Islamisme et musulmans, le grand amalgame

Les Bien-pensants et les Barbus : Pour éviter la guerre des identités, se développe une sensibilité particulière qui consiste à penser que l'islamisme est un mouvement de révolte avec lequel les forces de gauche doivent converger. Pour protéger les musulmans, est-ce vraiment la solution?

Pour éviter la guerre des identités, qu'est-ce qu'on ne ferait pas?

Qu’on ne vienne pas me dire que les islamo-gauchistes n’existent pas…

On les trouve…allez, chez ceux qui veulent une révolution, mais qui n’ont jamais revu leur copie après le désastre de la Terreur de 1793 et les révolutions russe, chinoise ou vénézuélienne. Donc, pas très républicains ni démocrates, ils ne sont pas très sensibles aux notions de liberté et de morale. Chez eux, tout est question de stratégie et de rapports de force. Ils pensent que les musulmans, essentialisés dans un islam rigoriste pur et dur, intolérant et communautariste sont les futures colonnes de la révolution qui s’annonce, en un effondrement généralisé du libéralisme mondial.

Il y a aussi les multiculturalistes qui se pensent de gauche tout en diffusant une idéologie libérale venue d’Outre-Atlantique.

C’est pour cela que chez eux le meurtre de Samuel Paty  ne provoque qu’un silence gêné, car après tout, il ne fallait pas choquer les musulmans.

Les musulmans ? Mais qui peut dire que tous les musulmans doivent s’horrifier de dessins publiés dans un journal qu’ils ne lisent pas ? Jusqu’à légitimer ces meurtres barbares ? On laisse parler à la place des musulmans les Frères musulmans et les salafistes qui détiennent en droit exclusif la sensibilité dite musulmane, avec l’agrément des bien-pensants dits de gauche.

Habitante du 93, je connais plus de musulmans que de catholiques, denrée plus rare et même exotique pour moi. Dois-je choquer si je dis que beaucoup ne mangent pas de cochon mais boivent de l’alcool ? Qu’ils ne font pas le ramadan ?  Pratique légère, partielle, partisane d’un islam moderne, dans le siècle. Ils sont là et on ne les voit pas. Ils récusent l’islamisme : certains l’ont subi et fui dans leur pays d’origine et détestent les Barbus. Ils ne sont pas forcément misérables, juste des travailleurs comme les autres, qui sont dans les luttes sociales et contre toutes les injustices, et pas seulement celles de leur clan. Leur intégration sociale est invisible, beaucoup sont partis des quartiers où l’influence des Barbus pourrissait leur vie et celle de leurs enfants. Certains sont devenus  apostats, tout tranquillement.

Il y a aussi les piétistes qui pratiquent une foi exigeante dans la non-violence. Ils veulent un Islam de paix et d’amour et ont peur, eux aussi, des Barbus et des voyous qui se comportent en maîtres dans certains territoires. Ceux-là sont scandalisés par les caricatures, les trouvent lamentables mais pensent que leur comportement exemplaire et tolérant est la meilleure réponse qui soit, loin des balles, des couteaux  des fanatiques. Ils le disent tout doucement : ce n’est pas ça l’islam…

Rien à voir avec le fascisme vert islamiste : d’où vient la Bête ? Idéologie importée de théocraties sanglantes, Qatar, Arabie saoudite où les travailleurs immigrés sont traités en esclaves et les femmes en utérus sur pattes. Inquiets de l’intégration et du métissage dans les terroirs koufars de ceux qu’ils considèrent comme leur propriété, ils financent des mosquées, des imams haineux, intimident, embrigadent les jeunes, les plus fragiles. Ils divisent, racialisent, séparent, ils rappellent leurs « obligations » aux potentiels apostats qui lorgnent d’un œil une vie tranquille et sans soumission. Ils demandent et obtiennent des postes à la Mairie, servis par des élus pleutres ou calculateurs.

Certains disent que, chut !! il ne faut parler de cela car les musulmans vont se faire agresser, en représailles des violences et des attentats. Silence.

Silence devant les réactions d’une jeunesse fanatisée. Les paroles de certains élèves révèlent un endoctrinement sectaire et précoce. Pour ceux qui pleurent sur les gosses amenés au commissariat après des propos violents en cours, je leur conseille aussi de pleurer sur le bourrage de crâne qu’ils ont dû subir dans leur entourage. Parce que des enfants ne disent pas spontanément ce genre d’horreurs. Parce que l’éducation sectaire que présupposent leurs paroles est aussi contraire aux Droits de l’enfant que cette interpellation. Ces gosses déjà fanatisés sont autant victimes de la violence de l’État que celle du sectarisme religieux qui les entoure.

Pour rappel, malgré la longue succession d’attentats, non, pas de représailles violentes contre les musulmans.

Alors, cette drôle de gauche, qui « protège »-t-elle ?  Les musulmans ? Ou plutôt les islamistes ?

Tous les pouvoirs sont fascinés par l’islamisme : il est compatible avec le libéralisme, d’où le business armes et pétrole que l’on connait entre nos démocraties et ces sympathiques théocraties.

Il plait à ceux qui se rêvent les futurs vizirs (de gauche) de ces califes-là (d’extrême droite). Ils aiment leur force, les trouvent beaux et respectables quand ils parlent bien comme Tariq Ramadan. Ils pensent qu’ils pourront les instrumentaliser.

Ils ne protègent pas les musulmans : au contraire, ils les abandonnent à la pression des islamistes. Dans les quartiers : embrigadement des jeunes, droits des femmes bafoués, voyoucratie machiste, ils détournent leur regard.  Il y  a des habitants qui résistent. Je pense à Nadia et la Brigade des mères de Sevran qui se battent sur le terrain, laïques et solidaires. Mais elles n’attirent pas les regards complaisants des bien-pensants qui habitent souvent, loin, loin de ces quartiers. Et qui ne veulent rien voir.

Donc, pas la peine de noyer le poisson.Il faut protéger les musulmans de l'islamisme, en le dénonçant, inlassablement.

 

 

 

 

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