Aveuglés par les improbables résultats de ce service censé, rappelons-le, lutter contre le trafic de stupéfiants, ministres et présidents successifs n’ont jamais manqué de parader avec son ancien patron, M. François Thierry, placé en garde à vue ce matin même, dans le cadre de la fameuse affaire d’importation de pas moins d’une quarantaine de tonnes de résine de cannabis durant ces dix dernières années environ.
Quel camouflet pour une institution se voulant garante du dogme prohibitionniste et de ses partisans désormais clairement présentés comme les alliés objectifs de trafiquants internationaux.
Comment dès lors oser encore défendre un dispositif dont on mesure chaque jour l’incapacité à juguler ce que l’on nous présente depuis toujours comme un fléau mais qui se révèle être en vérité un phénomène de société, pour ne pas dire culturel.
Ajoutons à la corruption, la gabegie financière, sociale et sanitaire que représente la prohibition. Les dégâts dans les quartiers populaires où chaque intervention policière mène à la restructuration des réseaux de vente à coups d’armes lourdes. Où les contrôles arbitraires des populations jeunes issues le plus souvent des « minorités visibles » alimentent la défiance et la haine anti-flics quand ces derniers, encouragés par leur hiérarchie à faire du chiffre en tentant d’appliquer une loi inapplicable, finissent par employer des méthodes indignes de leur fonction.
Dénoncer cet état de fait relève de la salubrité publique. C’est le devoir de la société civile de s’emparer de ce sujet alors que la plupart des responsables politiques font preuve d’une totale incompétence en la matière. Une initiative vient de naître avec la création d’un collectif de professionnel(le)s de la réduction des risques mais aussi d’organisations progressistes et surtout de mouvements d’usagers de drogues. L’association Écho en est à l’origine et publie ce jour une tribune dans le quotidien Le Monde. Un texte sous forme d'une pétition appelant à dépasser les courants politiques pour enfin réfléchir ensemble à l’inéluctable sortie de la prohibition des drogues.
Pourquoi alors ne pas commencer par le cannabis ?
Fédération des CIRCs
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