LE FIGARO et les entretiens d'embauche par des robots...

LE FIGARO est actionnaire de CADREMPLOI : un commerce juteux pour les robots que sont les "sociétés de recrutement". Un pas de plus vers "Le meilleur des mondes" est en train de se réaliser... Merci, LE FIGARO!

Extrait de WIKIPEDIA :

"Cadremploi est un jobboard (ou site de recrutement) destiné aux cadres et fondé en 1990 par la réunion de cabinets de recrutement, aux côtés d'Europe 1 et Canal +. La direction opérationnelle est alors assurée par Roland Tresca, secondé par Olivier Bizet qui prend en charge les questions de marketing et de communication.

Dès mars 1991 est lancé le service minitel « 36 17 Cadremploi », puis vient cadremploi.fr en 19961. Il regroupe aujourd’hui plus de 750 cabinets de recrutements et est spécialisé dans le recrutement des cadres. En 2009, 15 000 annonces sont disponibles et 100 000 visiteurs uniques par mois vont sur le site2.

Pour les chercheurs d'emploi, le dépôt de CV est gratuit ; pour les recruteurs, les recherches dans la base de données et les dépôts d'annonce sont payantes.

Cadremploi diffuse hebdomadairement sur Cadremploi TV des émissions telles que On revient vers vous, Boss, Big Boss ou des offres d'emploi3.

En septembre 2010 le groupe mère Adenclassifieds est racheté par le Groupe Figaro, qui est depuis devenu Figaro Classified".

C'est un business juteux pour les sociétés de recrutement, pour le FIGARO et même pour les (vrais) employeurs.

  • Pour le FIGARO-CADREMPLOI, l'annonce coûte de l'ordre de 1.000€/HT pour juste quelques lignes de parution sur le site, et il est de bon ton de passer au moins deux annonces.
  • Pour les sociétés de recrutement, les commissions versées par le futur employeur se négocient entre trois mois à six mois de salaire brut suivant les qualifications et la rareté des candidats potentiels. 

Exemple :

Pour une embauche précise, supposons que les qualifications et les expériences requises justifient un salaire brut de 50.000 euros par an.

Les sociétés de recrutement obtiennent  une commission qui se situe entre 12.500€ et 25.000€.

C'est bien plus pour les cadres dirigeants et les profils très recherchés.

Quelques coups de téléphone, quelques entretiens par SKYPE, quelques entretiens en agence...

A NOTER : aucun remboursement des frais de déplacement et autre prise en compte de la perte de salaire pour les candidats (une journée perdue si ce n'est deux ou trois pour certaines embauches).

  • Pour les futurs employeurs, le salaire annoncé sera d'environ 40.000 euros, ce qui permettra à l'entreprise de récupérer à la fois 10.000€ en salaire brut et 2.000 euros en charges patronales pendant un an. 
  • Pour les "zeureux zélus", il va falloir "rattraper" le salaire perdu, correspondant à la vraie "valeur marché" de son profil. En clair, le nouveau salarié mettra au moins un à quatre ans en demandes d'augmentations diverses auprès de son nouvel employeur avant de rattraper son manque à gagner. 

Ce système est un DÉSASTRE pour "le marché du travail" et pour "le capital humain".

1) Ces intermédiations inutiles constituent un formidable outil néolibéral de DUMPING SOCIAL : des profits douteux contre des salaires de misère.  La preuve ? Les "meilleurs" recruteurs sont anglosaxons.

2) Les sociétés de recrutement recherchent des "petits robots" qui remplissent toutes les cases : diplômes, âge, expériences, employeurs précédents. L'Humain compte peu : il se traduit en "cases à cocher".

3) De l'aveu même de ces sociétés, un recruteur lit et écarte un Curriculum Vitae en passant moins de trente secondes. 

Trente secondes par CV : qui dit mieux ? 

Trente secondes par CV? Qui dit mieux ? LE FIGARO, bien sûr !

La nouveauté sera encore plus "rentable" : les robots recruteurs débarquent sur le marché.

"Avez-vous déjà une seconde imaginé passer un entretien d'embauche... face à face avec un robot ? Sachez en tout cas que cette expérience saugrenue est désormais tendance en France. Le tour-opérateur Marco Vasco, qui propose aux touristes des voyages sur mesure dans le monde entier, a décidé de frapper fort d'ici à la fin du mois de décembre.

Récemment rachetée par le journal « le Figaro », l'agence en ligne que dirige Geoffroy de Becdelièvre (?) projette de recruter quarante nouveaux conseillers spécialisés sur certains pays ou certaines parties du globe qui épauleront les touristes désireux de voyager « hors des sentiers battus ».

Avec cette petite originalité dans la méthode : la présélection des potentiels futurs collaborateurs sera effectuée non pas par le service des ressources humaines, mais par un robot conversationnel !"

Lire la suite sur le PARISIEN : Les robots recruteurs

 ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe...

Et (bien sûr) pour un Autre Euro...

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