Juliette Keating (avatar)

Juliette Keating

Abonné·e de Mediapart

1054 Billets

4 Éditions

Billet de blog 16 janvier 2026

Juliette Keating (avatar)

Juliette Keating

Abonné·e de Mediapart

Aspirine contre Saint caillot

Juliette Keating (avatar)

Juliette Keating

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Donald Trump serait obsédé par la liquidité de son sang. Le président états-unien refuse qu’un sang épais lui traverse le cœur. Aussi avale-t-il quantité d’acide acétylsalicylique, l’aspirine ayant la vertu de diminuer la coagulation et favoriser la circulation sanguine. Irrigué d’un liquide organique d’une fluidité parfaite, le corps du président auto-médiciné jouit de cette santé inaltérable qu’il s’attribue malgré tous les signes de fatigue, claudication, endormissements, discours brumeux que des esprits démoniaques commentent comme autant de fake news. L’on pourrait voir en cette lubie dangereuse, lui causant peut-être les hématomes qu’on lui a vus sur la main, une preuve de plus de la bêtise du vieil autocrate qui dirige la plus grande démocratie nucléaire du monde. Mais la qualité du sang fait l’homme, c’est l’idée qui se devine derrière la folie d’un sang clarifié, épuré. Nos ci-devant aristos n’étaient-ils pas reconnaissables à leur sang bleu coulant sous leur peau si blanche ? Mêlé à l’eau, le sang de la plaie christique recueilli dans le graal n’est-il pas breuvage d’immortalité ? Noblesse et sacralité du sang limpide du grand chef masculin-blanc-chrétien-libertarien qui n’accepte, en terme d’agglutination, que celle du capital. Il faut que ça coule, que ça s’écoule, que l’argent nourricier se dirige depuis les organes planétaires vers le cœur battant du monde, les USA, et s’y régénère. En guise d’aspirine, quelques bombes ça et là fluidifient les flux pour la paix des affaires. Le sang des populations, abondement versé partout où elles sont victimes de guerres coloniales, partout où elles osent se révolter contre les tyrans qui les oppriment, est d’une même couleur rouge. Celui de Renée Good touchée à la tête de plusieurs balles tirées par un agent fédéral du service de l’immigration (ICE), mourant sans secours alors qu’elle rentrait chez elle après avoir déposé son fils à l’école n’éclabousse pas le grand pacificateur en quête de vie éternelle. Saint caillot, délivre-nous du mal.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.