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Billet de blog 17 mars 2016

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La part du ghetto

Cachez ces pauvres que dame Pécresse ne saurait voir!

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Illustration 1
Barricades à Paris 1871

Le pauvre est aujourd'hui le seul gibier dont la chasse intensive ne conduit pas à l'éradication de l'espèce. Pire, il prolifère, le pauvre, ce gagne-petit qui n'a pas bien travaillé à l'école, ce fainéant qui se complaît au chômage et se fait du lard en profitant de ses grasses indemnités, ce reproducteur forniquant à couilles-rabattues pour augmenter d'autant de chiards ses généreuses allocations familiales. Y'en a partout, de ces sales bêtes qui se permettent encore de voter à gauche, bientôt jusque dans le seizième arrondissement de Paris ! Beaucoup dans l'opulente Île-de-France où les braves gens ont heureusement élu dame Pécresse la gaillarde chasseresse de pauvres qui songe à rebaptiser sa région de ce nom plus glorieux : Riches-de-France.

Un pauvre, ça va ; suffit de se boucher le nez et c'est pittoresque à Versailles, sur le parvis de l'église, quand le bougre tend une main timide en baissant les yeux au sortir de la messe. Mais plus de 30% de pauvres dans une même ville, ça pique les yeux de la présidente LR : ça fait « ghetto », proclame dame Pécresse qui ne veut plus aider à financer des HLM au-delà de ce petit tiers de logements sociaux. Si les ghettos de riches font les beaux quartiers, les ghettos de pauvres sont des nids à cas sociaux et les niches des derniers électeurs communistes vivants. Qu'importe la crise du logement et les SDF qui peuplent les rues faute d'un toit au loyer abordable. Dame Pécresse l'a promis, elle va le faire son plan « anti-ghettos » ! Effacer les quartiers populaires, ces verrues sur la face si blonde de sa région, disperser l'habitat social, envoyer les pauvres voir ailleurs si Dame Pécresse y est, loin, loin, tout au bout du bout des rails du RER, dans les riantes lointaines banlieues où elle ne les y croisera jamais.

À quoi l'on voit que dans notre belle démocratie, les promesses électorales sont promptement tenues, quand elles sont anti-sociales !

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