne sais pas vous, mais moi je ne la sens pas très bien cette année internationale des légumineuses. D'ailleurs, hier, j'ai pas eu la fève.

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