E.M. ? Et Merde ! J'ai piscine...

Les premiers responsables du désastre qui s’annonce ne sont pas les abstentionnistes. Les premiers responsables sont les membres des gouvernements successifs qui ont pensé et appliqué une politique économique désastreuse tout en avançant la nécessité de le faire au « nom de la France ». Et, au nom de cette même France, de détricoter l’héritage social du Conseil National de la Résistance.

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« La France est partagée en deux », la petite ritournelle de ces temps-ci est, à l’instar du couplet sur cette France qui ne se réformerait pas, fondée sur une dialectique totalement fausse. Si 45,31 % des suffrages se sont exprimés en faveur de Macron (24,01 %) et Le Pen (21,3%), cela ne suffit pas à affirmer que la France est coupée en deux. Bien que ces deux candidats sont bien loin d’atteindre la majorité des suffrages exprimés, la ritournelle s’installe. Elle s’installe d’autant plus frauduleusement qu’à l’ensemble des votants, il faille distinguer les votes blancs pour les ajouter aux abstentionnistes, aux radiés des listes électorales et les non-inscrits. N’empêche… La France est coupée en deux, nous dit-on.
« Voter contre Le Pen en votant Macron, ce n’est pas voter pour le programme de ce dernier » nous livre ici Mr Plenel. Pourtant, « ce dernier », fort de ses 24,01 %, ne souhaite point faire de concession dans son programme : « J'ai entendu ces derniers jours les appels à changer le programme, à dire « faites une concession, rassemblez en oubliant la réforme du travail ». Je ne le ferai pas pour deux raisons : les Françaises et les Français se sont exprimés et ont choisi le projet qui porte ces réformes. Je ne vais pas les trahir. Et je veux, demain, pouvoir agir. » Ce faisant, il annonce la couleur. Il nous faudra faire face à sa psychorigidité et son égocentrisme surdimensionné. Et psychorigidité couplée d’un égocentrisme surdimensionné, on imagine ce que cela donnera quand E.M. nous enverra la Compagnie dite Républicaine de Sécurité à la première manifestation.
« Voter contre Le Pen en votant Macron, ce n’est pas voter pour le programme de ce dernier ». Dès lors, à quoi sert-il de voter, sachant que Macron croît que « les Françaises et les Français [qui] se sont exprimés ont choisi le projet qui porte ces réformes. » ?
Par ailleurs, de quelles réformes parle-t-il ? Des réformes libérales, encore libérales, toujours libérales. La Révolution(1) En Marche, rien qu’une imposture donc.
Mais, à dire vrai, si les battements de mon cœur et la tension de mes artères augmentent, ce n’est pas à cause de l’imposture macronique tant elle est visible, non. C’est d’entendre ou de lire que voter Macron c’est « défendre la démocratie comme espace conflictuel, traversé d’intérêts divergents (...) où peuvent s’exprimer librement ses contradictions y compris face aux politiques d’une présidence Macron. » Comment peut-on le croire encore ? L’oligarque ne tiendra compte, dans l’espace conflictuel mentionné, que de la capacité d’intervention (comprendre obéissance) des représentants de l’ordre établit et de l’oligarchie en place. Le libéralisme est à l’économie ce que notre Ve République est à la démocratie, une tartuferie.
Aussi, quoi faire ?
Je n’en sais rien. Voter Le Pen ? [...]

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