Il existe un paradoxe bien connu des chercheurs de petits hommes verts, on l’appelle le paradoxe de fermi : « avec autant de planètes dans l’univers, comment se fait – il qu’aucune soucoupe volante ne se soit posée chez nous ? ». Effectivement, comment ca se fait ? Un espace aussi vaste, que pour nous ? Un genre de loft galactique ? Sympa le grand architecte.
Cela dit, à bien y réfléchir, on pourrait aussi se dire qu’ils sont bien passés, mais qu’on les a pas vus. Voire, qu’ils sont parmi nous, mais qu’on ne les reconnait pas. Tous les jours par exemple, il vous arrive peut être de croiser un collègue qui dit des trucs complètement hors – sol. En fait, peut être que c’est exactement ça. Ce collègue que vous croisez tous les jours dit des trucs tellement débiles qu’il vient forcément d’une autre planète. Quelle autre explication ?
Oui mais bon. On accuse pas sans preuve. Tant que j’ai pas vu où il gare sa soucoupe. Je dois faire semblant de l’écouter. Ou bien tenter de l’éviter. Le problème c’est que parfois on a l’impression qu’ils sont vraiment nombreux. A moins que ce soit moi l’extraterrestre ? C’est une hypothèse que je n’ai jamais explorée vraiment. Ca me parait tellement gros. Quel intérêt de m’envoyer sur terre si c’est pour me faire oublier d’où je viens ? A moins que je sois punis, ou trop con. Mouais. J’aime pas cette hypothèse.
Ou bien ou bien.
Peut être que le paradoxe de fermi n’est pas un paradoxe…
Ou plutôt si, c’est un paradoxe mais ce n’est qu’un paradoxe, et non pas une antinomie. Et ca change tout. Une antinomie c’est le truc impossible, qui ne découle pas des prémisses : non sequitur. Le paradoxe, c’est pas tant qu’il révèle une impossibilité, c’est surtout qu’il propose un truc qui va contre la doxa, contre l’opinion communément admise. Effectivement, on se dit naïvement qu’avec autant de planètes, il y en a forcément quelques unes avec d’autres gars. Mais ce n’est qu’une opinion. Et une opinion ca peut raconter des âneries.
Beaucoup de gens ont des opinions, débiles ou pas. On peut avoir l’opinion que l’on veut. Mais parfois on a l’opinion que l’on peut. C’est-à-dire qu’on a pas d’autre choix. En effet, l’opinion n’est qu’une réponse à une question. Si votre réponse est débile c’est peut être parce que la question est mal formulée. Par exemple, dans un régime totalitaire lorsque l’on pose la question : « pour qui allez – vous voter ? », on sent bien que c’est la question qui est débile, plus que la réponse qui sera mise dans l’urne.
Et si la réponse est paradoxale, comme dans le cas de notre question sur l'existence des petits hommes verts, c’est probablement aussi parce que la question est mal posée.
Question foireuse originelle : « sommes – nous seuls dans l’univers ? »
L’algorithme tourne en boucle, et on ne sait pas vraiment s’il donnera une réponse un jour
Nous proposons de reformuler la question, le programme, afin qu’il ne bugge pas.
Question reformulée : « sommes – nous seuls cons dans l’univers ? »
Là, il n’y a plus de paradoxe. La preuve par 4 :
- Être les seuls cons dans l’univers n’interdit pas qu’il y ait des extraterrestres aussi cons. Mais dans ce cas il y a peu de chances pour que l’on se croise. En effet, les grands esprits se rencontrent. Les petits esprits peut être moins, ce qui expliquerait pourquoi on a jamais croisé personne.
- Être les seuls cons dans l’univers n’interdit pas qu’il ait pu y avoir des extraterrestres aussi cons par le passé, mais qui étaient tellement cons qu’ils ont disparu. Ce qui explique alors pourquoi on ne les voit plus. Cette thèse est d’ailleurs défendue par un certain pan des cosmologistes.
- Être les seuls cons dans l’univers n’interdit pas qu’il existera demain des extraterrestres encore plus cons. Mais alors on ne sera probablement plus là pour les voir à l’allure où vont les choses.
- Enfin, être les seuls cons dans l’univers n’interdit pas qu’il existe des vies intelligentes quelque part dans l’univers. Et dans ce cas, on comprend aisément qu’ils passent leur chemin lorsqu’ils passent à proximité.
« Nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons », François Furet