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Billet de blog 22 juin 2022

Réforme du bac : un bilan globalement (très) négatif !

Alors que son application les années précédentes avait été rendue difficile par la pandémie de Covid 19, la réforme du bac et du lycée de Jean-Michel Blanquer a été, pour la première fois, pleinement mise en œuvre cette année. On peut donc désormais essayer d’en dresser un bilan synthétique et exhaustif.

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Réforme du bac et du lycée Mathiot / Blanquer : un bilan globalement négatif !

Alors que son application les années précédentes avait été rendue difficile par la pandémie de Covid 19, la réforme du bac et du lycée de Jean-Michel Blanquer a été, pour la première fois, pleinement mise en œuvre cette année. On peut donc désormais essayer d’en dresser un bilan synthétique et exhaustif.

La réforme du bac et la généralisation de la sélection à la fac

La réforme du lycée général s’inscrit dans un projet éducatif plus large dans lequel le lycée représente la première étape d’un parcours scolaire qui va de Bac – 3 à bac +3, autrement dit de la classe de seconde à la licence. Le rôle du lycée est désormais de permettre aux élèves de choisir la voie qu’ils veulent suivre dans l’enseignement supérieur afin d’arriver jusqu’à la Licence ( Bac +3) puisque c’est désormais à ce pallier que doit avoir lieu une nouvelle sélection pour le passage en Master.

Mais en réalité, ce sont désormais les établissements de l’enseignement supérieur qui choisissent leurs élèves puisque le dispositif Parcousup  généralise la sélection à l’entrée de l’enseignement post-bac. Au milieu de leur année terminale (de janvier à Mars), les élèves remplissent des dossiers dans lequel ils doivent émettent 10 vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur. De juin à mi-juilliet ils reçoivent « au fil de l’eau » des propositions d’admission de la part des universités qui leur indiquent aussi  leur place sur des listes d’attente. Ils rejettent alors les vœux qu’ils ne souhaitent pas garder, libérant de la place pour les autres candidats.

Ce processus permet d’éviter la hiérarchisation des vœux comme dans l’ancien système, mais cela rend le processus plus lent et plus complexe.

Beaucoup de familles soulignent aussi le caractère anxiogène de ce système. La généralisation de la sélection a été introduite pour lutter contre l’échec en première année d’université. En sélectionnant leurs étudiants, les universités recruteraient ainsi des élèves plus motivés et dont les résultats scolaires seraient prédictifs de leur future réussite universitaire.

Mais cette réforme de l’entrée dans l’enseignement supérieur s’est accompagnée d’une réforme du bac et du lycée, qui repose sur trois innovations majeures : la suppression des séries, l’introduction du contrôle continu au bac et la création d’une épreuve orale évaluée en fin d’année pour le bac.

La suppression des séries

La suppression des séries est une des principales nouveautés de cette réforme. Auparavant, les élèves devaient choisir en fin de seconde entre 3 séries ( L, littéraire, S scientifique S  ou ES économique et sociale ). Les classes de première et de terminale étaient composées d’un tronc commun (TC)[1] et de disciplines ou de programmes scolaires propres à chaque série. Selon ses détracteurs, ce système était inefficace car il engendrait une hiérarchisation implicite des séries, en effet les meilleurs élèves avaient tendance à choisir la filière S, même sans appétences particulières pour les disciplines scientifiques[2].

Avec la réforme, tous les élèves des classes de première et de terminale suivent  le même enseignement de TC[3].  Par contre les élèves choisissent 3 enseignements de spécialité (EDS) en première ( 4h par semaine). Ils abandonnent un EDS en fin de première et ne gardent donc que deux EDS en terminale ( 6 heures par semaine) pour mieux se spécialiser. Les élèves ont le choix entre plusieurs EDS : SES, HGGSP, HLP, LLCE, maths, Physique chimie, SVT[4].

Les avis des enseignants sur la suppression des séries sont partagés. Certains enseignants semblent assez satisfaits par  la création des nouvelles disciplines comme  HLP,  (mélange de littérature et de philosophie) ou HGGSP ( approfondissement du programme d’HG), car ils estiment que ces EDS attirent des élèves motivés qui auparavant auraient choisi une orientation dans la série S. Selon eux, le choix des EDS ne se fait plus désormais par défaut ou par stratégie mais correspond véritablement aux appétences des élèves.

À l’inverse, d’autres enseignants regrettent la disparition du système des séries, car celui-ci permettait une formation intellectuelle générale, homogène et équilibrée. En réalité, la réforme se traduit par un appauvrissement de l’offre de formation puisque par exemple les élèves ne peuvent plus suivre, comme avant en S, à la fois un enseignement de Maths, de SVT et de PC, puisque les élèves ne peuvent garder que deux EDS en terminale.

De nombreux élèves qui ont choisi un enseignement de SES ne font plus de maths, alors que l’enseignement des SES fait appel à des notions de statistique descriptive, ce qui pose de nombreux problèmes aux enseignants de cette discipline. L’absence des mathématiques du TC a été aussi fortement critiquée dans la presse.  

On peut toutefois se demander si les séries ont vraiment disparu puisque la réforme permet certes de choisir des doublettes atypiques utiles pour certaines orientations[5] , mais cela ne concerne qu’une minorité d’élèves, car la majorité d’entre eux choisissent de toute façon des « doublettes » homogènes en première et en terminale [6]. L’argument selon lequel la suppression des séries permet un plus grand brassage des élèves, paraît aussi discutable, puisque les élèves ne sont en réalité ensemble qu’en TC, c’est à dire la moitié de leur emploi du temps ( EDT).

Par contre un des inconvénients majeurs de la suppression des séries est l’éclatement du groupe classe. Les élèves ne sont en effet ensemble qu’en TC. Les professeurs d’EDS font face à des regroupements d’élèves, ils ne connaissent plus leurs collègues, n’assistent pratiquement plus aux conseil de classe et ne sont plus  professeur principal ( ou quand cela arrive ils n’ont pas toute la classe).

La suppression des séries rend donc plus difficile le repérage d’élèves  en difficulté, puisque les professeurs ne forment plus une véritable équipe pédagogique en charge de l’encadrement d’une classe entière. La suppression des séries se fait donc au détriment de l’encadrement global des élèves.

L’abandon d’un EDS en première pose aussi de nombreux problèmes. Selon l’argumentaire du MEN, cela permet aux élèves de se spécialiser progressivement et de mieux cibler les disciplines qui les intéressent. Or ne suivre un EDS que pendant un an ne permet absolument pas de saisir tous les enjeux épistémiques d’une discipline. Les programmes qui ont été ré-écrits en même temps que la réforme portent bien sur deux années scolaires. Abandonner un EDS au bout d’un an apparaît donc comme un non-sens pédagogique.

De plus, en seconde et en fin de première, certains élèves font parfois des choix d’ EDS « suicidaires » qui hypothèquent clairement leur chance de réussite.  En seconde, certains élèves choisissent de suivre des EDS dans lesquels ils ont  des moyennes très faibles. En fin de première, d’autres élèves gardent paradoxalement l’EDS dans lequel ils sont en échec, car ils espèrent rattraper leur retard en terminal, ce qui apparaît très difficile dans les matières scientifiques.

Ainsi,  au nom de la « liberté du choix » des familles, les enseignants n’ont pas le droit de s’opposer à certains choix d’EDS à la suite desquels les élèves se mettent eux-mêmes en échec.  Il serait donc souhaitable pour éviter ces stratégies risquées que les conseils de classe puissent intervenir dans le choix des EDS des élèves en fin de seconde et en fin de première.

Un autre effet négatif de cette réforme porte aussi sur le déroulement des épreuves. En effet, pour éviter que les élèves ne soient pas convoqués en même temps aux cessions de leur EDS, il y a désormais deux sessions par EDS et donc deux sujets différents. Outre la complexité supplémentaire en terme d’organisation et de correction du bac que cela implique, l’existence de deux sujets par EDS nécessite, par soucis d’équité, qu’ils soient de difficulté équivalente.

Ainsi, c’est pour soi-disant « harmoniser » les notes des deux sujets que les inspecteurs sont directement intervenus cette année pour relever les notes de certains lots de copies du bac de façon arbitraire et unilatérale et sans que les correcteurs aient été consultés. Cette mesure a profondément scandalisé les enseignants qui ont eu le sentiment d’avoir été désavoués dans leur le travail et dans leur expertise[7].

 Le rôle démobilisateur de Parcoursup et des dates du bac

La réforme a aussi modifié les dates du déroulement des épreuves d’EDS, ce qui là aussi engendre de nombreux effets pervers[8]. En effet, comme désormais, les élèves remplissent leur dossier pour Parcoursup de janvier à mars et que les résultats des EDS doivent être intégrés dans le dossier de Parcoursup, les épreuves écrites des EDS se déroulent  désormais en mars et non plus à la fin de l’année scolaire[9]. Or  comme les notes d’ EDS ne comptent plus après les épreuves du bac, beaucoup d’élèves se démobilisent ou s’absentent après ces épreuves comme on a pu le constater dans de nombreux lycée, ( et encore cette année les épreuves ont eu lieu exceptionnellement en mai).

Il est donc probable, si les dates du bac sont maintenues en mars comme prévu, que la démobilisation générale à laquelle on a assisté cette année au troisième trimestre ait lieu encore plus tôt l’année prochaine. De plus, en raison des dates du bac les élèves, dans certaines disciplines, ne sont évalués que sur les 2/3 du programme, alors que les EDS sont censés être leur discipline majeure. Le 1/3 du programme restant ne comptant plus pour le bac, très peu de professeurs traitent cette partie du programme.

Ce nouveau calendrier ne pénalise par ailleurs pas uniquement la scolarité des élèves de terminales, puisque  les élèves de seconde et de première ont perdu cette année eux aussi beaucoup d’heures de cours en raison du déroulement précoce de ces épreuves. Comme on le voit, fixer en mars le déroulement des EDS déstabilise considérablement l’organisation du lycée pour tous les élèves

 Le casse-tête du contrôle continu (CC).

L’autre innovation majeure de la réforme consiste à évaluer une partie des disciplines de tronc commun en contrôle continu qui compte désormais pour 40% de la note globale. Or l’évaluation en CC se révèle être un véritable casse-tête tant les pratiques évaluatives des enseignants divergent d’un enseignant ou d’un établissement à l’autre.  Avec la mise en place du CC, on voit aussi se multiplier les pressions, les contestations, les discussions sur les notes de la part des élèves ce qui contribue à détériorer le climat scolaire. D’autre part,  beaucoup d’élèves adoptent des stratégies d’évitement, et s’absentent, de façon pas toujours justifiée, lors de certaine épreuves.

Comme il devient très difficile de faire rattraper des DST ( devoir sur table ) à des élèves absents et que  beaucoup d’enseignant hésitent à sanctionner les absentéistes par un 0, certains élèves ne sont évalués trimestriellement que par un  seul DST,  un seul DM ( devoir maison) ou parfois ne sont pas notés du tout alors que leurs camarades sont évalués sur plusieurs DST. Les lycées sont donc obligés de mettre en place des solutions locales pour pallier les effets pervers du CC. Dans certains établissements, les directions organisent des épreuves terminales de rattrapage pour compenser les absences des élèves au CC.

Dans d’autres lycées, notamment les lycées favorisés dans lesquels la notation est souvent plus sévère que dans les lycées populaires, les directions mettent en place une double notation pour éviter que les notes de CC ne pénalisent les dossiers des bons élèves pour Parcousup. Comme on le voit, l’introduction du CC  pose de redoutables problèmes d’équité aux enseignants et aux établissements scolaires.

Le MEN défend l’introduction du CC en expliquant qu’il permet de mettre fin au bachotage puisque désormais les élèves ne passent plus que les épreuves de française en première et leur deux EDS en examen terminal. Ils n’ont donc plus comme par le passé à réviser 5 ou 6 programmes disciplinaires  au début du mois de  juin. On peut toutefois se demander si la fin du bachotage est un réel progrès pour les élèves, car « bachoter » pour passer un examen nécessite de réviser un programme annuel et donc de revoir pour la seconde fois des savoirs étudiés pendant l’année, alors qu’avec le CC, les élèves ne sont plus évalués que sur des épreuves ponctuelles qui ne portent que sur une petite partie du programme.

Une fois l’évaluation terminée, l’élève ne reverra plus la leçon étudiée, il n’est donc absolument pas certain que la fin du bachotage permette une meilleure appropriation des savoirs et prépare les élèves aux exigences de l’enseignement supérieur puisque les nouveaux bacheliers qui arrivent dans l’enseignement supérieur n’auront jamais véritablement préparé un examen ou un concours en temps limité.

.Qui travaille pour le grand oral ?

L’organisation d’une épreuve orale évaluée en terminale est l’autre grande nouveauté de la réforme du bac. Mais l’organisation de cette épreuve n’est pas non plus satisfaisante[10]. Les élèves doivent préparer deux oraux de 5 minutes sur un sujet de leur choix en lien avec leur programme d'EDS.

Le jury est composé de deux professeurs, un enseignant de spécialité et un autre enseignant « naïf » qui ne connaît pas la discipline mais qui doit évaluer non pas les connaissances du candidat mais ses compétences orales. Autrement dit, dans cette épreuve, les connaissances ne comptent pas vraiment, c’est surtout l’aisance et la prestance du candidat qui vont être évaluées.

Si la plupart des élèves jouent le jeu et préparent sérieusement cette épreuve en cherchant des sujets originaux, d’autres élèves, souvent absentéistes, se contentent de reprendre des exposés oraux trouvés sur internet. Ils s’en sortiront sans doute, aussi bien que leurs camarades puisqu’encore une fois, ce ne sont pas les savoirs disciplinaires qui sont évalués mais leur talent d’orateur.

La réforme bac Blanquer-Mathiot, de l’avis de la grande majorité des enseignants n’est donc absolument pas satisfaisante. Elle se traduit par un émiettement des épreuves, la multiplication des cas d’évitement et une démobilisation générale des élèves en fin d’année, sans parler des polémiques sur certains sujets de SES et sur les notes du bac.

On assiste donc à une régression du travail fourni par les élèves, ce qui ne peut que  pénaliser leur poursuite d’études dans l’enseignement  supérieur. Voilà pourquoi  si le nouveau ministre veut vraiment lutter contre « la morosité » des  enseignants en lycée, il doit revenir sur les points les plus controversés de cette réforme complexe et inutile, et non pas, comme il en a visiblement l’intention, organiser des «  débats sur l’éducation à la rentrée »[11].

Il doit abolir le contrôle continu et surtout revenir à un « vrai » bac, c’est à dire à un examen national et terminal qui sanctionne le travail effectué pendant l’année scolaire et certifie qu’une véritable formation intellectuelle a été dispensée aux titulaires du baccalauréat.

[1] Français,  maths,   langue vivante  1 et  2, d’HG et d’EPS.

[2] On estime que la moitié seulement des élèves titulaires d’un bac S s’orientaient dans des filières scientifiques dans le supérieur.

[3]  HG, Lettres, EPS, enseignement scientifique, et LV1 et LV2).

[4] . La réforme s’est aussi accompagnée de la suppression de nombreuses heures dédoublées et donc d’un alourdissement des services des enseignants dans de nombreuses disciplines. Les professeurs de lycée ont donc plus d’élèves à encadrer ce qui a permis au MEN de supprimer de nombreux postes.

[5] Comme SES-SVT pour aller en STAPPS ou en psycho et Math/SES pour aller en éco-gestion ou pour préparer une école de commerce.

[6] Note d’information de la DEEP n°21-41 décembre 2021

[7] « Libération (site web) Société, jeudi 16 juin «Ça ne reflète plus le travail des élèves»: des correcteurs du bac dénoncent des réajustements de notes excessifs

[8]  Voir notre tribune parue dans le Monde du 30/11/2021 :« Le bac en mars, une mesure qui pénalise les apprentissages de nombreux lycéens »

[9] Le bac, symbole en passe d’être supplanté par Parcoursup, le Monde, 15 juin 2022, par Violaine Maurin.

[10] Baccalauréat Pour le grand oral du bac Blanquer, une saison 2 poussive et «chaotique», Libération le Marlène Thomas publié le 19 juin 2022.

[11] Vous, nous, ils,  « Pap Ndiaye prévoit de « grands débats » pour l’école » Publié par Chloé Le Dantec ,Juin 13, 2022 |

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