Patatras!

Ça pique, ça coince, ça grince : ça leur troue l’arrière train et les gratte tout partout. Alors ça sort par la bouche : leur morgue raciste avec les aigres humeurs de leur bile malade. Iels ont pourtant tout fait pour étouffer la manif d’hier avant qu’elle ait lieu, pour tuer dans l’œuf l’élan de solidarité et de fraternité qu'iels sentaient frémir...

Manifestation contre l'islamophobie, Paris 10 novembre 2019 Manifestation contre l'islamophobie, Paris 10 novembre 2019

Ça pique, ça coince, ça grince : ça leur troue l’arrière train et les gratte tout partout. Alors ça sort par la bouche : leur morgue raciste avec les aigres humeurs de leur bile malade. Iels ont pourtant tout fait pour étouffer la manif d’hier avant qu’elle ait lieu, pour tuer dans l’œuf l’élan de solidarité et de fraternité qu'iels sentaient frémir autour de cette date, le 10 novembre, et de ce mot d’ordre : toutes et tous dans la rue contre l’islamophobie.

Les bavard.es appointé.es, les taulard.es des médias à la solde de l’extrême droite mainstream ont sorti le grand jeu avec les épouvantails barbus en forme de grands méchants salafistes et de terroristes. Attention les gens, qui sera vu sur le bitume défilant à côté d’une femme voilée incarnera un signe fort d’islamo-gauchisme à ficher S ! Iels ont menacé, fulminé, accusé et condamné d’avance au tribunal zemouriens des braves français de France, iels ont enrôlé des musulman.es de service pour servir leur soupe amère avec des vrais morceaux de haine de soi dedans.

Patatras ! Ces pathétiques efforts pour réchauffer coûte que coûte le climat islamophobe que les éditorialistes et leurs ami.es politiques espéraient profondément installé dans le pays ont échoué. La manifestation a eu lieu et elle était réussie. Il y avait du monde, et la foule diverse qui a marché de la Gare du Nord à la Nation en passant par République était tout simplement paisible bien que déterminée, familiale, joyeuse et fraternelle. Les manifestant.es souriaient et chantaient, ravi.es de se voir ensemble, côte à côte, réuni.es. En fait, rien d’exceptionnel : dans la vraie vie, celle qui ne passe jamais à la télé, les habitant.es des quartiers, des villes de banlieues vivent au jour le jour côte à côte et réuni.es dans un respect in globo des différences. Mais hier, iels étaient là, dans la capitale qui les rejette si souvent, et soudain visibles.

Mince, se disent aussitôt les éditorialistes et leurs ami.es politiques : ça commence à se voir nos mensonges. Et iels se souviennent des vieilles ficelles de leurs inspirateurs : plus le mensonge est gros, plus il passe. Alors, iels en remettent une couche. Après avoir vainement tenté de retenir la vague de solidarité, iels se pincent aujourd’hui le nez en prétendant qu’elle pue. Les fourbes patentés accusent les manifestant.es d’ignominies fantaisistes et autres complicités imaginaires avec des assassins. La solidarité, iels ne la comprennent pas : ça leur donne des allergies.

Le vieux monde s’effondre : celui, rance, d’une société colonialiste, raciste, islamophobe. Derrière le voile tendu par les medias officiels pour dissimuler la vérité populaire, il y a des femmes et des hommes bien décidé.es à ne pas se laisser pourrir la vie par les manipulateurs d’opinion. Hier nous étions là pour le dire à haute, forte et intelligible voix : l’islamophobie, sous tous ses aspects, ça suffit !

 

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