SAUVETAGE DE LA HAUTE FINANCE EUROPÉENNE : UN BILAN ABYSSAL SUR SEPT ANS…

 

CE QUE LA HAUTE FINANCE A DEJA COÛTE AUX EUROPEENS (2008-2014).

POUR VISUALISER LES GRAPHIQUES : 

https://drive.google.com/file/d/0B4Oh-nMZdPlBM0JoZ0xXTWlkV3M/view?usp=sharing

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http://www.alter-europa.com/fr/actualite/actualites-alter-europa.php?t=6&a=34

I. UNION EUROPEENNE : « LA CRISE DES SUBPRIMES » A NECESSITE L’INTERVENTION DE NOS ETATS A HAUTEUR DE 5.762,7 MILLIARDS D’EUROS (ESSENTIELLEMENT EN ZONE EURO : 67,4% DU TOTAL).

 

La Zone Euro (18) a exigé le plus grand nombre d’interventions et des aides colossales à la Haute Finances : 67,4% des interventions totales au sein de l’Union Européenne.

Graphique : UE 28 : Total des aides gouvernementales autorisées tous instruments - en milliards d'euros - 2008 - 2014 (fin septembre)

Pour mémoire, à fin 2014, la Lituanie (1/1/2015) ne faisait pas encore partie de la Zone Euro : ce pays comptait pour seulement 2,0 milliards d’euros dans ce total.

La Zone Euro comprenait officiellement dix-sept pays : Allemagne, (1/01/1999), Autriche (1/01/1999), Belgique (1/01/1999), Espagne (1/01/1999), France (1/01/1999), Irlande (1/01/1999), Italie (1/01/1999), Luxembourg (1/01/1999), Pays-Bas (1/01/1999), Portugal  (1/01/1999), Grèce (1/01/2001), Slovénie (1/01/2007), Chypre (1/01/2008), Malte (1/01/2008), Slovaquie (1/01/2008), Estonie (1/01/2011), Lettonie (1/1/2014).

L’UE 10 (hors Lituanie) comprenait : Royaume-Uni (1973), Danemark (1973), Suède (1995), Finlande (1995), Hongrie (2004), Pologne (2004), République Tchèque (2004), Bulgarie (2007), Roumanie (2007) et Croatie (2013).

  

II. UNION EUROPEENNE : REPARTITION ENTRE « CADEAUX DEFINITIFS » ET « CADEAUX A VENIR ».

 

Les « cadeaux » faits aux banques durant ces sept années « de crise » se montent à 1.490,3 MD€ (dont 1.067,2 MD€ pour la Zone Euro).

 - Les Etats ayant « recapitalisé » certaines banques ne sont pas des « actionnaires actifs » : ils n’ont rien à dire mais ils ont servi à couvrir les pertes.

 - Aucune sanction n’a été prise contre les dirigeants fautifs qui sont toujours en place dans 80% des cas.

Graphique : UE 28 : Aides gouvernementales autorisées - par type d'aide - en milliards d'euros - 2008 - 2014 (fin septembre)

En parallèle, les Etats de la Zone Euro ont donné des garanties à la BCE et accordé directement des prêts aux Banques pour 2.826,4 MD€ (4.272,5 MD€ pour l’ensemble de l’Union Européenne).

 - Les citoyens Européens ne reverront jamais cet argent en retour.

 - Ils ont payé, et ils paieront encore plus, par le biais d’un Endettement Public démesuré, engendré par les futures augmentations de capital et abandon des prêts (ou autres actifs financiers).   


III. TOTAL DES AIDES AU SECTEUR FINANCIER SUR 7 ANS PAR PAYS : EN % DES PIB 2014 CORRESPONDANTS.

 

Au sein de la Zone Euro, le Luxembourg (1130%), l’Irlande (447%) et la Belgique (98,8%) ont (jusqu’à présent) été bien plus généreux que la Grèce (88,4%), proportionnellement à leurs PIB respectifs. 

Graphique : EURO 18 : Total des aides autorisées en Zone Euro, en % du PIB National 2014 de chaque pays. 

Sur ce graphique, en version officielle, la France a échappé (une fois de plus) au nuage de TCHERNOBYL puisque, officiellement, les aides totales n’ont représenté que 21,2% de son PIB 2014.

Mais, en parallèle, un record absolu d’endettement supplémentaire (600 MD€) a été enregistré sous le quinquennat SARKOZY-FILLON ([1]) : de fin 2007 (1.211,6 MD€) à fin 2012 (1.833,8 MD€).

 - Avec « la crise des subprimes », d’autres cadeaux déguisés ont été faits au « secteur financier » français, renforçant l’opacité des interventions et des engagements de la Banque de France en faveur des banquiers et des assureurs, pris dans le piège des Bons Etat Irlandais, Espagnols, Portugais et Grecs : ces pays offraient (avant crise) des rendements particulièrement alléchants, et c’était bon pour la rentabilité des « investisseurs ».

 - De la fin août 2007 à la fin décembre 2008, les détenteurs privés ont progressivement liquidé leurs détentions de Bons Etat et titres obligataires « problématiques » en enregistrant des pertes importantes… que l’Etat français a comblées par des aides déguisées.

 - Mais, à la fin 2008, la Haute Finance française détenait toujours 333 milliards d’euros sur les pays les plus touchés par « la crise » ; elle a donc « négocié » la reprise de ses « actifs toxiques » par la BCE et par l’Etat français. En fait, la Banque de France a « financé » la reprise de ces actifs par l’Etat… grâce à une augmentation de la Dette Publique que la BDF a achetée, en obtenant la garantie de ce même Etat.

 - L’opération a ensuite été consolidée par la BCE qui détient officiellement ces créances publiques.

Vicieux mais efficace !

Tableau : Dettes émises par les cinq pays "à risques", souscrites par les diverses entités de la Haute Finance Française.

Au sein de l’UE 10, le Danemark a fait des cadeaux explosifs à sa Haute Finance (276% de son PIB).

Graphique : UE 10 : Total des aides autorisées Hors Zone Euro en % du PIB National de chaque pays 2014

Le Royaume-Uni (qui a choisi de nationaliser ses banques les plus exposées) s’en tire plutôt bien (39,3% de son PIB) grâce aux emballages de cadeaux empoisonnés (produits toxiques), faits aux banques des autres pays de l’UE.

 

IV. AIDES TOTALES PAR HABITANT : BIENVENUE DANS LE MONDE HEUREUX… DES PERTES DE LA HAUTE FINANCE !

 

Chaque nouveau-né en Zone Euro recevra dans son berceau… une belle ardoise de dettes à rembourser ! 

Graphique : ZONE EURO (18), Interventions des Gouvernements en faveur du Secteur Financier 2008- 2014. Motif : "Sortie de Crise". PAR HABITANT EN EUROS du berceau au cercueil... 

 

Dans les berceaux belges, irlandais, suédois et danois, il faudra surtout mettre un billet d’avion… pour une expatriation immédiate… 

Graphique : UE 10 HORS EURO, Interventions des Gouvernements en faveur du Secteur Financier 2008- 2014. Motif : "Sortie de Crise". PAR HABITANT EN EUROS du berceau au cercueil... 

 

Ces graphiques contredisent curieusement le « Rapport annuel sur le bonheur » (World Happiness Report), publié par l’ONU en 2014.

http://www.eteignezvotreordinateur.com/classement-2013-complet-pays-les-heureux-du-monde/

Danemark : 1 / 156

Pays-Bas : 4

Suède : 5

Autriche : 8

Irlande : 18

Luxembourg : 19

Belgique : 21

Ces pays sont surtout des paradis pour la Haute Finance car, aux citoyens de ces pays (européens), nous aurions plutôt envie de leur recommander :

« Courage ! Fuyez ! »

 

IV - CONCLUSION.


La « privatisation de la monnaie » au bénéfice des Banques Centrales « Indépendantes », qui sont surtout les Banques des Banques, était censée nous protéger des dérives budgétaires des Etats et des « irresponsables » politiques.

En clair, depuis le début des années 1970 et l’institutionnalisation de « Néolibéralisme » (Système des Nouvelles Libertés pour la Haute Finance), les Etats sont obligés de « vendre » de la Dette Publique aux Banques Commerciales qui les « commercialisent » auprès des Groupes Assurances, des Fonds de Pension et des Fonds d’Investissement… Les peuples paient donc des intérêts à la Haute Finance, pour rien ou plutôt pour satisfaire la cupidité de cette même Haute Finance.    

Pour la France, lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_janvier_1973_sur_la_Banque_de_France

Le système, ultra-vicieux au départ, a bien sûr dérivé totalement :

 -  plus les Etats s’endettent, plus la Haute Finance s’enrichit ;

 -  plus la Haute Finance s’enrichit, plus les peuples paient ;

 -  quand la Haute Finance a pris trop de risques, ce sont encore les peuples qui paient.

Avec l’instauration de la Zone Euro, et surtout avec la gestion TRICHET (1/11/2003-1/11/2011), et surtout sous la Vice Présidence de Lucas PAPADEMOS (31/05/2002-31/05/2010), le système EURO a été complètement « dépravé ».

 -  Les Dettes des « Zérolandais » (croissance zéro, chômage en explosion) avaient toutes la même « garantie euro » ;

 -  Par contre, les Bons Etat de l’Europe du Sud furent plébiscités par les Banquiers et les Assureurs parce que les rendements offerts étaient supérieurs de 2% à 5% (avant crise) à ceux de l’Europe du Nord ;

 -  La bulle des « Mauvaises Dettes » fut encouragée par la BCE de J.C TRICHET qui créa tant de « fausse monnaie » que la Haute Finance ne voyait plus les risques de ces «mauvais investissements » (faits par les Etats bénéficiaires).

A titre d’exemple, nous avons repris l’historique de l’explosion de la Dette Grecque de 1997-2014 en identifiant les responsables (d’autres analyses seront faites par la suite) :

Graphique : Explosion de la Dette Grecque (au sens de Maastricht) de fin 1997 à fin 2014 (en millions d'euros) - BoG

En bref, le système est mafieux : il faut en finir, vite, très vite.

J.M

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe…

Et (bien sûr) pour un Autre Euro…

 


  1. Quelques bonnes âmes argumenteront sur les « vraies dates »  des gouvernements « de droite » : JP RAFFARIN du 30 mars 2004 au 31 mai 2005 ; VILLEPIN  du 31/05/2005 au 15 mai 2007 ; FILLON – SARKOZY  du 15 mai 2007 au 10 mai 2012. Mais, fondamentalement, sous « la Droite », l’Etat français a été la vache-à-lait des banquiers, des assureurs et des transnationales en matière d’exonérations des charges, des taxes et des impôts, et cela reste « le trou noir » de nos finances publiques.

 


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