Chypre, un épiphénomène qui va dans le bon sens…
Un confetti à l'échelle de l'Union Européenne a fait trébucher toutes les certitudes des Eurocrates et technocrates en tout genre.
Maintenant, ce sont nos meilleurs journalistes qui font sauter tous les bouchons d'un système hyper-bouclé et hyper-protégé par les meilleurs spécialistes de la fraude fiscale (et de leurs conseillers).
CHYPRE, CAHUZAC, et maintenant OFFSHORE LEAKS...
N'oublions pas MEDIAPART, et surtout ceux qui n'ont pas encore eu leur heure de gloire.
Avant de développer ce sujet, je veux d'abord rendre hommage à toute l'équipe de MEDIAPART, sans oublier ceux qui, en économie, ont quelque peu révolutionné les "analyses" croquignolesques de J.M APHATIE (la radio qu'il vous faut : RTL) dans les enquêtes microéconomiques, les analyses internationales, monétaires, financières et macroéconomiques…
Citons donc le travail admirable de Laurent MAUDUIT, Martine ORANGE, Dan ISRAEL, Ludovic LAMANT, Mathieu MAGNAUDEIX, Jade LINGAARD, Rachida EL AZOUZZI, et parfois Philipe RIES, le dogmatique de service.
Cet hommage pour ne pas oublier leur travail quand d'autres grands journalistes réussissent à placer MEDIAPART au sommet du Grand Journalisme : Fabrice ARFI, Marine TURCHI, Mathilde MATHIEU, Michael HAJDENBERG… et j'en oublie malheureusement…
MEDIAPART n'a (heureusement) pas le monopole de la "recherche de la vérité et de la vertu".
Le « Offshore Leaks », la fuite de milliers d’informations concernant les opérations dans plusieurs paradis fiscaux, crée un séisme planétaire et elle est prise très au sérieux en Belgique, un paradis comme tant d'autres.
"La Belgique est concernée, notamment via les diamantaires anversois.
Notre journaliste Alain Lallemand (LE SOIR) a participé à l’enquête".
Il en explique les ressorts.
Alain Lallemand : "L’occasion fait le larron : un disque dur qui expose la totalité des opérations et des sociétés offshore créés par deux opérateurs en sociétés offshore sont arrivées avec bonheur dans la boîte aux lettres d’un journaliste avec lequel nous travaillons depuis des années au sein d’un réseau international, International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ). Aujourd’hui, la complexité du monde ne permet plus au journal Le Soir de travailler seul dans son coin. Depuis 15 ans, nous faisons des enquêtes sur les mercenaires, la fraude aux cigarettes… Nous avons dans ce cas travaillé sur ce disque dur qui contient des milliers de données. Problème : comment exploiter, analyser, décrypter toutes ces données. Ca a nécessité tout un travail d’organisation, de mise en réseau de 86 journalistes autour de pas moins de 122.000 sociétés offshore. Certains journalistes se sont concentrés sur les réseaux internationaux et d’autres sur l’impact national. Au Soir, donc, sur l’aspect belge".
Revenons à ce combat de nos excellents journalistes.
Revenons à leur combat contre des promesses jamais tenues, dans aucun pays, ni en France, ni en Europe, ni aux Etats-Unis, ni au Japon.
Ce que les politiques ont évité de faire, les (excellents) journalistes (dont ceux de MDP et les 86 journalistes de l'ICIJ) et les citoyens de tous pays et de tous horizons sont en train de le faire.
Et donc, ces gens obscurs ou un peu plus médiatisés sont en train de réaliser les promesses du "génial" Nicolas SARKOZY, du "normal" François HOLLANDE ou de "l'emblématique" Barak OBAMA , des promesses qu'aucun responsable politique ne tiendra jamais, nulle part dans le monde, parce qu'ils ont tous été élus avec la complicité de la Haute Finance.
Ils se sont tous engagés à défaire les liens pestilentiels qui existent entre le monde politique, la Haute Finance et les paradis fiscaux. Aucun n'a tenu ni ne tiendra ses promesses. Or, pour mémoire, la Haute Finance, c'est un petit milieu, et c'est facile de le mettre au pas.
C'est bien sûr un petit monde qui décide et agit dans un environnement très complexe : ce sont les Banques, les Groupes d'Assurance, les Fonds de Pension, les Fonds d'Investissement, les Sociétés Ad'Hoc constituées pour porter la plupart des produits dérivés OTC en toute opacité, les Trustees et autres Fondations constituées pour échapper aux prélèvements fiscaux (et sociaux, ce que tout le monde néglige) des pays, spoliés de leurs richesses existantes et non pas privés des bénéfices de leurs créations de richesses actuelles.
Ils utilisent les ficelles les plus fines pour tirer parti des législations nationales les plus avantageuses, au point de réguler leurs implantations et leurs flux dans plus de cent-vingt pays, alors que seulement vingt-deux d'entre eux sont reconnus comme des Offshore Centers par la BRI.
La Belgique est elle-même devenue un paradis fiscal, avec l'introduction de la règle des "Intérêts notionnels", si avantageuse que ce dispositif est en train de provoquer une accélération des projets d'implantation des multinationales et grosses fortunes françaises. Et pourtant, sur le plan juridique, c'est un "pays normal". Juste pour information : l'avantage de ce dispositif est de pouvoir intégrer un coût financier, dit d'opportunité, à la masse des capitaux propres. Moins une entreprise est endettée, plus elle a intérêt à se délocaliser en Belgique. Rajoutez-y une fiscalité des plus-values très favorable, la proximité des instances de l'Union Européenne (un atout complémentaire pour obtenir de nouveaux passe-droits), un coût de l'immobilier plus que raisonnable... et vous obtenez l'effondrement financier très probable d'un pays tout entier... Ce n'est qu'un tout petit exemple...
Revenons à Chypre.
La faillite du système chypriote n'est qu'un épiphénomène de tout un processus de destruction de richesses au sein du monde occidental :
- d'un côté, l'application scrupuleuse des dogmes de l'Union Européenne avec la libre-circulation des biens et services, un élargissement constant de l'Espace Européen et une liberté irréversible pour chaque pays de fixer ses propres règles en matière fiscale et sociale, ayant abouti à la déclaration d'une guerre des droits au sein de l'Union Européenne. Pour mémoire, tous les Traités Constitutionnels depuis MAASTRICHT ont tous repris en cœur cette "liberté" individuelle des Etats à fixer - en ces matières et pratiquement dans ces seules matières - leurs règles fiscales et sociales. Cela s'est traduit depuis les années 1980 par un moins-disant fiscal et à un moins-disant social généralisés qui ont fait la richesse de quelques-uns, au prix d'un malheur et même d'une misère pour de plus en plus de citoyens européens, y compris allemands ("le" modèle) et bien sûr y compris dans les "paradis" européens ;
- d'un autre côté, les banques commerciales et les assureurs ont obtenu tant de privilèges et de passe-droits qu'il leur manquait " la cerise sur le gâteau", la création des banques centrales nationales "indépendantes", puis l'ultime bonheur avec la création de la Banque Centrale Européenne ("patronne" du Système Européen des Banques Centrales"). Trois priorités ont été fixées à cette belle construction : une priorité officielle, la lutte contre l'inflation, par la maîtrise quantitativiste de la monnaie ; une autre priorité officielle, la mise en place d'un système très sophistiqué de transferts de fonds et de titres à travers toute l'Europe (TARGET) ; et une priorité jamais dévoilée, la possibilité de créer de la fausse monnaie à tour de bras, pour le bien-être d'une cinquantaine de groupes financiers européens... sans jamais faire exploser l'inflation. Miracle? Tour de magie? Non, tricheries : les Indices de Prix sont créés par la BCE, elle-même : juge et partie. Les tours de passe-passe ne trompent que les aveugles et les non-initiés. Résultat : spoliations les plus étendues que l'Europe ait jamais vécues...
Trop d'argent tue l'argent, trop de libertés tue la Liberté.
Il a suffi d'une crise de surenchère immobilière aux Etats-Unis pour faire basculer tout ce petit monde européen des "50 happy fews" dans la plus grande tourmente financière depuis 1929.
Ils avaient fait du n'importe quoi en achetant des produits dérivés qui, pour le commun des mortels, ressemble à des gros paquets-cadeau, bien alléchants, bourrés d'actifs financiers non valorisables (valeur proche de zéro). Même nous, nous n'aurions pu enchanter nos enfants en leur offrant un tel cadeau, si bien ficelé, bourré de papiers journaux à l'intérieur. Et pourtant, personne n'a pu (en Europe) évaluer la nocivité de ces produits, pas même les grands prêtres de "l'euro protecteur", des Agences de Notation, du FMI, de la BRI...Et tout ce "transfert des pertes américaines vers l'a Zone Euro s'est fait avec la collaboration de la puissante City, complice des Américains.
Mieux, nos parlementaires européens ont nommé, à la tête de la BCE, Mario DRAGHI, un expert de la GOLDMAN-SACHS en négociations troubles, pour nous tirer de ce mauvais pas.
Ils ont trouvé cela NORMAL et, au lieu de sévir contre les banquiers centraux et commerciaux responsables de cette crise historique, ils ont abdiqué de leur propres pouvoirs en confiant au diable la préparation de la soupe à la grimace que l'on nous a servie pour "sauver les banques".
HONTE A EUX!
Des faits, rien que des faits ! Traduisons cette gabegie de "fausse monnaie" en comparant différentes statistiques :
- La masse monétaire M3 (censée représenter la quantité de monnaie en circulation) de 4.098 MD€ en septembre 1997 à 9.742 MD€ à fin décembre 2012 ;
- Le bilan agrégé du SEBC (les banques centrales) est passé de 720 MD€ à 5.300 MD€ pendant la même période ;
- Le PIB est passé de 4.650 MD€ à 9.500MD€ ;
- Le bilan des banques passait de 13.300 MD€ à 32.700MD€ ;
- La consanguinité bancaire (crédits, prêts et détention de titres entre banques) passait de 2.700 MD€ à 6.500 MD€ : un RISQUE COLOSSAL, admis pendant vingt-cinq ans par nos Grands Argentiers!
CONCLUSION :
Nous disions que trop d'argent tue l'argent ? Preuves à l'appui :
- Le système UE - Euro ne crée plus de richesses nationales depuis la fin des trente glorieuses (1973) mais, à défaut de statistiques couvrant cette période, il est facile de démontrer que pour créer de nouvelles richesses pour 4.850 MD€ (mêmes périodes), le SEBC a injecté de la fausse monnaie pour 5.644 MD€.
- Pour comparaison, le bon vin d'autrefois porte toujours la même étiquette mais il contient désormais beaucoup plus d'eau au point que, si on enlève la Quantité de Monnaie (eau) du soi-disant "bon vin d'autrefois" (PIB à prix courants), on obtient une baisse des productions véritables (produit réel) et donc, un PIB réel de 5.400 MD€ à fin 2012 au lieu de 9.500 MD€ annoncés.
La nouveauté avec Chypre?
Pour la première fois depuis 2008, l'explosion de la dette publique, la gabegie monétaire ainsi que l'oppression fiscale & sociale exercée sur les peuples, ne sont plus un moyen d'action pour juguler les pertes de la Haute Finance : c'est la répression financière qui prend la suite.
Oui, le "grand capital" est mis, et sera de plus en plus mis à contribution : les grands comptes, les assurances-vie, les actionnaires des banques, des assureurs et de diverses Sociétés de Crédit et les petits voyous ont du souci à se faire : ils sont traqués.
Merci à ces excellents journalistes, non "aphatiques ".
Nous disions que trop d'argent tue aussi la liberté? Preuves à l'appui !
- Le Marché du Travail est passé de 119.900.000 à 147.000.000 d'emplois ;
- Le chômage est passé de 14.800.000 à 18.800.000 chômeurs - BIT (donc comptabilisés "a minima") ;
- La Dette Publique est passée de 74% à plus de 90% du PIB (et toutes les aides n'ont pas été comptabilisées).
Si vous voulez vous amuser, faites des croisements avec ces chiffres : PIB officiel par personne employée ; PIB corrigé de la masse monétaire par personne employée ; PIB manqué "à cause" des chômeurs officiels, autrement dit à cause des irresponsables politiques qui ont laissé faire la Haute Finance, non créatrice d'emplois et de revenus, et pire destructrice de richesses passées.
Tous les chiffres vont dans le même sens : on ne fait pas du bon vin en rajoutant sans cesse de l'eau.
IN CAUDA VENENUM.
Oyez, bonnes gens, le vent a tourné ! Des têtes vont tomber !
Cette dette (de la fausse monnaie) n'est pas la nôtre, et nous ne la paierons pas !
Le vent s'est transformé en bourrasque planétaire pour tous nos corrompus (passifs) et leurs corrupteurs (actifs), et ce malgré le déni et la morgue de nos irresponsables politiques.
Ce sont eux qui vont payer maintenant !
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe...
Et (bien sûr) pour un Autre Euro...