Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.
Temps frileux et pluie fifine, glacée. Rares percées d'un soleil qui ne réchauffe pas les guirlandes nouvelles ni les tas de sapins ficelés sur les trottoirs déserts. Les clients inquiets restent chez eux et commandent les cadeaux de Noël sur Internet : un rose gilet pare-balles pour la petite, un vrai Glock pour le plus grand, une matraque télescopique pour Mamie. Mais en ces temps moroses, il n'y a pas que les vendeurs d'armes qui soient heureux. Le bonheur des marchands de drapeaux déglace aussi les cœurs les plus gelés. En voici en voilà du joli bleu-blanc-rouge, à toutes les tailles et dans toutes les matières. Les stocks de tricolore sont pris d'assaut par les braves gens dont la fibre patriotique s'est ragaillardie, trempée dans le sang des victimes des attentats parmi lesquelles il y avait peut-être -horreur!- un(e) anarchiste pacifiste, antimilitariste, antinationaliste. Mais tant pis pour elle (ou lui). Tandis que les bombes continueront à pleuvoir là-bas en son nom, la France en état-d'urgence pavoisera vendredi et ça fera un effet bœuf autant qu'émoustifiant tous ces petits drapeaux aux fenêtres. On brûle d'impatience de voir les belles images à la télé et d'écouter les graves commentaires des personnalités entre deux témoignages poignants d'anonymes mobilisés. Hélas, tous ne participeront pas à la fête faute d'une fenêtre où accrocher leur fanion et du logement qui va avec. Ce sont les délogés de Saint-Denis toujours réfugiés dans un gymnase. A moins que, d'ici là, un Père Noël précoce leur ait apporté une chambre d'hôtel pour remplacer leur appartement, défoncé par le Raid. Il y a une cheminée dans les gymnases ?
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