Samedi 29 octobre 2016, le président Hollande fera sans doute un beau discours. Sur le site de l'ancien camp de Montreuil-Bellay, destiné aux « sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le type romani », où furent internés entre 1941 et 1945 quatre mille Tsiganes dans des conditions d'insalubrité et de malnutrition qui conduisirent à la mort 29 personnes, surtout des bébés et des personnes âgées, le président rendra un hommage national aux Tsiganes raflés puis parqués entre des barbelés, dans des baraquements sous étroite surveillance, parce qu'ils étaient nomades, parce qu'ils étaient de « type romani »: des Roms. Un beau discours, solennel et émouvant, et l'inauguration d'un mémorial pour enfin reconnaître officiellement ce que la France a toujours préféré cacher : son rôle actif dans la déportation et l'internement des Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Se souvenir, commémorer : c'est bien. Mieux encore : faire en sorte que l'internement et le génocide des Tsiganes ne se reproduisent jamais. Et d'abord, faire en sorte que cessent toutes les discriminations, tous les mauvais traitements que subissent encore les Roms de France. Après les paroles odieuses de Manuel Valls qui déclarait en septembre 2013 que les Roms n'avaient d'autre « vocation » que d'être reconduits autoritairement aux frontières parce qu'ils ne veulent pas s'intégrer, après la politique nationale de démantèlement des campements sans relogement, après les destructions en série des bidonvilles ces derniers mois, jetant des centaines de familles à la rue, il est grand temps de reconnaître non seulement les fautes du passé mais aussi celles d'aujourd'hui, pour y mettre un terme.
À Montreuil en Seine-saint-Denis, treize familles Roms expulsées de leurs habitations, des hommes, des femmes, des bébés, des enfants, vivent sous des tentes posées sur le trottoir depuis près de 100 jours. Une réunion publique d'information et de mobilisation aura lieu lundi 31 octobre, à partir de 18 heures à La Parole errante, 9 rue François Debergue à Montreuil.
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