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Billet de blog 23 mai 2016

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Le temps des chiens

Tandis que, méthodiquement, les profiteurs internationaux épaulés par la troïka dépècent le cadavre encore tiède de la Grèce, un printemps pourri verse sa chasse d'eau sur une France de plus en plus rance. Il pleut, il mouille, c'est la fête aux grenouilleurs de la course à l'échalote politicienne.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parisiens sous la pluie © Leblanc

Tandis que, méthodiquement, les profiteurs internationaux épaulés par la troïka dépècent le cadavre encore tiède de la Grèce, un printemps pourri verse sa chasse d'eau sur une France de plus en plus rance. Il pleut, il mouille, c'est la fête aux grenouilleurs de la course à l'échalote politicienne.

Puisqu'il y a contestation sociale, se disent les candidats à « l'alternance », puisque les médias montrent de dangereux "casseurs", c'est le moment de prouver aux braves gens que, telle la lessive qui lave plus blanc que blanc, on est le plus fasciste de tous les fascisants. L'un, au nom de chiottes, réclame la suppression des syndicats mal-pensants, l'autre marine veut interdire les manifestations, la troisième au racisme vieille Gaule voit un Africain en chaque Noir et déclare qu'à Gare du Nord on n'est plus chez soi. On a, depuis Sarkozy au moins, compris que le caquet politique ne s'élèverait plus au-dessus du niveau trumpien et des latrines d'une pseudo démocratie dégénérée en oligarchie démagogue. Au débat d'idées s'est substitué un plus buzzant concours de la plus grosse matraque.

Le tenant du titre primo-ministériel n'est pas en reste dans la grande ruée vers la dictature. Incapable d'agir sur le chômage ou de contrer la pauvreté qui gagne – mais le souhaite-t-il vraiment ? - notre mini caudillo se spécialise dans le maintien de l'ordre en remettant au goût du jour les prisonniers politiques. Non seulement Manuel Valls gouverne par 49-3, mais il prétend dire qui sera Français ou ne le sera pas, et, grâce à l'état d'urgence permanent, à la police alliée aux services secrets prompts à établir des notes aussi blanches que vides, décide qui sera enfermé ou bien libre, provisoirement. À quand les drones éliminant par frappes chirurgicales les ennemis intérieurs de la France, épargnant ainsi au personnel judiciaire l'engorgement des tribunaux ?

Il pleut, il mouille, sur des Nuits debout qui luttent pour ne pas se dissoudre dans le dégoût général. On se prépare pour la manifestation de jeudi. Le mouvement social, paraît-il, se durcit. Les braves gens, eux, préparent leur prochaines vacances au soleil de la Grèce, à moindre coût.

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