CREATION DE LA MONNAIE, CE QUE LA BIBLE NEOLIBERALE NE NOUS DIT PAS…
Le sauvetage de la Haute Finance en Europe mérite un développement "à plusieurs tiroirs".
Mais, avant de révéler le coût de ce sauvetage sur sept ans (2008-2014 inclusivement), il est important de démonter toute la mécanique qui est mise en place par la Haute Finance pour "faire payer" les peuples et mettre en place une vaste offensive de culpabilisation visant à détruire leurs droits les plus essentiels.
Déjà publié : PARTIE I : La Machine infernale qui tue la Démocratie.
Ci-dessous : PARTIE II : Création de la Monnaie, ce que la Bible Néolibérale ne nous dit pas.
A venir : PARTIE III : Ce que la Haute Finance a déjà coûté aux Européens (graphiques 2008-2014).
A venir : PARTIE IV : Le Marché des Produits Dérivés, le volcan le plus menaçant de la Planète.
A venir PARTIE V : Les décisions les plus urgentes à "faire mettre en place" avant le Tsunami des Dettes de la Haute Finance.
PARTIE II : CREATION DE LA MONNAIE, CE QUE LA BIBLE NEOLIBERALE NE DIT PAS...
I. Pour ceux qui ne connaissent pas la Bible…
Voici un article mis en « UNE » économique et recommandé par MEDIAPART comme un article de grande qualité :
En clair, ce billet estampillé ATTAC reflète parfaitement ce qui est enseigné dans les Universités et les Grandes Ecoles.
- « Grâce à toutes ces opérations, la banque centrale influence ainsi, indirectement, l’offre de monnaie centrale et donc la quantité de monnaie en circulation dans l’économie ».
Ben, non, la quantité de monnaie en circulation dans l’Economie n’est pas le résultat de toutes les opérations décrites… L’action du SEBC depuis JC TRICHET a surtout consisté à créer de la fausse monnaie à gogo en faisant exploser le bilan de la BCE de 1.078,5 MD€ à fin 2003 à 4.700 MD€ à fin novembre 2011, essentiellement au profit des IFM (banques en zone euro) et des banques (hors zone euro).
Grâce aux libertés accordées aux banques commerciales en matière d’emprunts à l’étranger, leur bilan est passé de 19.809 MD€ à 33.534 MD€ sur la même période. Or, dans l’évaluation du risque, ce sont surtout les prêts interbancaires (des petites banques aux très grandes banques) qui ont explosé : plus de 6.150 MD€ à la fin du règne TRICHET.
Les prêts à l’Economie (les vrais) sont restés faibles : moins de 10.000 MD€ dont 4.700 MD€ aux entreprises (SNF) et 5.300 MD€ aux ménages (3.800 MD€ en Prêts au Logement qui ont fait exploser l’immobilier dans les pays les plus fragiles aujourd’hui). En baisse à moins de 9.400 MD€ à fin 2014 (statu quo pour les prêts au logement)…
Autrement, dit, la BCE a fait exploser le bilan des banques mais elle a appauvri le circuit des prêts à l’Economie : la Bible Néolibérale ne résiste pas aux statistiques.
L’auteure ose (quand même) émettre quelques critiques :
- « La banque centrale doit être gérée par des banquiers centraux indépendants ? Cette norme a permis qu’ils n’aient pas à rendre de compte aux peuples. L’indépendance des banquiers centraux doit être garantie ? Elle l’est de préférence par une carrière dans la banque, si possible à Goldman Sachs. La banque centrale doit avant tout se préoccuper de lutter contre l’inflation ? Oui, et surtout contre l’inflation salariale ».
- « De plus, si elle avait les yeux rivés sur l’évolution des prix des biens et services, la BCE ne s’est guère préoccupée de l’instabilité des prix d’actifs (bourse, immobilier), favorable à la formation de bulles spéculatives et fort préjudiciable au fonctionnement de l’économie. Le résultat a été de ne pas pouvoir éviter une crise majeure qui a envahi la zone euro et, au-delà, l’Union européenne ».
Mais qui est responsable de ces bulles à répétition ?
Les Martiens sans doute…
Le rôle de la BCE était-il « d’éviter une crise majeure » ?
Ou d’éviter de créer des crises à répétition, aussi préjudiciables à la vie courante des Européens ?
II. Pour ceux qui veulent comprendre comment se crée la monnaie…
Tous les pouvoirs d’émission de la monnaie ainsi que la gestion des réserves de change ont été « privatisés » dans les mains de la Banque des Banques, la BCE.
Autrement dit, « le pouvoir régalien » (pouvoir royal) a été « confié » au Système Européen des Banques Centrales (SEBC) qui regroupe toutes les Banques Centrales Nationales des membres de la Zone Euro (EURO 18)… et des pays non-membres de l’Union Européenne (UE 10).
Or, les Banques Centrales Nationales sont elles-mêmes les « banques des banques ». A partir du Conseil Européen de Hanovre (1988) et du Comité DELORS (1989), le projet d’Union Economique et Monétaire a abouti au Traité de MAASTRICHT (1992) qui a institutionnalisé leur « indépendance » vis-à-vis des peuples et de leurs représentants.
Le SEBC s’est donc déclaré « indépendant » de tout pouvoir politique et administratif, et refusé tout droit d’ingérence à qui que ce soit…
Par contre, tous les gouvernements et toutes les administrations doivent donner à la BCE toutes les informations confidentielles qu’elle souhaite, et elle se réserve le droit d’ingérence dans toutes les questions budgétaires des Etats.
La creation de monnaie peut prendre toutes les formes possibles : pièces, billets, crédits et prêts accords de swap avec une Banque Centrale étrangère, simples jeux d’écriture…
En fait, pratiquement 95% de toutes les dettes des banques commerciales peuvent être considérées comme de la monnaie puisqu’elles peuvent l’utiliser comme bon leur semble en ne se privant surtout pas de ces « Nouvelles Libertés » (système du Néolibéralisme).
Quand une banque française demande une ligne de crédit à la BCE, en fait elle la demande à la Banque de France de lui échanger des euros contre des titres qu’elle possède (mais qui ne lui appartiennent nécessairement) ou contre des créances de qualité (des crédits et des prêts à des « puissants » : « on ne prête qu’aux riches »).
Si le titre offert en garantie n’est pas de bonne qualité ou si ce type de garantie n’est pas prévu, l’Etat Français doit donner « sa garantie de bonne fin » à la BCE par l’intermédiaire de la Banque de France.
Autrement dit, l’indépendance de la BCE a ses limites : elle peut « travailler » (prêter en dernier ressort) si les Etats la couvrent contre tous les risques, et donc si les citoyens européens concernés « acceptent » de socialiser leurs pertes.
Aberration complète : les Etats couvrent la BCE pour des risques qu’elle prend, sans jamais devoir rendre aucun compte à personne…
Mieux : si la BCE décide d’accorder un prêt à la BANQUE FRENCH, sans accepter les titres et créances présentés par cette banque, les citoyens français seront les vrais débiteurs de la BCE…
- Mais ils ne sauront jamais pourquoi la dette publique a explosé, ni pourquoi la BCE a accordé ce « prêt spécial » à cette banque.
- Or, la BANQUE FRENCH peut très bien « cacher » des pertes gigantesques enregistrées dans ses opérations de « produits dérivés », pour spéculer, à partir des paradis fiscaux, contre « la dette » de l’Etat français. L’horreur absolue !
- Supposons que, au bout de quelques années, la même banque ne puisse plus cacher ses pertes, et pire les a fait exploser, la BCE et la BDF ne pourront jamais être poursuivies pour « soutien abusif » d’un établissement financier.
Toutes ces opérations de crédits, prêts, de transferts et de garanties se font par le bais du système TARGET qui est un système de transfert pour gros montants : les titres et les liquidités « changent de main » sur un simple clic de souri.
Si la BCE décide d’accorder un crédit ou un prêt à la BANQUE FRENCH, après avoir obtenu la garantie de l’Etat français, l’opération se fera ex-nihilo à la nanoseconde près. Ex-nihilo : aucune épargne antérieure n’étant nécessaire, l’argent sort donc de nulle part…
Mieux, aucune épargne postérieure ne sera exigée puisque la dette des banques commerciales vis-à-vis des banques centrales augmente sans cesse depuis la création de l’IME (Institut Monétaire Européen) le 13 décembre 1996, et surtout depuis la mise en place du SME-bis, avec la création du SEBC et de la BCE, le 1° juin 1998.
Donc, en lieu et place d’une épargne ultérieure, c’est une explosion de « dette perpétuelle » qui se met en place.
Or, nous l’avons démontré, la dette perpétuelle ne correspond à aucun concept économique et financier : elle n’est garantie par rien, et elle est directement menacée par l’inflation.
http://blogs.mediapart.fr/blog/junon-moneta/190315/la-dette-perpetuelle-avenir-ou-chimere
III Le racket a commencé sur les fonds baptismaux de l'euro...
Rappelons que l’objectif de l’IME (Institut Monétaire Européen) était de « canaliser » l’évolution des taux de change des monnaies-candidates et de mettre l’euro sur les rails des marchés financiers, trois ans avant sa mise en place pour le grand public.
Cette dernière manœuvre a permis à la Haute Finance de « transformer » nos comptes bancaires en monnaie de singe, sans que personne ne s’en émeuve :
- Le taux de change officiel de l’euro contre les monnaies participantes (11 pays) a été décrété, au moment même où le nouvel euro était coté contre dollar, partout dans le monde, à 1 euro = 1,161dollars (moyenne janvier 1999).
- La Haute Finance a donc pu spéculer pendant trois ans contre l’euro en achetant des dollars : l’euro officiel est resté scotché à 1,161 dollars mais, au moment où les Européens devaient convertir leurs monnaies nationales, l’euro avait perdu -24,5% de sa valeur.
- Les financiers ont donc « vendu » tous les dépôts des résidents (l’équivalent de 10.000 milliards d’euros) au prix officiel de 1 euro = 1,161 $US, et ils les ont rachetés sur le marché des changes à un cours de change moyen de 1 euro = 0,877 $US en janvier 2002.
Le gain pour la Haute Finance a donc été de plus de 2.500 milliards d’euros : les souffrances des « heureux bénéficiaires de l’euro » étaient programmées en 1992.
Merci à Jacques DELORS et merci à tous ceux qui ont « validé » le système des nouvelles libertés... pour les banques commerciales et pour les groupes d’assurances !
A suivre...
ALTER-EUROPA
Pour une Autre Europe…
Et (bien sûr) pour un Autre Euro…