Engagés, comme ils se plaisent à le répéter, dans une coûteuse et infructueuse « guerre contre la drogue », les sociétés occidentales se voient aujourd'hui confrontées à l'ignominie de leurs choix politiques en la matière.
Comment en effet soutenir une impitoyable prohibition et s'offusquer par ailleurs que dans les pays du Golfe et en Asie notamment, les autorités appliquent ce dogme de la plus radicale des façons ?
Il n'est pas là question de juger de la culpabilité ou non des individus menacés d'une exécution car il faut être conscient qu'en matière de drogue, la Loi génère le délit, créant le crime là où il n'y en a pas.
Pris à leur propre piège, nos dirigeants gesticulent afin d'épargner des hommes et des femmes que leur aveuglement à ne pas vouloir leur reconnaître de droits condamnent pourtant de fait.
Le CIRC dénonce cette diplomatie du cynisme se résumant à dire « faites ce que je fais, et non ce que je dis », en réclamant finalement qu'à la peine capitale soit proposée l'incarcération à perpétuité. Faut-il être sans scrupules pour oser préférer à une exécution, toute une vie entre quatre murs ?
Comme toute les guerres, la « guerre à la drogue » provoque la mort de centaines de milliers d'individus. Des usagers d'abord, victimes des conditions dans lesquels ils sont amenés à se procurer et à consommer les substances interdites ; les producteurs ensuite, pris en tenaille entre les trafiquants et les autorités, et les citoyen(ne)s enfin, confronté(e)s aux effets délétères de cette politique (règlements de compte, assassinats, insécurité, mise en danger de la jeunesse, de nos enfants).
Seule l'abandon de l'idéologie prohibitionniste mettrait un terme à cette situation insoutenable. Plusieurs pays en Amérique du nord et du sud, s'y appliquent désormais.
Cette guerre perdue doit cesser, pour le bien de toutes et de tous pour en finir aussi avec l'irrésistible emprise des réseaux criminels sur nos sociétés.
Billet de blog 2 mai 2015
DROGUES : UNE GUERRE SANS (PEINE DE) MORT ?
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