Le 41e anniversaire de la révolution sandiniste et le naufrage du régime ortéguiste

Le 19 juillet 1979 marque au Nicaragua la chute du régime dictatorial et dynastique dirigé par la famille Somoza, père et fils. Depuis avril 2018, une partie importante de la population s'oppose au retour des mêmes méthodes dictatoriales aujourd’hui mises en pratique par Daniel Ortega et sa famille. 41 ans plus tard, Mónica Baltodano* revient sur cette histoire dont elle fut une des protagonistes.

Par Mónica Baltodano

Juillet 2020

Des milliers de Nicaraguayens ont donné leur vie au cours de la lutte populaire contre la dictature militaire somoziste pendant les quarante ans que celle-ci a duré. Le coût de douleur et de souffrance le plus élevé a eu lieu dans la phase finale, lorsque des hommes et des femmes, jeunes pour la plupart, se sont intégrés massivement pour combattre et participer aux insurrections qui ont mené au triomphe de la Révolution sandiniste, le 19 juillet 1979. Cela a été un chemin long, douloureux et plein de sacrifices. Et cela nous ne l’oublierons jamais !

Quels rêves habitaient les héros d’avril 1954, capturés et torturés à mort par la Garde nationale somoziste ? Qu’est-ce qui a poussé Ramón Raudales, un des généraux de Sandino, à reprendre le maquis en 1958 et à donner sa vie pour cette lutte ? Quels objectifs motivaient les combattants libéraux ou conservateurs, qui ont affronté la prison, l’exil et la mort durant les différentes étapes de la lutte contre le somozisme ? Quels idéaux ont poussé la jeunesse à s’engager dans la lutte armée sandiniste au péril de leur vie, comme l’ont fait des dizaines de héros ?

Les villes et les campagnes se sont couvertes de sang à de nombreuses reprises durant le long chemin qu’il nous a fallu parcourir pour en finir avec la dictature somoziste. En cours de route, des milliers de paysans ont disparu, sans même avoir, comme l’a dit Sandino, « un pouce de terre pour sépulture ». Des centaines de dirigeants ouvriers organisés au sein de syndicats socialistes ou social-chrétiens ont été emprisonnés encore et encore, comme Domingo Sánchez Salgado, « Chagüitillo ». Des centaines de femmes ont été violées dans les geôles somozistes, comme Lesbia, Doris, Rosi, Angela, Cándida, Amada…Et des civils ont été massacrés à cause des bombes larguées par l’aviation somoziste pendant les insurrections de 1978 et 1979.

Qu'est-ce qui a pu unir tout un peuple de différentes idéologies, formes de penser, origines sociales ou appartenances religieuses, pour qu’à travers différentes formes de lutte, il décide de se joindre au torrent national qui, en juillet 1979, a mis fin au régime despotique et criminel qui nous assujettissait ?

Au Nicaragua, après des années de résistance de toute sorte, nous avons réussi à forger un consensus pour lutter contre la dictature somoziste en raison de l’escalade brutale de la répression et des crimes contre la population. Un des plus aberrants et marquants a, sans aucun doute, été l’assassinat, en janvier 1978, de Pedro Joaquín Chamorro, journaliste et opposant bien connu. Après sa mort, même les opposants les plus modérés à Somoza ont pris conscience de sa nature criminelle et irréformable ; la population, de son côté, en a tiré ses propres conclusions : si la vie de Pedro Joaquín n’a pas été respectée, qui sera épargné ? Un consensus national soutenu au niveau international a donc été atteint : Basta ya de dictature !

Pour ce qui est de la construction du Nicaragua post-Somoza, la plus grande partie —mais pas l’intégralité— des guérilleros sandinistes, des leaders sociaux et du peuple en général, aspiraient à un modèle propre, issu de la réalité qui était la nôtre, avec ses limites et ses atouts. D’une lecture « à la nicaraguayenne » du marxisme a ensuite surgi la proposition de l’économie mixte ; faisant cohabiter l’économie sociale, coopérative et étatique avec la propriété privée et les mécanismes de marché. Nous sentions que nous avions un devoir envers le respect du pluralisme politique ; nous n’avions pas d’appétence pour le parti unique et nous n'étions pas intéressés par un alignement sur aucune des grandes puissances. En fin de compte, même si Somoza nous qualifiait de « communistes », la plupart des militants ne savaient même pas de quoi il s’agissait et leur lutte consistait à construire une société où le vote démocratique aurait du poids, où les gens pourraient s'organiser pour défendre leurs droits, où personne ne serait persécuté pour ses idées ni aucun opposant emprisonné ou tué en toute impunité. Et nombre d'entre nous rêvaient surtout que la fin de la dictature nous permette d’en finir avec la pauvreté qui frappait plus de 60% des Nicaraguayens. Le nouveau Nicaragua apporterait du progrès, de l'éducation, de la santé et du travail pour tous.

Il s’agissait aussi de bâtir un pays où les différentes croyances seraient respectées. Cette manière de voir explique pourquoi nous avons été des milliers de jeunes chrétiens et de prêtres à nous joindre à la lutte révolutionnaire, en accord avec nos convictions du « dieu des pauvres, humain et simple », célébré dans la Misa campesina[1].

En tous cas, je suis fermement convaincue qu’une grande majorité des Nicaraguayens étaient opposés à l’ingérence abusive des États-Unis —dont la longue histoire est bien connue— dans notre pays et dans la région. Cette position était également partagée par Pedro Joaquín Chamorro qui, bien qu’anticommuniste assumé, critiquait sérieusement les concessions avantageuses accordées aux capitalistes nord-américains pour exploiter les ressources du Nicaragua. C’est aussi pour cette raison que le consensus contre l’habituelle subordination de la politique extérieure du pays aux intérêts étatsuniens s’est vue reflétée dans le programme du Gouvernement de reconstruction nationale. Nous voulions instaurer une politique extérieure vraiment indépendante et non-alignée.

Ce sur quoi je veux insister, c’est que la lutte contre la dictature somoziste et pour un nouveau projet national en est venue à être un étendard auquel s’est rallié une grande majorité du peuple nicaraguayen. Sans crainte de me tromper, je peux affirmer que, à la date du 19 juillet 1979, seul le noyau dur du somozisme, en évidente minorité, restait fidèle au tyran et continuait de soutenir le régime imposé. Le 19 juillet a, par conséquent, été la victoire d’une irréfutable majorité sociale et une magnifique fête nationale.

On sait désormais que, malheureusement, après la victoire révolutionnaire, les rêves de démocratie, liberté, justice, progrès et indépendance nationale n’ont pas pu être pleinement réalisés. Cet espace ne se prête pas à expliquer pour quelles raisons, mais ce qu’il est important de rappeler, c’est l’impact qu’a eu sur le destin de la révolution, la guerre contre-révolutionnaire impulsée par l’administration Reagan. Une guerre au cours de laquelle, comme dans toute conflagration, on a déploré des milliers de morts, des atteintes aux droits humains, de la cruauté avec son cortège de douleur et souffrance pour les familles, dans un camp comme dans l’autre.

C’est ainsi que le gouvernement révolutionnaire a fini par confisquer les biens des opposants, au mépris de ce que dictait la Loi de réforme agraire et, pour survivre, il a fini par dépendre du camp socialiste dominé par l’Union soviétique ; une puissance qui n’avait jamais soutenu la guérilla sandiniste. Dans le même temps, la révolution a fini par commettre l’erreur de s’en prendre à des libertés essentielles telles que la liberté d'information, et a dû instaurer un impopulaire service militaire obligatoire.

Monica Baltodano, lors du 1er Congrès du FSLN en 1991 © Kassandra Monica Baltodano, lors du 1er Congrès du FSLN en 1991 © Kassandra
Le résultat, c’est que d’importantes ruptures se sont produites qui ont mis fin au consensus national. Pourtant, même après la défaite électorale de 1990, la grande majorité d’entre nous, qui avions pris part à la lutte et au projet révolutionnaires, a continué à le soutenir depuis des positions démocratiques sincères et profondément populaires. Par conséquent, il n’est pas surprenant que, malgré l’économie détruite, la casi inexistence de services sociaux, des entrepôts d’aliments vides et malgré l’énorme érosion causée par la guerre, la révolution ait conservé, dans ce scénario du pire, 40,8 % du soutien exprimé en voix.

Cependant, il est de notoriété publique qu’au cours des années 1990, une dispersion s’est produite au sein du sandinisme, produit de diverses scissions. C’est ainsi que le Mouvement rénovateur sandiniste (MRS) a vu le jour en 1995. Par la suite, certains d’entre nous ont dénoncé la dérive néolibérale, autoritaire et la pratique de répartition du pouvoir instaurée depuis les hautes sphères du FSLN, lorsqu’en 1999, Ortega a conclu un pacte avec le président corrompu Arnoldo Alemán en vue de se partager et de saper les institutions de l'État.

6 des 9 membres de la Direction nationale du FSLN en 1991: de gauche à droite: Jaime Wheelock, Daniel Ortega, Bayardo Arce, Henry Ruiz, Victor Tirado et Luis Carrion. Parmi eux, actuellement, seul Bayardo Arce ne s'est pas publiquement distancé de Daniel Ortega. © Kassandra 6 des 9 membres de la Direction nationale du FSLN en 1991: de gauche à droite: Jaime Wheelock, Daniel Ortega, Bayardo Arce, Henry Ruiz, Victor Tirado et Luis Carrion. Parmi eux, actuellement, seul Bayardo Arce ne s'est pas publiquement distancé de Daniel Ortega. © Kassandra
Mais au moment même où Ortega opérait une transmutation du FSLN, certains secteurs traditionnellement antisandinistes, contrerévolutionnaires, social-chrétiens, conservateurs ainsi qu’une partie de la hiérarchie catholique et du grand capital s’alliaient avec lui. Pour ne donner que deux exemples : lors de la campagne électorale qui a marqué son retour au pouvoir en 2007, Daniel Ortega avait choisi comme vice-président Jaime Morales Carazo[2], un des anciens chefs de la Contra ; par ailleurs, il n’a pas hésité à faire approuver une loi pénalisant l’avortement thérapeutique, pour s’attirer les bonnes grâces du Cardinal Obando y Bravo, haut dignitaire catholique du pays[3].

Le régime autoritaire d'Ortega et de son épouse, l’actuelle vice-présidente Rosario Murillo qui, depuis avril 2018, a clairement dérivé vers une dictature criminelle, a non seulement mis en pièces la structure institutionnelle démocratique déjà fragile du Nicaragua, mais a également liquidé ce qui restait des conquêtes de la révolution. Dédaignant le soutien d’un peuple organisé et défenseur de ses droits, il a opté pour entretenir des organisations totalement soumises et corporatistes : directions syndicales, corporations professionnelles, organisations de femmes et d'habitants, dont la seule devise est la défense d’Ortega, du gouvernement et de ses politiques en échange d’emplois et de prébendes. De centres universitaires critiques et autonomes on est passé à un contrôle absolu et fascistoïde des enseignements et des professeurs pour imposer le récit et le discours gouvernemental ; la participation citoyenne a été usurpée et remplacée par les mécanismes de contrôle ortéguiste. La police nationale, considérée comme professionnelle et indépendante depuis des décennies, est devenue une garde ortéguiste extrêmement répressive ; et l’Armée qui, au cours des années 1990, avait évolué positivement dans une logique patriotique et non belligérante, est devenue une pièce stratégique pour maintenir le dictateur au pouvoir.

De l’essence populaire et progressiste de la révolution sandiniste, il ne reste même pas des vestiges pour l’archéologie politique. Depuis le début de ce siècle, Ortega s’est incliné devant l’expression la plus réactionnaire du capitalisme, accordant toutes les garanties aux principaux détenteurs de capitaux nationaux et transnationaux. Les lois qui, sous les gouvernements précédents fixaient des limites et établissaient des procédures publiques et transparentes pour l’attribution de concessions aux investisseurs étrangers ont été dépouillées de leur contenu afin d’octroyer de forme expresse à ces entreprises, le contrôle de territoires et ressources naturelles. Le cas le plus pathétique a été la concession accordée à un homme d'affaires chinois, pour le projet de construction d'un canal interocéanique sur le territoire nicaraguayen. Toujours en vigueur, cette concession permet, même si le canal n'est pas construit, de disposer du territoire et du grand lac Cocibolca[4], sans limitation aucune et sans passer par les mécanismes juridiques et de contrôle de quelque nature que ce soit.

C'est ainsi que nous sommes arrivés au soulèvement civique qui a éclaté au Nicaragua le 19 avril 2018. Comme on a pu le constater, les demandes de justice et de démocratie d'une population autoorganisée s’est heurtée à un niveau de répression extrême de la part de la police et des forces paramilitaires ortéguistes. La Commission interaméricaine des Droits humains (CIDH) a documenté au moins 328 décès – dont 28 enfants –, plus de 100 000 exilés et 800 prisonniers politiques, dont plus de quatre-vingts sont toujours en détention.

Toutes ces politiques autoritaires, répressives et entachées de corruption, ainsi que les crimes commis depuis avril 2018, ont été exécutés au nom du sandinisme, de la gauche et d'un projet « chrétien, socialiste et solidaire », que l’ortéguisme qualifie cyniquement de « deuxième étape de la révolution ». A l’aide du contrôle absolu qu’il exerce sur les médias et d’une immense machine publicitaire, l'ortéguisme entend s’approprier de l'histoire de la juste lutte du peuple contre Somoza, de ses icônes, de ses emblèmes, comme il l'a fait avec le FSLN. Et malheureusement, il faut dire qu’il y parvient. Un certain nombre de combattants contre Somoza est resté proche d'Ortega ; allant jusqu’à se convertir en paramilitaires chargés des « opérations de nettoyage" et de la répression criminelle contre une population désarmée.

Daniel Ortega accompagné de son épouse au début des années 1990 © Kassandra Daniel Ortega accompagné de son épouse au début des années 1990 © Kassandra
Alors que le tempérament réactionnaire et bourgeois d’Ortega se révèle de plus en plus, les employés de l'administration Trump persistent à le qualifier de communiste, car ils ne veulent pas le reconnaître comme un dictateur de plus. D'autre part, certains au sein de la gauche internationale reprennent tel quel le discours d'Ortega au lieu d’examiner ses politiques et ses actions, et finissent ainsi par soutenir naïvement un dictateur aussi conservateur, corrompu et criminel que n’importe quel autre.

Par ailleurs, il y a ceux qui, par intérêt mesquin, persistent à assimiler la brutale dictature d'Ortega à la révolution de 1979 ; et les meurtres et crimes contre l'humanité commis en 2018 contre les citoyens, avec les morts résultant de la guerre civile des années 1980 ; conflit au cours duquel deux armées se faisaient face : l'armée sandiniste et la Contra, qui comptait 17 000 soldats lourdement armés.

Mais l'histoire, qui rétablit à leur juste place les faits, les motivations et les véritables héros, saura faire la différence entre les hommes et les femmes qui ont combattu et donné leur vie pour la liberté pendant quatre décennies (1950-1980) et les criminels qui, aujourd'hui, utilisent ce geste héroïque pour opprimer le peuple du Nicaragua. L'histoire saura distinguer entre le mérite de cette lutte menée par le FSLN de Carlos Fonseca[5] et la tragédie de ceux qui, manipulant les symboles et le discours de l'époque, agissent à l’inverse des idéaux de liberté, de justice, de démocratie et de respect des droits humains qui ont poussé des milliers de jeunes au combat.

Le FSLN d'aujourd'hui est un rictus macabre, très similaire aux organisations fascistes qui ont soutenu les coups d'État des années 1970, comme celui de Pinochet. Le dictateur qui opprime les Nicaraguayens ressemble beaucoup à Somoza et à Trujillo[6] ou à n'importe lequel de ces dictateurs de droite, car en réalité, toutes les dictatures sont ignobles et inacceptables. Cet Ortega n'a rien à voir avec les rêves de plus de 50 000 Nicaraguayens qui ont donné leur vie pour un Nicaragua libre.

Les Nicaraguayens assassinés, disparus ou morts au combat avant le 19 juillet s’étaient engagés avec les meilleures intentions, tout comme – il faut le dire – la plupart de ceux qui, d'un côté et de l'autre, sont morts pendant la guerre civile des années 1980. L’exemple des héros de ces époques a inspiré des milliers de participants au soulèvement pacifique de 2018 et les a poussés à se soulever et à lutter contre cette nouvelle dictature. Les morts de 2018, dont la vie a été injustement prise, sont aujourd'hui les icônes des nouvelles générations de combattants et ils entreront dans l'histoire aux côtés de ceux qui se sont distingués pour leur exploits par le passé.

Un des défis du présent est d'apprendre à regarder notre histoire sans la subordonner aux préjugés et aux récits idéologiques tendancieux. Il est impératif de connaître l'histoire afin d'en tirer des leçons et non pas de la déformer et l'adapter à notre idéologie ou à nos intérêts particuliers ou collectifs. Enfin, cet anniversaire de la révolution doit être l’occasion de prendre conscience qu'aujourd'hui comme hier, le peuple nicaraguayen continue de lutter pour la liberté, la démocratie, la justice pour les victimes et la justice sociale pour tous. Cela exige la relance d'un véritable projet de transformation qui unisse les forces vives du peuple nicaraguayen. Les nouvelles générations et leurs nouveaux dirigeants sont déterminés à relever ce défi, et nous, nous sommes résolus à les accompagner.

* Commandante de la guérilla de la révolution sandiniste, elle a joué un rôle de premier plan dans l'insurrection de Managua et le repli vers Masaya, ainsi que dans la prise de Jinotepe et de Granada. Pendant le premier gouvernement sandiniste, elle a été vice-ministre de la présidence [équivalent du premier ministre] et ministre des affaires régionales. Membre de la direction nationale du FSLN, elle a été élue députée en 1997. Après le pacte scellé en 1999 avec le président de droite corrompu Arnoldo Alemán, elle a rompu avec le parti, en opposition à la dérive perverse et autoritaire imposée au FSLN par Daniel Ortega.  Députée du Mouvement pour le Sauvetage du sandinisme au cours de la législature 2007-2012, elle est présidente de la Fondation Popol Na, dont le statut légal a été illégalement annulé et les locaux occupés en 2018. Historienne, elle a publié quatre volumes de MEMORIAS DE LA LUCHA SANDINISTA ainsi que d'autres textes : www.memoriasdelaluchasandinista.org

 Version en espagnol : https://confidencial.com.ni/el-41-aniversario-de-la-revolucion-sandinista-y-el-hundimiento-del-regimen-orteguista/

Traduction Kassandra

[1] Les vers cités ici font partie du chant introductif de la messe paysanne composée par l’auteur-chanteur-interprète nicaraguayen Carlos Mejía Godoy, très célèbre au Nicaragua et au-delà des frontières.

[2] Jaime Morales Carazo a également été l’éminence grise du Parti libéral constitutionnaliste (PLC), qui a permis à Arnoldo Alemán de se hisser au faîte du pouvoir (1996-2001).

[3] Le cardinal Miguel Obando y Bravo a, pendant des décennies, exercé une influence politique très forte et parfois déterminante sur le pouvoir. Durant la dictature somoziste, il fut amené à plusieurs reprises à jouer le rôle de conciliateur et de garant des négociations entre la guérilla du FSLN et la dictature. Après la révolution, il fut un fervent détracteur des sandinistes et le resta longtemps après leur défaite électorale de 1990. Ainsi en 1996, l’invention d’une fausse parabole biblique à la veille des élections contribua pour beaucoup à la défaite du candidat du FSLN, Daniel Ortega. En 2006, le mariage religieux de ce dernier et son soutien à une loi pénalisant l’avortement thérapeutique scella la réconciliation entre le prélat et le politicien (qui étaient d’ailleurs originaires de la même municipalité). Ce rapprochement ne s’est jamais démenti jusqu’au décès du cardinal en juin 2018, au plus fort du soulèvement civique commencé en avril 2018, et sur lequel il ne s’est jamais prononcé.

[4] Avec une superficie de 8 264 km2, c’est le troisième plus grand lac d'Amérique latine (après le lac Titicaca et le lac Maracaibo), et l'un des plus grands lacs d'eau douce du monde.

[5] Membre fondateur du Front sandiniste. Tué dans une embuscade en novembre 1976.

[6] Rafael Trujillo a régné sans partage sur la République dominicaine de 1930 à 1960.

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