CHYPRE : CANTONA n'est pas mort, ses idées sont appliquées !

Crise chypriote : causes, origines et développement.Six mois après avoir sollicité le sauvetage financier de l'Union européenne (UE), CHYPRE était au bord du défaut de paiement en décembre 2012, au point que l'agence de notation Standard & Poor's avait abaissé - le vendredi  21 décembre, pour la troisième fois en cinq mois - de deux crans la note souveraine de l'île méditerranéenne, gratifiée d'un «CCC +». 

Crise chypriote : causes, origines et développement.

Six mois après avoir sollicité le sauvetage financier de l'Union européenne (UE), CHYPRE était au bord du défaut de paiement en décembre 2012, au point que l'agence de notation Standard & Poor's avait abaissé - le vendredi  21 décembre, pour la troisième fois en cinq mois - de deux crans la note souveraine de l'île méditerranéenne, gratifiée d'un «CCC +». 

Voilà ce que précisait déjà LE FIGARO à l'époque :

"Nicosie doit encore affiner l'évaluation précise de son besoin de financement, estimé jusqu'ici à 17 milliards d'euros, soit un peu plus qu'un an du PIB du pays. Alors que Bruxelles prévoit une dette publique équivalente à 97% du PIB en 2013, la seule recapitalisation des banques chypriotes (10 milliards d'euros) ferait dépasser largement le seuil de 120% du PIB, au-delà duquel le FMI considère la dette publique comme insupportable.

Répondant aux exigences de ses futurs bailleurs, Chypre vient d'adopter un budget d'austérité. Reste que les pays européens rechignent à porter secours à un quatrième État membre après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Un moyen de soulager le fardeau serait une aide conjointe de Moscou. «Il me paraît important que les Russes soient à bord», plaidait le ministre français Pierre MOSCOVICI le 4 décembre dernier devant l'Eurogroupe. La Russie, dont des capitaux importants sont placés dans le havre fiscal chypriote, n'a pas répondu à la demande de prêt de Nicosie. «Les Russes n'auraient, entre autres raisons, pas apprécié d'être écartés d'un appel d'offres pour la prospection de gaz», décrypte un diplomate européen en poste à Nicosie. Vendredi à Bruxelles, Vladimir POUTINE a soufflé le chaud et le froid sur la question" : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/12/21/20002-20121221ARTFIG00625-toujours-pas-d-aide-pour-chypre-au-bord-de-la-faillite.php".

Rappelons trois facteurs aggravants de cette crise chypriote :

  • CHYPRE est un paradis fiscal : après l'Irlande, la Grèce, le Portugal et l'Espagne, ce cinquième échec européen (déclaré) est dû à la mauvaise utilisation des aides de l'Union Européenne et des  refinancements illimités de la Banque Centrale Européenne (merci à J.C TRICHET et à tous les gouverneurs des banques centrales). En clair, l'échec est total… et ce n'est qu'un début.
  • Mieux, CHYPRE est accusée de blanchiment d'argent maffieux pour le compte de la Maffia européenne et de la Nomenklatura russe ;  les "stratégies" européennes ont donc une odeur puante de criminalité avérée.
  • Les banquiers chypriotes, "obligés" de gérer des entrées massives de capitaux, ont raisonné comme tous les banquiers actuels : ils ont raisonné "Economie Financière" et non pas "Economie Réelle". Et donc, non seulement, il se sont fait piéger par "la crise de la dette grecque" mais, en plus, ils ont "coupé les vivres" aux forces vives du commerce et de l'artisanat locaux en créant de plus en plus de misère sur l'île.

Rappelons aussi que "la crise financière de l'euro" est loin de s'améliorer.

Après avoir entendu tous les cocoricos sur "la fin de la crise", la crise chypriote n'est que le prolongement d'une crise grecque que l'on croyait finie (?); le Portugal vient d'obtenir le feu vert pour ne pas respecter les conditions imposées par la Troïka ; la Grèce va toujours de plus en plus mal ; les Espagnols sont toujours ; l'Irlande continue à profiter de son statut de paradis fiscal pour les multinationales américaines mais les Irlandais sont toujours frappés par le chômage, le surendettement et la pression fiscale.

L'Italie et la France sont désormais en première ligne.    

Le président Nicos ANASTASIADES, de retour de Bruxelles samedi, a pris toutes les mesures nécessaires pour bloquer tous les comptes chypriotes avant la réouverture des banques mardi matin, le 19 mars 2013.

Après avoir négocié un "douloureux" plan de sauvetage de 10 milliards d'euros samedi à l'aube avec l'Union européenne, il a pris toutes les mesures nécessaires pour bloquer tous les comptes chypriotes avant la réouverture des banques mardi matin, le 19 mars 2013.

"La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c'était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous", a-t-il déclaré.

En effet, au lieu de lui accorder les dix-sept milliards d'euros demandés pour éviter la faillite des banques commerciales privées, les bailleurs de fonds internationaux ont exigé que Chypre instaure une taxe exceptionnelle et inédite de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, provoquant la colère des déposants.

Mieux, une retenue à la source va être instaurée sur les intérêts de ces dépôts.

"Vite, très vite, et le maximum" : c'est le mode opératoire des cambrioleurs.

Cette décision, annoncée dans la nuit de vendredi à samedi, concerne toutes les personnes résidant sur l'île.

Dans la foulée, le Parlement chypriote doit s'exprimer sur ce plan de sauvetage assorti de contreparties sans précédent mais, avant cela, il va se rendre lundi après-midi (et non plus dimanche matin) au Parlement pour une Assemblée plénière.

Bien sûr, les arguments avancés sont toujours les mêmes : "[A défaut d'un accord avec les bailleurs de fonds, Union européenne, Banque centrale européenne et FMI], tout le système bancaire se serait effondré, avec les conséquences que cela entraîne", a-t-il estimé, en  évoquant des milliers de faillites et l'éventualité d'une sortie de l'euro.

Evidemment, toujours le même refrain avec le TINA, "There Is No Alternative" : "La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c'était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous", a-t-il déclaré.

Concrètement, les clients des banques chypriotes sont pris au piège.

Les agences bancaires étaient fermées pour le week-end, et jusqu'à mardi matin, lundi étant férié sur l'île.

"C'est du vol!", crient tous ceux qui tentent de retirer de l'argent liquide : tous les Distributeurs Automatiques de Billets (DAB) sont vides.

"Personne ne s'attendait à cela. Les banques (elles-mêmes) n'étaient au courant de rien", assurent même les responsables des agences et les directeurs de banques.

Mieux, "J'ai essayé de faire un virement ce matin, je n'ai pas réussi, mais de toute façon il n'aurait sûrement pas été validé", indique un entrepreneur français basé à Chypre.

"De toute façon, ces retraits ne vont pas empêcher la ponction sur leur compte", affirme Marios SKANDALIS, vice-président de l'Institut des comptables publics de Chypre. "Les montants correspondant à la taxe sont déjà bloqués et ils ne peuvent plus être transférés".

Les déposants à Chypre, étrangers compris, ne connaissent pas les détails des mesures acceptées par Nicosie en contrepartie du plan de sauvetage, dans l'attente d'une validation par le Parlement chypriote.

"C'est catastrophique mais ça ne me gêne pas", lance un entrepreneur belge, en pensant que la mesure ne s'appliquera pas aux sociétés.

Ces mesures risquent donc de toucher les familles, et tout le monde trouve déjà cela bien "injuste". Le chômage et les faillites ont déjà privé ces familles de tout revenu ; maintenant, le monde la finance s'en prend à leurs petites réserves… sans grand espoir de sortie de crise.

Des appels à manifester ont été lancés pour la soirée et les jours à venir mais, concrètement les jeux sont faits.

La morale de cette histoire?

Attention, l'oppression fiscale, sociale et budgétaire ne suffisent plus pour résoudre cette crise de l'euro.

A fin 2011, l'Union Européenne avait déjà aidé les banques (et assureurs) à hauteur de 1.700 MD€.

La BCE leur avait accordé des prêts "à taux bonifié" à moyen terme pour 1.300 MD€ en 2012.

L'Union Européenne n'a pas encore publié le montant de ses aides pour 2012 mais de toute façon, c'est en 2013 que le système va exploser.

La politique des SHADOKS est la seule réponse donnée jusqu'à présent à cette CRISE SYSTEMIQUE : les Commissaires, les Gouverneurs de banques centrales, les Gouvernements, les Hauts Fonctionnaires (énarques, eurocrates, et compagnies), les Politiciens et Irresponsables politiques de tous bords, tous creusent chaque fois de nouveaux trous, pour combler les précédents, et ces nouveaux troux finissent par trouer les poches des contribuables...

Demain, cela ne suffira plus : ils videront nos comptes bancaires et nos assurances-vie, comme ils ont vidé nos fonds de pension et nos fonds de retraite. 

La REPRESSION FINANCIERE a commencé, et elle sera sanguinolente!

CATONNA vous avait conseillé de vider vos comptes en banques, d'autres vous avaient même recommandé de solder vos assurances-vie…

Désormais, ce sont les banquiers et les assureurs qui vont le faire à votre place! Ils n'auront aucun scrupule…

LE BANK RUN risque d'être la riposte la plus décisive pour l'Europe et surtout pour l'euro.

Cette décision européenne sonne, comme le tocsin, la fin d'un système de paix pour la banque centrale "indépendante" et pour la haute finance toute puissante (bancassurance).

En effet, les "commissaires" et autres "gouverneurs" ont créé les conditions du plus beau "Bank run" de l'histoire européenne.

Autrement dit, les clients vont retirer leur argent des comptes bancaires et des assurances-vie parce que maintenant ils savent que l'Etat, l'Union Européenne et la BCE ont décidé de leur prendre directement leurs économies du jour au lendemain.

En clair, nos "élites" ont scié la dernière branche qui les maintenait (tous) sur l'arbre le plus haut.

Personne ne le regrettera… à condition de bien éliminer tous ceux qui, de près et de loin, ont COLLABORE avec un système aussi corrompu, basé sur la création légalisée de FAUSSE MONNAIE.

La suite ?

Oui, il existe bien un PLAN B pour sortir de ce genre de situation "en décomposition".

Car, si le problème est essentiellement politique,  l'histoire nous a quand même donné de "bons exemples" pour sortir (par la base et par le haut) de ce système dogmatique, entretenu par l'Union Européenne et par le Système Européen des Banques Centrales (chapeauté par la BCE). En fait, il s'agit maintenant de sortir d'un très vieux système de domination de l'Humain et de la Nature : http://www.alter-europa.com/fr/collections/combattre-neo-liberalisme.php et de comprendre en quoi la gestion de l'euro a été désastreuse : http://www.alter-europa.com/fr/collections/gestion-desastreuse-euro.php

Conclusion.

Plus vous "sauverez" votre peau (vos économies), plus nous aurons les forces nécessaires pour redresser une Economie Réelle exsangue.

Les retraits bancaires (tous comptes) et d'assurance (assurances-vie) ne sont plus un simple moyen de pression sur la haute finance, ils font maintenant partie intégrante d'un DEVOIR CIVIQUE et d'un comportement de "gestion en bon père de famille" (code civil).

J.M

ALTER-EUROPA

Pour une Autre Europe...

Et (bien sûr) pour un Autre Euro... 

 

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