La lâcheté c'est contagieux : Nadia Remadna licenciée car menacée de mort

Nadia Remadna a créé la Brigade des mères à Sevran et se bat contre la délinquance et l’islamisme qui menacent les jeunes et les femmes. Elle est menacée de mort régulièrement et elle vient d’être licenciée de l’établissement où elle travaillait. Motif : elle est à risque ! Elle constitue un danger! Ou comment les victimes deviennent les coupables….et paient le prix fort de leur courage.

Nadia Remadna est une femme courageuse : elle se bat, elle témoigne, elle milite sur le terrain et va sur les plateaux télé. Elle se bat pour la tolérance, l'égalité des droits pour les femmes, pour la laïcité et elle n'aime pas les islamistes. Eux aussi ne l'aiment pas, ce qui lui vaut des menaces de mort, récurrentes. Du coup, la Principale du collège privé où elle travaille lui a signifié son licenciement. Motif : elle est devenue une personne « à risque » et fait courir un danger à l’établissement. A part quelques enseignants, elle n’a reçu aucun soutien. Pendant l’entretien, le chef d’établissement a passé son temps à défiler le travail social et militant de Nadia, sa regrettable popularité. Et de lui répéter qu’elle l’avait « bien cherché ». Quand Nadia lui a signifié l’injustice de cette décision, il lui a été répondu : « Je ne fais que mon travail ». On en connait d’autres entre 1940 et 1945 qui n’ont fait que « leur travail ».

Dans la bonne ville de Sevran, il semblerait que les Barbus soient plus appréciés que les féministes laïques. Beaucoup travaillent à la Mairie, mais pas Nadia. Pour elle, c’est Pôle emploi et les menaces mortelles. 

Difficile de comprendre comment des intellectuels, des militants, des imams trop tolérants sont la cible de menaces de mort dans une indifférence quasi-totale. A Drancy, l’imam Hassen Chalghoumi a été agressé par des islamistes, chez lui. Il ose défendre un Islam tolérant et non violent, il discute avec d’autres religieux, notamment juifs. Baptisé « l’imam des Juifs » par les islamistes, il est maintenant sous protection policière.

Difficile de comprendre comment on peut se mobiliser contre les violences policières, les atteintes à nos libertés quand elles viennent de l’Etat et d’un autre côté détourner le regard sur cette violence meurtrière qui cible et traque, patiemment, -on l’a vu pour Charlie- les militants de la tolérance et de la liberté.

Ces militants sont seuls, désignés comme cibles par une chaine de petites et grandes lâchetés qui les isole. Pourtant, la liste des morts s’allonge, on s’énerve un peu, on manifeste un peu et puis après on rajoute que, oui, ils ont été maladroits, alors….Alors, cela justifie ce qui leur arrive. Ils l’ont cherché !!

Comme les résistants pendant l’occupation…Je me rappelle un vieux pépé qui m’expliquait qu’à cause de la résistance, il y avait des représailles contre la population, des otages fusillés. Bref, ils abusaient. Ce pépé, pétainiste discret, n’est plus. Paix à son âme vide et sans dignité mais cette attitude est encore bien vivante.

Personne n’aime les soldats islamistes, leur propos et leurs actes font horreur mais les petites souris terrorisées ne veulent prendre aucun risque. Comme si notre petite tranquillité était encore une réalité : erreur tragique, la violence de l’horreur économique des néolibéraux, celle de l’Etat à leurs bottes, la violence de la catastrophe climatique et sanitaire nous tombent déjà dessus.

Alors, rentrer la tête et abandonner les Justes qui se battent courageusement, avec leurs petits moyens est aussi hideux qu’aveugle. A moins d’aimer la schlague et la dictature, mais ce n’est pas le cas des lecteurs de Mediapart, non ?

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