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Billet de blog 30 sept. 2021

« S’IL VOUS PLAÎT… DESSINE-MOI LE ZEMMOURISTAN. [1] »

(Article également paru dans lundimatin#306, le 28 septembre 2021)

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Affiche soutenant la candidature d'Eric Zemmour pour la présidentielle 2022

Jeudi 23 septembre 2021, près de 4 millions de téléspectateurs (3,81 millions précisément, soit 18,7 % de part de marché) ont suivi le « débat » entre Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement La France Insoumise et candidat déclaré à la présidentielle de 2022 et Eric Zemmour, polémiste bien connu du paysage médiatique hexagonal depuis plus de vingt ans, soutenu par un mouvement qui souhaite le voir se présenter pour la même échéance électorale.

J’ai beaucoup rechigné à regarder ce spectacle télévisuel annoncé comme un clash entre deux visions politiques radicalement différentes de la France. J’ai donc louvoyé à maintes reprises pour enfin céder aux sirènes de la chaîne d’information continue qui avait là l’occasion de réaliser un joli score d’audience tout en contribuant à accélérer le temps politique menant à la prochaine présidentielle.

La conversation commença par la prise de parole de M. Mélenchon soulignant les folies de Monsieur Zemmour et son obsession pour les 5 millions de Français musulmans, contaminant ainsi le champ politique. Le polémiste de rebondir en surenchérissant d’un « Pourquoi pas dix pendant que vous y êtes. » en affirmant qu’il n’avait pas changé d’avis au sujet de sa solution miracle pour sauver le pays : « la remigration » : cet euphémisme et néologisme issu de l’anglais pour parler du retour, forcé ou non, des immigrés non européens dans leur pays d’origine.
Le débat était lancé et je regrettais déjà de ne pas avoir écouté Circé me mettant en garde contre les mélodies tentatrices des chaînes d’info en continu.

« Les idées sont sérieuses car elles engagent la vie de notre Nation. J’ai très bien écouté ce que vous venez de dire et votre registre sémantique est intéressant. Vous estimez que je contamine le débat public. C’est-à-dire que je suis comme un virus qui contamine. C’est votre conception de la démocratie mais ça ne m’étonne pas parce que dans votre camp depuis deux siècles, on ne débat pas, on guillotine. On n’invective pas, on ostracise et on met dans des camps de rééducation quand ce n’est pas dans des asiles psychiatriques. Évidemment, vous avez une conception de la démocratie qui n’est pas la mienne. » 

Réponse du berger de l’identité française, à la bergère de l’union populaire, la causerie était lancée et elle allait durer 2 heures 11 minutes et 29 secondes sans presque aucune interruption si ce n’est quelques brèves questions des présentateurs Maxime Switek et Aurélie Casse et les interventions – non sans coup férir – d’Amélie Rosique chapeautant la cellule de fact-checking que le méprisant Monsieur Z. appela fast-checking visiblement pressé de faire des go-fast de sa rhétorique outrancière.
Écouter l’homme qui a déclaré que l’une de ses premières mesures s’il arrivait au pouvoir serait d’abroger la loi Pleven de 1972 réprimant les injures racistes et la provocation à la haine raciale car la jugeant « liberticide » donne un avant-goût de la conception de la démocratie zemourrienne.

Affiche du MRAP Loi du 1er Juillet 1972 © © Musée national de l’histoire de l’immigration


Derrière le bandeau : « La France est-elle en danger ? », Maxime Switek intervient pour poser la question suivante : « La France a-t-elle tout fait pour intégrer les populations immigrées qui sont arrivées ici ces 60 dernières années ? »

Eric (du scandinave signifiant souverain ou chef unique) Zemmour répond de façon virulente :
« Si vous me permettrez, je ne répondrai pas à votre question. »
Maxime Switek de répondre : « Ça ne m’arrange pas. »
Et notre résistible souverain en ascension de le blackbouler par un : « Mais je m’en moque. » suivi d’un : « D’abord, moi je suis contre l’intégration, je suis pour l’assimilation. »

Cette dernière phrase mérite qu’on s’y attarde longuement pour comprendre ce que Z. comme Zemmour entend par là et pour cela je me suis aidé d’un grimoire sulfureux, le Dictionnaire des dominations de Saïd Bouamama, Jessy Cormont, Yvon Fotia (Éditions Syllepse) dont Z. se ferait un plaisir de faire un autodafé si sa résistible ascension devait un jour le conduire à la porte de l’Élysée.

On apprend d’abord que le terme Assimilation « est un emprunt aux sciences du vivant qui désigne en physiologie les processus qui consistent à transformer – pour un être vivant – la matière en sa propre substance. » Par analogie, en philosophie, l’assimilation désigne l’action de penser , c’est-à-dire raisonner en procédant à une série de propositions équivalentes qui vont permettre de passer d’éléments en apparence différents vers un contenu semblable.
Dans les sciences sociales, la signification va associer ces deux acceptions : à la fois le processus de synthétisation (comme dans la notion de melting-pot américaine, fusion des peuples anciens pour en faire un peuple nouveau) et l’orientation à fabriquer du semblable à partir du différent.

« Le sens que prend globalement le terme aujourd’hui est l’adoption progressive par les individus d’un groupe minoritaire des traits culturels du groupe majoritaire qui les « accueille » jusqu’à la progressive disparition de tous traits culturels initiaux. »
On comprend mieux alors où veut en venir Z. lorsqu’il parle d’assimilation. L’individu doit disparaître pour se fondre dans la masse et effacer les caractéristiques qui fondent son identité même.

Au terme d’assimilation, on oppose souvent le terme d’intégration qui est en réalité un détournement de l’usage qu’en faisait Émile Durkheim pour qui l’intégration est une caractéristique de la société et un antonyme de l’anomie. L’intégration dans son acception durkheimienne est synonyme d’organisation et d’orientation des conduites des individus sous la pression de règles et de contraintes sociales.

En revanche dans l’usage qui en est fait couramment, l’intégration est appliquée à l’individu au lieu de l’être à la société. Ce renversement crée un contresens dans la mesure où l’individu ne pourra jamais être assez intégré par rapport à la société qui l’englobe. Cette asymptote irrattrapable construit inexorablement une barrière entre le « nous » autochtone des gens intégrés et le « eux » allogène des gens qui rampent, marchent ou courent vainement vers un horizon inatteignable. Cela conduit à la construction d’un processus de discrimination systémique.

Même si dans l’esprit de certains, l’intégration est un mécanisme moins délétère que l’assimilation car moins radical, la simple inversion de l’application du terme d’intégration de l’individu vers la société plutôt que de la société vers l’individu démontre le refus manifeste de réellement sociabiliser l’individu tout en l’émancipant dans une société avenante et bienveillante.

Le Comité des familles à la Marche du 8 mai 2008


Et Z. de poursuivre par un tonitruant : « Nous avons en vérité donné les droits de régler la politique d’immigration de la France, aux immigrés. » et de citer de mémoire pour appuyer sa vision de l’assimilation prétendument universaliste, l’historien Jacques Bainville dans son Histoire de France (1924) qui écrivait exactement : « La fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C’est mieux qu’une race. C’est une nation. »

Pour apporter de l’eau au moulin de ses verbiages , il rajoute :
« L’assimilation comme disait le grand historien Braudel, c’est ce qui a permis l’intégration sans douleur. L’assimilation, ça veut dire faire sienne l’histoire de France, la culture française, les mœurs françaises. Ça veut dire devenir français, s’habiller comme les Français, donner un prénom français à ses enfants. »

Il oublie seulement de dire que Fernand Braudel, représentant de l’école des Annales, qui a fortement influencé la pensée de gauche a vécu en Algérie tout comme les parents du Z. Et même si Braudel écrit à propos des immigrés Italiens, Polonais, Portugais, Espagnols qui se sont installés en France :
« L’assimilation a été la clé d’une intégration sans douleur de ces immigrés qui se sont vite confondus dans les tâches et les replis de notre civilisation tandis que leurs cultures d’origine ont apporté une nuance de plus à notre culture complexe. », il fait le constat dans son ouvrage L’identité de la France (1986) que l’immigration étrangère n’est devenue un problème qu’avec l’immigration maghrébine.
Selon lui les immigrés de la seconde génération éprouvent des difficultés car rejetés et rejetant eux-mêmes une assimilation que la génération de leurs parents ou grands-parents avait parfois réussie (n.d.l.r. et pour cause puisque ceux-ci avaient vécu avant les indépendances de leurs pays respectifs.)
Braudel explique ces « difficultés » au lien de cette génération avec l’islam, qui plus qu’une religion est une civilisation et un mode de vie. Il analyse le déchirement de ces jeunes générations nées sur le territoire français et dont les parents son issus de l’ancien empire colonial français comme un refus de choisir de s’intégrer par fidélité à leurs origines en cultivant un mythe du retour au pays sans trop y croire car perçus à moitié comme des étrangers dans le pays de leurs pères. Il souligne la tentation de certains de revenir aux sources en se réfugiant dans le Coran et de conclure « Les progrès de l’intégrisme dans le monde ont de quoi rendre inquiétantes les plus sincères des croisades religieuses. La France n’est certes pas non chrétienne, mais sur ce point elle est devenue tolérante, ses passions se sont apaisées. Depuis longtemps, nous en avons fini, Français, avec nos guerres de religion et pourtant plusieurs siècles ne nous ont pas encore permis d’en oublier les cruautés. Qui de nous voudrait, sur notre territoire, en voir renaître de nouvelles ? »

En lisant dans le texte, l’auteur auquel se réfère le Z, on appréhende mieux ce qu’il veut dire par :
« L’islam est une religion politique par essence. L’islam ne s’occupe pas de l’intériorité des fidèles mais de normes sociales et politiques. L’islam est une religion qui est un code civil qui concurrence le Code Civil. D’ailleurs l’islam est tout-à-fait aux antipodes de la France. »
Et de claironner bravachement : « L’islam n’est pas compatible avec la France, je vais le démontrer. »

C’est là que l’historien amateur Zemmour laisse place au saltimbanque médiatique Z. :
« Liberté, égalité, fraternité. L’islam c’est Soumission. Islam veut dire soumission. Égalité, l’islam c’est une triple inégalité : entre les hommes et les femmes, entre les hommes libres et les esclaves, entre les fidèles et les infidèles. Fraternité, l’islam c’est la fraternité dans l’Oumma, c’est-à-dire la communauté des croyants, la nation islamique. »

Pour relativiser les inepties du grand cheikh autoproclamé d’al-Azhar., il suffira pour celles et ceux qui le souhaitent de consulter par exemple cet article du Dr. Al-Ajamî sur le principe d’égalité homme/femme en islam.

Le grand derviche tourneur Z, soucieux de dire qu’il a lui aussi un « ami musulman » tout en jouant chafouinement la carte de l’antagonisme fantasmé entre Berbères et Arabes cite le chanteur Ferhat Mehenni, leader du groupuscule MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) connu pour ses injures à l’encontre de l’islam et de la culture arabe et dénoncé par la majorité des algériens kabyles ou non, y va de son couplet islamophile :

« Si je ne fais pas de différence entre islam et islamisme parce que pour moi, c’est exactement la même chose ou plutôt comme dit le poète kabyle Ferhat Mehenni [2], l’islam c’est l’islamisme au repos et l’islamisme, c’est l’islam en action, je fais une différence entre les musulmans et l’islam. Les musulmans peuvent effectivement s’approprier la conception française de la religion, c’est-à-dire ne considérer que leur religion est de l’ordre du privé ont toute leur place en France. Ils sont des citoyens français comme vous et moi. »

BAC NORD – Bande-annonce officielle – Gilles Lellouche / François Civil / Karim Leklou (2021) © STUDIOCANAL France

Sautant du coq à l’âne ou réciproquement, il cite de mémoire Stanislas de Clermont-Tonnerre. Le choix de la citation de cet homme politique français partisan d’une monarchie constitutionnelle qui finit défenestré de son domicile par des émeutiers au moment de la chute de la Royauté cache mal les affinités royalistes du Z.

« En fait, je veux exactement imposer aux religions, à la religion islamique exactement la même chose que la France a imposé aux Juifs selon la fameuse formule de Clermont-Tonnerre [3] : tout aux Juifs en tant qu’individus ; rien en tant que Nation. C’est toutes mes idées, c’est tout mon projet. »

Vaste projet ! Et l’on sent poindre l’envie irrépressible du Z à prétendre à la candidature suprême pour mieux dissoudre la Ve République pour en faire une monarchie constitutionnelle voire une monarchie absolue de droit divin.
Après nous avoir démontré que l’islam était incompatible avec la République, nous avoir donné une définition borgésienne de l’islam et présenté son programme pour ses disciples, le Z sombre dans un délire paranoïaque en s’écriant :
« Pour moi, la délinquance que nous vivons n’est pas une délinquance, c’est un djihad. Voilà ! C’est une guerre qui nous est menée – une guerre de civilisation, une guerre de pillage, une guerre de vol, une guerre de viol et une guerre de meurtre. »

Oubliant que son maboulisme serait peut-être moins en phase avec un public un peu plus averti que celui dont il a l’habitude pour ses chroniques, il tente de rectifier le tir :

« Je vais vous dire, il y a heureusement des millions de musulmans qui ne sont pas délinquants et il y a des millions de musulmans qui ne sont pas terroristes. »
Puis n’en pouvant plus, assène :
« Mais seulement, tous les terroristes sont musulmans. »

Et comme pour démontrer la réalité de sa perception psychotique d’une certaine France, il nous livre sa critique du film Bac Nord qu’il nous présente comme un documentaire décrivant fidèlement la réalité des quartiers nord de Marseille :
« Je ne sais pas si vous avez vu Bac Nord, le film Bac Nord et vous voyez la réalité de la police aujourd’hui dans les cités. Vous voyez qu’ils ne peuvent pas rentrer parce que leur hiérarchie leur interdit. [,,] Ils sont moins armés que les caïds de la drogue qui les méprisent. Et vous, vous dites qu’ils sont dangereux, il faut qu’ils soient en phase avec la population. Mais Monsieur Mélenchon, ils sont en phase avec la population. Ils ne sont pas en phase avec la population des quartiers islamisés. Mais, ils sont en phase avec le reste de la population française. La population française les aime. Évidemment, dans les quartiers islamisés dominés par les caïds de la drogue qui sont comme des concessions étrangères. Vous savez au temps de la Chine, on avait des concessions. Ce sont des concessions étrangères. Là, évidemment, les policiers ne sont pas bienvenus parce qu’ils sont les représentants de la France, tout simplement et que dans ces contrées, dans ces places fortes étrangères, on ne veut pas de la France.


Agacé, Jean-Luc Mélenchon lui décoche une punchline :
« Écoutez, le Zemmouristan, ça existe, d’accord ? Ça existe. Oui, oui, ça existe. Un pays où les femmes sont rabaissées, un pays où il y a la pein de mort – qui vous plaît – un pays où les homosexuels sont punis et un pays où on n'adhère pas à la convention internationale sur les réfugiés, ça s’appelle l’Arabie Saoudite. »
Tout penaud, le Z se contente d’interrompre son interlocuteur :
« Là, vous décrivez les banlieues islamisées, Monsieur Mélenchon. ».

L’octogone verbal se poursuit ainsi jusqu’à ce que l’on passe à la seconde partie : Comment réduire la fracture sociale ?

Je ne m’attends pas à être convié dans le débat et pourtant le Z, en bon souverainiste nous explique doctement que l’autre problème de la France, c’est sa dépossession par le gouvernement des juges.
« Le problème majeur aujourd’hui, ce pour lequel il n’y a plus de souveraineté populaire. On a dit l’Europe, là on est d’accord là-dessus. Mais il y a un autre sujet qui est le gouvernement des juges. C’est-à-dire qu’au nom de l’état de droit – qui est évidemment un bon principe au départ – on a des juges qui s’appellent le Conseil Constitutionnel, qui s’appellent le Conseil d’État, qui s’appellent la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui s’appellent la Cour de Justice de l’Union Européenne qui imposent leur vision idéologique et leur politique. Quand vous voyez, par exemple que le Conseil d’État a cassé une décision de réforme des allocations chômage parce qu’il estimait que ce n’était pas le bon moment, vous voyez jusqu’où ils vont dans le principe d’opportunité. Quand vous voyez que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a interdit à la France d’expulser un terroriste algérien parce qu’il serait martyrisé dans son pays, vous voyez de quoi ils se mêlent. Je pense qu’il faut aujourd’hui reprendre le pouvoir aux juges et par le référendum et par une réforme constitutionnelle et c’est pour ça que Monsieur Mélenchon tout à l’heure m’asticotait sur les droits de l’Homme. Je ne suis pas contre les droits de l’Homme, simplement je ne veux plus que les juges se servent de la déclaration des droits de l’Homme et d’un obscur article pour imposer leur vision. »

Je comprends immédiatement que « le terroriste algérien » dont il est question sans le nommer, c’est Bibi. Le Z n’aime pas la Cour Européenne des Droits de l’Homme sauf quand il y recourt lui-même après sa condamnation pour provocation à la haine religieuse. C’est une vision bien tortueuse de l’état de droit qui est respectable lorsqu’il vous caresse dans le sens du poil et abject lorsqu’il le fait à rebrousse-poil. Mais le Z n’en est plus à une contradiction près. Je ne m’attarderai pas sur la périphrase qu’il emploie pour se garder méticuleusement de citer mon nom. Le Z a l’habitude des prétoires et un nouveau procès ferait tâche dans le curriculum d’un futur présidentiable.
Ce qui ressort de cette longue diatribe, c’est peut-être sa fascination pour la construction du droit constitutionnel et du droit administratif sous le fascisme historique. Le modèle de l’ancien légionnaire romain, le mythe du Chef ne sont pas pour déplaire à Eric Z. au vu de toutes ses déclarations virilistes à l’emporte-pièce.
Mettre au pas, les juges les moins enclins à coopérer sous sa férule ne serait pas pour déplaire à celui qui juge aussi sévèrement les juges lorsqu’ils prononcent des jugements qui lui déplaisent.
Les droits de l’Homme selon Z. ne sont pas les droits pour tous les hommes et encore moins pour les femmes.

Enfin en guise de prophétie, le Z. nous dépeint la France de 2050, comme un pays à feu et à sang et convie la théorie fumeuse du grand-remplacement de Renaud Camus en oubliant ostensiblement que Brenton Tarrant s’en était inspiré pour causer la mort d’au moins 49 personnes dans une double attaque contre des mosquées en Nouvelle-Zélande. CQFD « tous les terroristes sont des musulmans » dixit le Z.

« Si on continue comme cela, la France en 2050 sera un Liban, en grand, c’est-à-dire tout simplement, un pays où il y aura à peu près des communautés – qui comme l’a dit l’ancien ministre de l’Intérieur, M. Collomb – étaient côte à côte et seront face à face. Il y aura plus de pauvreté, plus de misère et surtout plus de désordre, plus de violence comme ce qu’il se passe actuellement. Ça montera crescendo parce que tout simplement le peuple aura été petit à petit – le peuple français a été petit-à-petit remplacé par un autre peuple. En 2050, vous aurez simplement – [..] vous savez que c’est déjà M. Mélenchon, dans les études des agences de renseignement américaines, l’islamisation de la France. C’est déjà considéré comme ça. Les Suisses ont déjà fait des manœuvres militaires en cas de guerre civile en France. C’est évalué par des pays très sérieux, beaucoup plus sérieux que le nôtre et beaucoup plus sérieux que vous. Donc je pense qu’effectivement pour éviter ça, pour éviter la libanisation du pays, il faut une grande révolution de notre façon...
— Nationale ?
— Une grande révolution populaire
[ Rires de J.-L. Mélenchon. ]
— Puisque c’est le populaire qui le veut, mon cher Mélenchon. Eh oui.
— Non, mais je sais d’où vous sortez, c’est pour ça que vous parlez de révolution nationale parce que ça c’est votre truc.
— Bein,voyons, bein voyons.
— La révolution populaire,
— La révolution populaire, mon cher.
— C’est la révolution de 89, c’est la tranquille révolution par la Constituante.
— Mais mon cher, je vais vous dire on pourrait repartir sur cette conversation sur l’Histoire. Ce n’est pas le moment. Je dis simplement que nous devons faire une révolution, une révolution politique, juridique et je dirais même, philosophique. Nous devons abandonner les principes qui nous ont déconstruits et détruits depuis quarante ans . Nous devons permettre au peuple français de ne plus se sentir colonisé, envahi, exproprié de son propre peuple, de son propre territoire. C’est ça notre sort et c’est ça l’enjeu de la présidentielle de 2022 car en 2027 – je vois déjà des politiciens qui font des calculs sur 2027 – mais il sera beaucoup trop tard et là, il faut effectivement réagir dans l’urgence. »

Tout ce scénario apocalyptique à la World War Z risque bien évidemment de se réaliser sauf si les électeurs et les électrices votent pour l’homme providentiel que voudrait incarner Z.
J’ai failli sélectionner tout ce que vous venez de lire et appuyer simultanément sur la touche Control et la touche Z de mon clavier, puis je me suis ravisé.
Esquisser un dessin du Zemmouristan en retranscrivant exactement ce que ce triste sire dit et que de plus en plus de gens écoutent, c’est peut-être empêcher que ce funeste dessein advienne avec Z. ou sans Z.

Kamel Daoudi


[1] Le suffixe –stan désigne un lieu en persan. Il provient de l’indo-européen steh qui veut dire « se tenir » que l’on retrouve notamment dans le verbe anglais to stand.
Le Frangistan ou Frankestan (« pays des Francs ») est d’ailleurs un ancien terme perse pour désigner l’Europe de l’Ouest ou l’Europe chrétienne.

[2] « L’islam c’est l’islamisme au repos et l’islamisme, c’est l’islam en mouvement. C’est une seule et même affaire » (Ferhat Mehenni, chanteur et président du MAK)

[3] « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et accorder tout aux Juifs comme individus ; il faut qu’ils ne fassent dans l’État ni un corps politique ni un ordre ; il faut qu’ils soient individuellement citoyens. » Stanislas de Clermont-Tonnerre, homme politique français partisan d’une monarchie constitutionnelle (1757-1792).

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