Sur le bitume écrasé par un soleil d'acier et par les pneus des berlines familiales, remplies jusqu'à la gueule, qui embouteillent les routes des congés payés, ça chauffe. Le thermomètre grimpe à des températures de fièvre de cheval, heureusement qu'il y a la clim pour nous rafraîchir la couenne en flinguant la planète. Elle se démerdera, la planète, on peut lui faire confiance pour nous engendrer des monstres adaptés à notre pollution, demain, quand on ne hantera plus le caillou brûlant. Après nous le déluge : il y aura peut-être trop d'eau, finalement, sur la Terre dévastée par l'humain.
Depuis dimanche, ça chauffe sous les cheveux des politiques. La victoire du non, c'est le hic. Le grain de sable dans la mécanique bien huilée du néolibéralisme qui produit de la crise comme le vivant de la fiente. Ça fait trente ans et plus que le système à la diarrhée et que les Diafoirus de père en fils s'acharnent à sauver l'économie malade en saignant les populations. Les grecs ont dit non à toujours plus d'austérité : ils sont bien malpolis ces bouffeurs de pitas à crédit ; si les autres européens se mettent à dire non aussi, on sera bien embêtés de devoir anéantir le simulacre de démocratie qui leur fait croire à leur liberté. Alors, les crânes d’œufs entrent en ébullition : ça calcule sec la prochaine entubade.
Eurêka ! Ils ont trouvé, ces génies gaulois de la combinaison politique. Ya ka dire que Syriza et le FN, c'est kif-kif. La gauche sociale et l'extrême droite raciste, c'est de la même eau de vaisselle. La preuve : Le Pen a applaudi le résultat du référendum. On reste baba devant tant d'ingéniosité dans la mystification : nos plus beaux cerveaux, élevés dans les meilleures écoles privées de la République laïque, sont atteints de dégénérescence et nous ressortent sans cesse la même couillonnerie. Ils ne sont pas payés pour avoir des idées neuves mais pour gérer le désastre. D'ailleurs que cherchent-ils, ces esprits fins, en assimilant l'inconciliable : veulent-ils effrayer le bourgeois des horreurs de la vraie gauche ou l'encourager à voter bleu marine ?
On a peur de connaître la réponse. Et l'on souhaite que sur les avenues pavées de nos villes, les gens enfiévrés par tant de propagande grotesque et d'odieux mensonges, relèvent la tête comme les manches, et qu'enfin ça chauffe.