Sauvons les jardins ouvriers d’Aubervilliers : des potirons, pas du béton !

Un petit coin de paradis programmé à la destruction pour une piscine olympique et un solarium : Saccage gratuit pour les JO du patrimoine ouvrier et populaire....

 

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Pendant des années, en allant au boulot, je suis passé devant ces jardins. A ma gauche, en venant de Pantin, la cité des Courtilières, à droite, un moment de poésie, ces petits jardins, sept hectares en tout. On les voit dormir l’hiver, et repartir au printemps. Douce consolation pour ceux qui se lèvent tôt, chiffonnés malgré le café et qui reposent leurs yeux fatigués en passant le long de ce petit coin de campagne, hors du temps.

Mais voilà, on va les détruire, précieuse zone verte dans une ville déjà ravagée par le béton. Histoire de suffoquer un peu plus pour les prochaines canicules.

Je craignais les Jeux Olympiques : je sais ce que cela représente. Des milliards de déficit, des quartiers populaires détruits, de la pollution de chantier massive mais les jardins ouvriers, je pensais que personne n’oserait….

Mais si !! Pour une parade sportive entièrement récupérée par le business et flattant notre imbécile fierté patriotique, un des derniers petits coins magiques d’Aubervilliers va passer sous le béton, l’acier et le verre.

Démonstration fatale que le monde d’avant se cramponne à son suicide annoncé : végétalisation des villes ? Nan ! Dialogue avec la population ? Nan ! Maintien d’un patrimoine populaire? Nan ! Biodiversité? Alimentation locale? Chez les prolos, n'importe quoi!

Le rouleau compresseur des JO écrase l’humanité modeste et populaire, détruit avec une incroyable ténacité tous ces petits « privilèges » de pauvres qui bricolent toujours un peu de beau, de gentil dans leurs petits coins oubliés.

On nous dit que tous les jardins ne seront pas détruits, juste une grande partie. On arrache déjà des arbres dans les douves du Fort, en toute illégalité.

On détruit les jardins alors que des friches à côté pourraient accueillir ces installations dont je doute que les Albertivillariens en profitent un jour.

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 Il n’y a rien à dire : les quartiers populaires sont toujours les plus violentés. Pour les pauvres, le béton moche et rentable, c’est bien suffisant.. On détruisait les vieilles fermes d’Aubervilliers alors qu’à la même époque, le quartier du Marais, pourtant aussi dégradé, était rénové dans les règles de l’art. Aubervilliers est une ville qui s’est appauvrie en arasant son passé, incapable de voir la richesse de ce patrimoine ouvrier et maraîcher. Détruire les jardins ? Non, en créer plein d’autres, comme les jardins à pêchers du Haut Montreuil, casser le bitume et planter, s’échanger des plants, bricoler en discutant avec les autres.

Des potirons, pas du béton ! ils disent, les jardiniers.

Gentils jardins d’Aubervilliers, gentils jardins des prolétaires, gentils jardins contre la misère, la misère des promoteurs et des destructeurs d’Aubervilliers, aurait dit Jacques Prévert. Un poète oublié, comme les prolos d’Aubervilliers, d’ailleurs.

Ils ont besoin de sous pour leur lutte :

https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/collectif-de-defense-des-jardins-ouvriers-d-aubervilliers?fbclid=IwAR22jbqioKuo-xxrfJMzWJqnUfpds2BUt_zPkTTq6SXSDGYFnxmYTZ_DYSM

Pour les rejoindre, participer à la mobilisation, visiter les jardins, et plus d’infos :
www.facebook.com/JardinsAubervilliers/www.twitter.com/JardinsAuber
contacter par email : jardinpasdengin(@)riseup.net

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