« BYE-BYE, MON AMOUR », quatrième nouvelle de Tricia Natho

Texte violemment sexuel, ironique, subversif : « Je cherchais un homme. Nos corps se touchent à peine de peur que le désir ne les plaque contre un mur. Mes nus de femmes. Dans l’échancrure de leurs cuisses, on devine, la toison pubienne, l’ourlé des lèvres intimes qui s’ouvrent. Ces brutes ignorent que je ne suis pas une femme jetable, je suis romantique. » ... ( à suivre )

BYE-BYE, MON AMOUR

Depuis des mois, je ressentais le besoin de meubler ma solitude devenue trop pesante. Je cherchais un homme, une denrée rare en ces jours de pénurie. Je m’étais inscrite sur le site MeetYouEasy, sous le pseudonyme de « lune_de_miel_75 », où je visitais des dizaines de profils masculins. J’avais soigné mon annonce : Jolie femme de la quarantaine, subtile et pétillante, artiste peintre, attend l’homme qui l’enlacera des murmures d’une belle histoire, à écrire à deux et édité une photo à mon avantage, les cheveux lâchés sur mes épaules, les yeux cernés de noir et la gorge généreuse avec le sillon naissant entre les seins du décolleté. Je passais des heures à faire défiler les fiches, décrypter les indices descriptifs, imaginer des histoires singulières, deviner les zones d’ombre dans les lacunes du curriculum vitæ, à réinventer du rêve. Jem’épuisais, je me déprimais. Que des mythomanes, des pleutres, des pervers. Des déceptions à la pelle.

C’est là que la cruauté égotique des hommes s’étale avec le plus d’ostentation, d’obscénité. Ils prétendent être beaux et spirituels, vouloir tourner une page malheureuse, être en quête de la femme idéale dont ils ont toujours rêvé, avoir un désir sincère, des critères, des exigences. En réalité, ils vous donnent rendez-vous dans la chambre d’un hôtel minable, ils vous mettent à quatre pattes, ils pelotent vos seins, soupèsent leur volume, évaluent leur fermeté élastique, ils pincent vos tétons, ils relèvent votre robe, vous tirent par les cheveux pour vous montrer leur virilité, leur sens de la domination, ils tapotent votre cul d’une main leste, puis ils vident leurs burnes dans votre chatte sèche, en soufflant, en râlant, en hurlant comme des brutes, la tête en arrière, les yeux révulsés, la pomme d’Adam roulant de haut en bas, puis s’immobilisant dans les vibratos. Vous simulez le plaisir, mais dans le fond, à l’intérieur, ça cogne, ça blesse, ça déchire, c’est comme une viande dépecée. Ça vous dévaste, un vrai champ de bataille avec de la tripaille explosée, déchiquetée. Vous encaissez sans rien dire. Vous êtes malléable, mais stoïque.

Même pas un dîner aux chandelles, une conversation intéressante, des préliminaires. Pas une seule caresse. Juste baiser, consommer de la chair. Aucune imagination, juste la mécanique des gestes, des corps qui s’emboîtent, un rythme monocorde, sans invention, qui se frotte aux parois en faisant un chuintement, l’automatisme de la pulsion qui pousse leur queue indolente ou pressée d’en finir dans votre chair écartée, ouverte aux odeurs, à l’âpreté du sexe, aux fluides. Le ventre des femmes est une décharge, un immense dépotoir sans poésie, à ciel ouvert. Il gémit de mélancolie, d’attente déçue, du désir qui le poignarde, creuse un trou dans les muqueuses, les fait saigner. Aucun homme n’entend sa plainte qui s’étire jusque dans vos reins, ses doléances. Il se résigne, toujours généreux, toujours offert, il accueille des queues qui le salissent, avec le dégoût qui bave au bord des lèvres, se ravale en silence, ne s’efface pas.

Ces brutes ignorent que je ne suis pas une putain, une femme jetable comme un Kleenex, contrairement aux apparences. Je suis romantique. Celui que mon corps appelle de tous ses vœux, jusqu’à ressentir ce nœud douloureux dans le creux de son ventre inassouvi, ne figure pas dans cet inventaire de salauds que j’ai écumé. J’attends l’homme qui saura m’interpréter une partition originale avec des envolées lyriques et puis des intervalles, des silences. Je placerai ma main contre sa bouche pour qu’il se taise, pour l’empêcher d’entrer en moi et de geindre d’un plaisir trop rapide, pour qu’il me regarde avec pudeur et boive ma nudité, qu’il s’en souvienne toujours. Je voudrais qu’il me grise, sur l’oreiller, de la poésie de Louis Aragon Ah Les yeux d’Elsa qu’en s’y penchant pour boire Il verrait tous les soleils y venir se mirer S’y jeter à mourir tous les désespérés du monde, qu’il m’emmène sur les crêtes nocturnes des mers profondes, circulaires, inexplorées des géologues, qu’il me fasse tanguer sur les rimes sonores de ses caresses et entendre nos pulsations charnelles, intimes, qu’il dilate mes pores d’un désir encore inconnu, presque douloureux. Qu’il prenne le temps.

Il m’a fallu des soirées entières à visiter des profils, à cliquer, par pur masochisme, sur les fiches des hommes qui m’étaient passés dessus, pour qu’enfin une annonce émerge de la loterie, qu’elle attise ma curiosité, mon intuition, la violence du désir, insaisissable. Je crois l’avoir repérée, la perle rare, l’homme de ma vie : Bel homme de quarante-cinq ans, grand brun aux yeux bleus, journaliste, espère l’étincelle d’un soir qui rallumera le désir de pressentir l’avenir sur ses lèvres. J’ai défié le hasard, j’en ai forcé la porte, je l’ai invité à chatter en ligne. Nous avons échangé nos numéros de téléphone, nos adresses mail. Le virtuel a quelque chose qui me fascine, le pouvoir de libérer le verbe de ses chaînes, d’en faire un instrument de séduction audacieuse, sans tabou.

Sa voix est superbe. Grave et sensuelle. Elle me remue déjà. Il m’a donné rendez-vous dans une brasserie chic de la capitale. J’ai enfilé ma robe noire qui laisse deviner le grain de ma peau dans les entailles de tissu transparentes, à la hauteur de mes hanches. Il est vêtu d’un costume en lin bleu, sur une chemise blanche, qu’il porte avec une élégance nonchalante. Son sourire est craquant, tout comme sa voix. Je fonds déjà de plaisir, à plonger en apnée dans le bleu de ses yeux. Ses paroles me saoulent comme un vin capiteux, velouté et soyeux au palais, un rouge exquis de millésime. Je goûte à peine à mon assiette.

Sous la table, nos mains se cherchent, se frôlent, nos genoux se cognent. Je sens la chaleur monter en moi. J’ai envie d’écarter les cuisses. Il a senti mon désir, son regard pétille, étincelle, il me foudroie, un sourire complice étire ses lèvres. Je suis sûre que dans son boxer, sa queue est déjà dure, gonflée de suc, prête à éclater. J’ai envie de la palper, la faire glisser, de la sentir en moi. Je l’ai déjà enfermée dans ma chair. 

Dans la chambre d’hôtel qu’il a réservée, il m’emprisonne contre la porte, entre ses bras, son torse comprime mes seins, sa bouche a déjà happé mes lèvres, il enfonce un doigt puis sa langue, sa queue se frotte à mon pubis. Mes cuisses sont ruisselantes. Mes eaux font de petits clapotis. Sur le lit, c’est entre mes cuisses écartelées que sa tête se blottit, longuement. Je miaule de plaisir. Couché sur moi, son corps se tend en un seul muscle, ses reins se cambrent. Je le repousse et le retourne, je le chevauche, les jambes pliées contre ses hanches. Ses mains s’aplatissent sur mes seins, les tripotent. Je le sens m’inonder, jouir en moi, avec des spasmes de douleur jubilatoire. Mon cri traverse les cloisons. Allongée sur le dos, détendue, j’expire une longue bouffée d’air, en regardant l’ombre de la lampe qui s’allonge sur le plafond. Je grille une cigarette. Il a posé sa main sur mon ventre, avec douceur, avec tendresse, il le caresse comme si déjà, il regrettait de l’avoir quitté. Il me chuchote qu’il m’aime, déjà.

On a encore fait l’amour toute la semaine, dans la pénombre d’une chambre d’hôtel, au milieu de nos vêtements froissés, éparpillés sur la moquette, les draps du lit. Je n’ai pas le temps de quitter ma robe qu’il glisse sa main sous mon string, écarte la dentelle, puis s’enfonce doucement en moi. J’ai le visage et les seins luisants de sa salive. Puis nous nous rhabillons, encore trempés de nos sueurs, de nos liquides.

Je lui fais visiter la galerie où j’expose mes toiles, des nus de femmes, tout en rondeur, aux seins gonflés de sève. Dans l’échancrure de leurs cuisses, on devine, à peine esquissées, la toison pubienne, l’ourlé des lèvres intimes qui s’ouvrent au regard obscène qui les pénètre. Il les trouve flamboyantes de sensualité, dansle choix des couleurs, chaudes comme le rouge, l’ocre et le jaune qui se juxtaposent, se mélangent avec délicatesse, et les volumes pulpeux, enveloppés dans des courbes énergiques, pulsionnelles. Il me soulève et m’embrasse à pleine bouche, avec fougue, au milieu de la galerie, devant des visiteurs, médusés.

Il a fini par m’avouer qu’il était marié. Il m’a dit qu’il n’était qu’un homme ordinaire, pétri d’ambivalence, de petites lâchetés et contradictions, qu’il ne me méritait pas. J’ai laissé le silence s’appesantir, s’enrouler autour de lui et l’étreindre avec perversité. Il se pince les lèvres, il regarde les pointes de ses chaussures, tout penaud. Il me fuit, l’hypocrite. Je me demande pourquoi il m’a parlé d’elle aujourd’hui, pourquoi il a choisi ce jour-là, ce moment-là où j’ai encore envie qu’il me déshabille et me saisisse contre un mur. J'allume une cigarette que j’aspire en longues bouffées, élastiques. Il finit par me dire : Tu m’en veux ? Je lui dis qu’on se reverra demain, que je suis contrariée, que je n’ai plus le courage. Je le laisse mijoter dans l’anxiété que je le quitte, par dépit. Une fois dans la rue, je ressens le vide, infini, la peur qu’il m’échappe, et mon sang cogne dans mes tempes, les larmes me brûlent les paupières, je les retiens au bord des cils. J’ai envie de me jeter sous une voiture. Le soir même, je l’appelle, juste pour entendre sa voix qui me tord au-dedans, juste pour l’entendre me dire que je lui manque, qu’il regrette, qu’il me désire, très fort. Il n’a pas compris que je suis écorchée.

Cette nuit, je n’ai pas pu dormir. Je me suis retournée dans mes draps, je les ai mordus, de désir et de rage. Le savoir avec elle, dans le même lit, me déchire en deux. J’ai envie de m’introduire dans leur chambre, de la lacérer avec mes ongles, la jeter hors des draps pour me glisser à sa place et la regarder larmoyer, toute recroquevillée sur la moquette. Je me surprends à l’imaginer, brune et longue, sans relief, insipide avec un grain de peau sans saveur, une mère au foyer dévouée et fidèle. Je me demande s’il la désire, s’il arrive à bander pour elle ou s’il pense à moi très fort pour faire durcir sa queue, stimuler le désir, le faire durer. Sur le mur où dansent les ombres lascives de la nuit, je le vois nu, tendu comme un arc, au-dessus d’elle et sa main à elle qui dirige sa queue entre ses cuisses écartées, son ventre à elle qui palpite, dans l’attente. Cette vision me blesse, je veux la détruire, la brûler. Mon obsession d’elle me tenaille. Je me demande si elle jouit et comment elle jouit, quand il lui fait l’amour et qu’il a oublié jusqu’à mon odeur, qu’il respire son odeur à elle en enfouissant son nez dans le moelleux de ses seins, sous ses aisselles, je me demande si elle serre les lèvres pour ne pas crier, si elle pousse des petits soupirs énamourés, si elle halète comme une chienne en chaleur, si elle se met à pleurer en se lovant au creux de sa poitrine ou si sa chatte, aussi déshydratée qu’un désert sans oasis, qu’une terre aride qui n’aurait pas connu de pluie depuis des décennies, comprime son gland qu’il repousse en dehors, de toutes les forces du refus.

J’ai ouvert en grand la fenêtre pour inhaler l’air chargé des parfums obscènes qui affluaient de l’intimité des chambres pour pénétrer en moi, attiser le désir, lancinant, qui s’est noué au creux de mon ventre. La chaleur de la nuit s’est engouffrée dans ma chambre, sous ma peau satinée de sueur. Mes draps exsudent sa moiteur épicée.

Depuis son aveu de trahison, je sens que rien n’est plus comme avant. L’ardeur de ses gestes n’est plus mue par la même curiosité érotique, le même élan. La géographie de mon corps n’a plus de secret pour lui, il en a exploré tous les flancs escarpés, les chemins enfouis, les crevasses, les lacs. Il se lasse de moi ou il s’accroche à elle comme un bébé pendu au sein de sa mère.

Hier j’ai poireauté une heure dans la brasserie, à griller cigarette sur cigarette, à me morfondre, la gorge nouée. J’ai laissé un sucre se dissoudre au fond de la tasse, sans remuer, j’ai fini par boire mon café froid. Dans le miroir fixé au mur, en face de ma table, j’ai observé un couple qui se querellait. La femme, visiblement très agitée, se trémoussait sur son siège, elle parlait avec volubilité en pointant un index accusateur vers l’homme, comme s’il avait commis un crime. Des éclats de voix fusaient, des larmes. L’homme se défendait sans conviction. En se levant, la femme lui a jeté un verre d’eau au visage, puis elle a quitté la brasserie, la tête haute. L’homme est resté assis, il ne l’a pas regardée partir. J’ai trouvé la femme admirable, j’ai savouré son audace de femme humiliée, flouée, meurtrie. Jamais vaincue.

Dans la rue, je suffoque de chaleur. Mes lèvres sont sèches, je les humecte de salive, j’essaie de retrouver le goût de son sperme dans ma bouche, sa saveur iodée sur ma langue.

Il m’a appelée plus tard, dans la journée, il s’est excusé, il a eu une réunion imprévue pour préparer un reportage à Fukushima, dévasté par un tsunami, il prend l’avion demain pour une quinzaine de jours, il me téléphone à son retour. J’ai raccroché sans souffler mot. Dans la nuit chaude où je ne dors pas, refermée sur le silence de mon corps vide, assoiffé, la nuit chaude qui disperse les cendres de tous les brasiers étouffés, j’allume mon ordinateur. Je suis tentée de retourner sur MeetYouEasy mais je n’en ai pas le courage, l’énergie. J’ai envie d’éclater l’écran, avec un seul poing.

Il est parti sans me toucher, ni m’embrasser, sans même me regarder marcher, m’éloigner de lui, avec un pincement au cœur. Il a osé. Je compte les jours et les heures, je tourne en rond dans mon atelier, le ventre creux, tiraillé, je voudrais me cogner contre son corps, à sa peau tendue, faire rouler ses veines sous mes doigts, puis me fondre en lui, au plus profond. J’ai éclaboussé mes toiles de toute la haine que j’avais en moi, noire comme un tunnel sans fin.

Il est revenu assombri des paysages sinistrés du modernisme oriental, des vestiges et des ruines du progrès technologique. Mais je sais que ce n’est pas ça qui le chagrine. Nous accomplissons les gestes de l’amour dans les draps rêches de l’hôtel, puis je le harcèle : Alors, c’est à cause d’elle et tu ne veux pas me le dire ? Il s’allonge sur le ventre. Le visage enfoui dans l’oreiller, entre ses bras en cercle tout autour de sa tête, il se tait. Son corps sous le drap est comme un étang immobile où la lumière, jaillie des fentes des battants, se brise et se noie, prisonnière de la vase. Je martèle son dos musculeux de mes poings sans que ma colère suscite l’ombre d’un mouvement. Je bondis hors du lit et me rhabille dans l’embrasure de la porte. La rage impétueuse m’a déjà jetée dans la rue, mes sandales à la main. La chaleur forme une glue qui se condense dans mes pores, dans mes narines et m’étouffe.

Je me demande si je ne ferais pas mieux de vivre sans lui, mais l’idée qu’il puisse continuer à vivre sans moi, en dehors de moi, qu’il dorme avec elle, qu’il se souvienne d’elle chaque jour, de sa voix, de l’empreinte de son corps, de son odeur, qu’il la retrouve chaque soir, me rend furieuse.

J’ai acheté une arme au marché noir des armes de poing. La main crispée sur la crosse polie, le doigt sur la gâchette, le bras tendu, je m’entraîne, en plein air, à viser le cœur de la cible. Dans le vacarme des détonations, les balles de plomb ricochent et éraflent les écorces rugueuses, perforent les cercles concentriques d’orifices fumants de poudre noire et brûlante. J’exulte à chaque balle tirée, le front enfiévré par le feu qui claque.

Je l’ai appelé pour lui proposer qu’on se dise les choses, qu’on se revoie, une dernière fois si c’est ce qu’il souhaite. Je lui ai donné rendez-vous dans la chambre 126, la même qu’il avait réservée le premier jour. Quand j’ai franchi la porte, il était déjà là. Il m’attendait, debout près de la fenêtre. Il portait son costume en lin bleu sur une chemise négligemment déboutonnée. Je lui ai dit que j’allais lui montrer comment j’avais l’intention de me défaire de lui, puis j’ai sorti l’arme de mon sac. Il m’a regardée d’un air hébété. Il n’a pas bougé. J’ai calé le canon entre les deux yeux, dans le prolongement de mon bras, j’ai appuyé sur la gâchette. La balle lui a explosé le visage, son joli visage, de la chair en bouillie, écarlate, méconnaissable. Maintenant, il gît presqu’à mes pieds et son corps où glissent des ombres mouvantes remue un peu, avant de rendre son dernier souffle. Je vise encore la poitrine, puis l’entre-jambes, les balles s’enfoncent en douceur dans la chair qui tressaille, il y a du sang partout, sur la moquette et les murs, et je pourrais tirer encore sans trembler. J’ai intégré l’automatisme des gestes, sans état d’âme.

Je chantonne avec des inflexions mélancoliques dans la voix : Est-ce ainsi que les hommes vivent Et leurs baisers au loin les suivent...

Les lumières reflétées dans le sang qui s’étale s’épanouissent en silhouettes rubescentes sur les rideaux tirés. Je les regarde se mouvoir et onduler indécemment dans les pans qui frémissent, je me dis que finalement, il n’est pas si difficile d’éliminer un homme de sa vie.

 

" PRISONS "  Nouvelle 5 ( publiée, en trois parties, par Tricia sur son blog )

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