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Billet de blog 1 déc. 2022

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Hier j'ai parlé à mon chat

Et quand je dis parler à mon chat, je ne dis pas parler comme un débile « minou minou il est où le miaou… ! ». Ça c’est un dialogue classique avec son chat, les termes du langage y sont légers et le contenu assez chiche. Moi, j’ai vraiment parlé à mon chat.

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Hier j’ai donc parlé à mon chat. Je veux dire, je lui ai parlé sérieusement. D’Homme à chat. A la fin, il n’est pas sûr que l’on ait avancé beaucoup lui et moi. Mais le feeling semblait être bien passé entre moi et mon chat. Peut être notre bref échange nous avait rendus meilleurs que nous n’étions juste avant la conversation.

Curieux tout de même. D’autant que je n’avais rien d’extraordinaire à dire à mon chat. Enfin, rien qui n’était susceptible de susciter en lui quelque ronron. Tout juste monchat a t’il pu être troublé par un tel élan de ma part : « tiens il se met à me parler ce blaireau, il est vraiment débile ».

Il est vrai que l’Homme n’a pas pour habitude d’engager une conversation intelligente avec son chat. Le soir venu fut peut être propice à un bref échange. On n’ira pas jusqu’à dire que les conditions de possibilité d’un discours étaient alors réunies. Mais il y avait quelque chose comme ça quand même.

Bon, parler à son chat  fait quand même un peu flipper avec le recul. C’est pas un truc qu’on a envie de raconter à tout le monde. C'est pas que le chat soit une personne peu recommandable, c'est juste que le chat n'est pas forcément une personne à qui l'on se confie naturellement.

Pourtant, peut être y a t'il quelque enseignement à parler à son chat. L’époque est hostile, le chat est agile, capable de toujours retomber sur ses pattes, une aptitude qui vaut de l’or de nos jours.

Cela dit le feeling entre moi et mon chat  a des limites. Par exemple, il ne m’est pas venu à l’idée d’aller mettre mon museau dans le bol de croquettes de mon chat. La litière non plus ne m’a pas semblé plus naturelle que la cuvette. Et surtout et surtout il ne m’est pas venu l’idée de me lécher l’anus, pratique très courante chez le chat, assez rarissime chez l’Homme.

Bref, j’étais alors rassuré sur mon état de santé mentale. Finalement, je ne faisais que parler à mon chat. Je n’engageai pas de discussions à bâtons rompus avec lui ,juste parler un peu. Ce qui m’amena au constat assez paradoxal suivant : je n’allais pas si mal que ca, puisque je ne faisais que parler à mon chat.

Peut être pas fou donc, mais bon.

On peut considérer que la folie commence la où la raison finit. Mais il arrive que parfois on ne soit pas encore tout à fait l’un, ni plus tout à fait l’autre. On se trouve alors entre les deux, une forme de point aveugle. On peut considérer que l’on est plus tout à fait sain d’esprit, mais que cela ne suffit pas pour faire de vous un fou. Peut être que parler à son chat est cette forme d'entre - deux, une zone grise de la raison. 

Voila. Il faut donc croire que cha va pas bien, si je commence à pondre des papiers comme ca.

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