Le climat de Mediapart rend fou

Ça cogne sec sur Mediapart. Sur les fils de commentaires. Dans les dépublications de la modération. La censure pour opinions divergentes, cataloguées comme « fausses nouvelles » ou « racisme ». On en sort consterné.

Je ne connaissais pas les dépublications : j’y ai eu droit récemment et je comprends mieux. Auparavant, je pensais en toute confiance qu’il s’agissait de propos vraiment problématiques : calomnies, injures, propos racistes, appels au meurtre… Je réalise qu’on dépublie des propos « différents » de la ligne rédactionnelle de Mediapart. Je ne savais pas que Mediapart était un parti, encore que, même dans un parti, il puisse y avoir des courants, des tendances qui nourrissent le débat et la réflexion. On cherche la masse, la pensée unique, pas des individus libres et critiques. Pas une gauche pluraliste et diverse.

Dans les commentaires, l’assimilation au fascisme de toute pensée ou remarque critique est la règle. Ou au racisme. Sous couvert d’antiracisme, on nous sert une théorie qui ressemble aux arguments des Frères musulmans ou des Indigénistes. On s’attaque à des universitaires ou des chercheurs, on délationne, on condamne : Gauchet : « extrême-droite », Guilluy, « extrême-droite »….La culture est incompatible avec ce type d’intolérance absolue, à ces condamnations non argumentées d’auteurs qu’on n’a vraisemblablement pas lus.

Un conformisme bien-pensant, binaire et intolérant : et tous ceux qui cherchent à relativiser ou à rappeler la réalité ont droit à un argumentaire bien balancé : raciste, fasciste, zemmourien, Cnews, islamophobe, Valeurs actuelles…. Ça hurle, ça invective et ça dénonce sec à la modération.

Par contre, étonnamment, jamais une volonté de convaincre, de discuter. De rallier à sa cause, pourtant, quand on milite à gauche, c’est le but, quitte à être patient et pédagogique. Mais ici, c’est plutôt l’anathème et la condamnation qui prévalent. 

Dans les fils de commentaires, on désigne comme raciste, zemmourien, antimusulman n’importe qui, quitte à coller des cibles dans le dos à des personnalités connues et haïes comme Caroline Fourest. La leçon de Charlie n’a pas suffi. On ignore d’un air embêté les attentats explicitement islamistes, on comprend les « souffrances » à cause du blasphème de l’assassin de Samuel Paty. Par contre, les intellectuels et intellectuelles arabes dénonçant le totalitarisme islamiste, inconnus au bataillon, jamais d’articles sur eux.

La mobilisation contre le néolibéralisme, la catastrophe climatique, quasiment rien. L’écologie, le social, les classes populaires, le réel, ça n’intéresse pas Mediapart. Le problème, c’est l’Islam, le racisme, l’islamophobie….Au lieu de mobiliser sur l’urgence, on dénie, on fait diversion avec les sujets les plus clivants. On casse la convergence des luttes.

Cliver, casser, diviser, embrouiller, pratiquer le déni. Et censurer, de plus en plus.

J’arrête là le masochisme, on est nombreux à ne pas penser comme cela et à partir…Ici, ça sent la violence et l’idéologie. Du coup, je me suis réabonnée à Charlie-Hebdo : ça rigole, il y a des interviews que je ne trouverais jamais sur Mediapart, comme celui d’Ayaan Hirsi Ali . Je respire.

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