Être un "troll" à MEDIAPART, selon Philippe RIES.

Ce billet fait suite à de nombreuses prises de position réactionnaires de Philippe RIES dans les colonnes de MEDIAPART et dans son blog...

Voici le dernier exemple des discussions...

Et voici donc pourquoi on devient aussi rapidement "un troll" au sein de MEDIAPART...

...

Exemple débattu : BÂLE III le scénario catastrophe est démenti (P. RIES).

...

Base de la discussion (extrait de l’article) :

Quant à la crise en cours dont le monde «émergé» peine à sortir, une estimation en situe le coût à «un minimum de 90% du PIB mondial en 2009, chiffre qui pourrait monter jusqu'à 350% si les pertes s'avéraient permanentes». «Une raison à cela, explique l'étude, est que les crises bancaires accentuent la gravité des récessions, laissant des cicatrices plus profondes que des récessions ordinaires».

Commentaire : nous sommes d’accord avec ces analyses.

Non seulement, les banquiers sont responsables de toutes les crises mais, en plus, celles-ci sont de plus en plus graves…

Cette dernière crise, dite des « prêts subprime » (une appellation nouvelle pour des chutes en cascade qui ont les mêmes causes premières) a coûté plus de 8.000 milliards de dollars en 2009.

Cette crise continuera à produire des pertes pendant plusieurs années : 60.000 milliards de dollars (90% du PIB mondial 2008) en hypothèse basse ; 240.000 milliards de dollars en hypothèse haute (350% de 68.000 MD€).

Pour mémoire, le PIB de la France s’est établi à 1.950 milliards d’euros en 2008, ou environ 2.500 milliards de dollars.

Autrement dit, la Haute Finance mondiale (essentiellement occidentale) a fait disparaître trois années du PIB de la France pour la seule année 2009 mais les pertes programmables feront disparaître entre 25 fois et 95 fois le PIB français de 2008.

Analyse de la Banque des Règlements Internationaux (relayée benoîtement par P. RIES) : s’il y a des crises, c’est parce que les fonds propres et réserves des banques sont insuffisants.

Et donc tout l’article tourne autour du thème : la situation optimale serait 11% - 13% ; les graphiques présentés font des projections entre 8% et 16% (bigre !) et, à 16%, finalement l’impact sur l’économie des pays serait quasiment nul (no permanent effect = 0% dans le deuxième graphique).

Mieux, en page 4, le titre devient alléchant : « Réduire le poids des banques dans l’Economie ».

Il faut juste décoder le langage : plus on va augmenter les fonds propres des banques, moins le bilan des banques sera important… Si les fonds propres sont de 100, un coefficient de Fonds Propres + Réserves de huit pour-cent signifie que le Bilan de la banque sera de : 100 * (1/8) = 1250. Seul problème : si le coefficient passe à 16%, le Bilan de la banque sera réduit de moitié. Donc, les banques prêteront moins…

Philippe RIES conclut son article : « Car réduire le poids des banques, c'est par construction diminuer le risque systémique qu'elles représentent ».

Mon désaccord profond : je suis allé chercher le niveau des Fonds Propres + Réserves des banques en Zone Euro à fin mai 2010 (voir mon commentaire dans l’article).

Il était exactement de 1.876,4 milliards d’euros (le PIB de la France).

D’après la BRI, ce n’est pas assez pour éviter les crises...

Voici mon commentaire complet :

Donc, si j'ai bien compris, on ne change rien. On laisse faire les banques commerciales, la BCE, la BRI et tout ce système qui a fait partir en fumée plus d'une année de PIB (je suis modeste).

Au contraire, on ergote. Qu'il faille renforcer les fonds propres des banques, ce n'est même pas une question. Il faut le faire! De combien? De toute façon, de beaucoup trop : 10% de Fonds Propres par rapport aux engagements monstrueux des banques commerciales, cela représente pour la seule Zone Euro entre 2.522 MD€ et 3.270 MD€ (fin mai 2010) selon la définition retenue pour le Bilan des Banques.

A fin mai 2010, les Fonds Propres et Réserves des IFM (banques en Zone Euro) étaient de 1.876,4 MD€: cela laisse des portes grand-ouvertes aux passe-droits et cadeaux en tout genre pour renflouer les banques (entre 700 MD€ et 1.400 MD€).

Donc, pour financer une Dette Publique - tous émetteurs confondus - de 7.200 MD€ (80% du PIB probable de 9.000 M€), il faudra augmenter le taux de rendement des emprunts.

  • A 10 ans, actuellement, un emprunt obligataire AAA se négocie à 3% (contre une moyenne pondérée de 4,38% en 2007).
  • Pendant les cinq années à venir, il faudra payer entre 3,8% et 4,6% (3% + 700/9000 = 3,8%) ou (3% + 1.400/9000 = 4,6%), juste pour "renflouer" le bilan des banques (qui sont des puits sans fond).

Problème? La croissance du PIB COURANT sera probablement inférieure à 2%.

Donc, merci à nouveau, Mr RIES, la populace va encore devoir payer.

Question? Et si on changeait vraiment le système???? Sans les laisser ergoter sur combien ils vont encore nous prendre et sur la manière dont ils vont le faire???

ALTER-EUROPA

23/08/2010 11:39Par junon moneta

Autre impact de cette « réduction du poids des banques » ?

Ce serait évidemment l’effondrement total de l’Economie en Zone Euro : les banques récolteraient toujours plus de 33.000 milliards d’euros mais elles réduiraient (encore plus) ce qu’elles appellent leurs « prêts à l’Economie ».

Soupe populaire pour tous…

Conclusion de P.RIES ?

« Par ailleurs, je vous remercie de prendre ma défense face au troll qui opère sous le pseudonyme Junon Moneta mais je pense que c'est peine perdue. Ma très grande tolérance intellectuelle me conduit à ignorer ce genre de commentaires, alors que je devrais les supprimer tant leur "contribution" au débat est stérile » (dans son autre article – que je commenterai – sur : « Le multiplicateur keynésien : mythe ou réalités ».

Et de rajouter par la suite :

« @CorinneN, Vous faites erreur, je répondais à un commentaire (nous n'en sommes tout de même pas à consacrer des articles à junon moneta et ses homologues). La caractéristique de ces "commentateurs" est qu'ils ne lisent pas les articles, ne cherchent jamais à comprendre la problématique qui les sous-tend (en l'occurence, si je soutenais une "thèse", comme vous dîtes, j'aurais ignoré cette étude qui apporte plutôt de l'eau au moulin des Keynésiens) et parasitent le débat en répétant à satiété les mêmes arguments (plutôt des slogans d'ailleurs), quels que soient le contexte, le sujet, le moment. C'est en effet un comportement de troll, qui a pour résultat de décourager les commentaires qui ne sont pas "dans la ligne". De ce point de vue, la solution consistant à fermer les commentaires serait pire que le mal. Quant aux insultes, je ne pense pas que "néo-conservateur", "réactionnaire", "c...", etc. soient regardés comme des compliments par celui qui les utilise. Outre que le fait que confondre le néoconservatisme et le libéralisme, dont je me réclame en effet ouvertement, est une manifestation d'ignorance de plus ».

Ma conclusion…

Pour mémoire, le libéralisme est une chose (libertés d’entreprendre dans l’Economie Réelle).

Le néolibéralisme en est une autre (libertés totales accordées à la Haute Finance et privatisation totale de la monnaie).

Le néo-conservatisme est un mouvement qui consiste à livrer l’Etat au Diktat des nouveaux maîtres : l’avis et l’avenir des peuples ne comptent plus, sauf pour les faire payer et pour leur faire subir "toujours plus de sacrifices". C’est un mouvement qui distingue sciemment « les élites » et « la populace » : il existait déjà sous PLATON.

Aux Etats-Unis, ce mouvement parle toujours des « néocons », et c’est REAGAN qui leur a donné tant d’importance.

Si Philippe RIES défend des thèses consistant à entériner le système actuel et à faire payer les peuples, je suis en droit de le qualifier de réactionnaire, néoconservateur et de dire dans « La Russie flambe ? C’est la faute au néolibéralisme… » : « Philippe RIES... Toujours des titres racoleurs... Et réacs, en plus... Pourquoi faites-vous cela, monsieur RIES? Pour concurrencer VOICI, VOILA, DETECTIVES, ICI PARIS, ou je ne sais quoi? Très sincèrement, votre article contient d'excellentes analyses, et j'ai appris des choses. Alors, pourquoi? Pourquoi cette "provoc" (vraiment) inutile! C'est bête, c'est même c..! »

 

Je demande officiellement à MEDIAPART de ne pas faire disparaître cet article dans moins de huit heures...

J. M

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