Qu’à cela ne tienne, à défaut de résultats, contentons-nous d’abuser l’opinion publique par quelque manœuvres médiatiques d’enfumage, ici en simulant des « saisies record » de drogue (cf l’affaire OCRTIS/François Thierry), là en déclenchant des opérations aussi coûteuses qu’inutiles.
En Bretagne, c’est à l’encontre du secteur – fort dynamique par ailleurs – du jardinage domestique d’intérieur, qu’à été lancée une nouvelle croisade. À sa tête, le procureur de la République de Rennes, M. Nicolas Jacquet qui, le 26 septembre dernier, dépêchait une brigade du GIR et quelques gendarmes pour procéder à la fermeture de quatre magasins de la chaîne Indoor Gardens. Placés sous contrôle judiciaire jusqu’à leur comparution, leurs gérants se sont vu également signifier une interdiction d’activité. Que peuvent bien représenter quelques emplois et autant de taxes face à la nécessité d’appliquer une loi au demeurant… dépassée.
Car à bien y regarder, c’est l’exact contraire du but recherché qui risque de se produire. Invoquant la « complicité d'infractions à la législation sur les stupéfiants et provocation à l'usage de stupéfiants » à l’encontre des quatre prévenus, le magistrat comme l’ensemble des autorités, acceptent sciemment de livrer aux réseaux criminels des centaines de milliers de cannabiculteurs, ces « jardiniers de l’ombre » dont le seul crime est de justement avoir trouvé le moyen de se passer de ces réseaux tout en s’assurant d’accéder à des produits de qualité. Sécurité et santé pour les usagers, n’est-ce pas ce que devrait garantir l’État à ses concitoyens quel qu’ils soient ? Ainsi le parquet de Rennes ne deviendrait-il pas un allié objectif de ceux qu’il prétend combattre par ailleurs ?
Régulièrement prise en défaut par la Commission Européenne des Droits de l’Homme pour la nature inhumaine de ses prisons, et plus récemment par l’ONU pour celle, liberticide, de ses lois dites « antiterroristes », les autorités ne semblent cependant pas s’en émouvoir. Bien au contraire s’appliquent-elles à répondre ici par la construction de nouveaux établissements pénitenciers, là par le renforcement de la surveillance.
L’imposture prohibitionniste ne doit cependant pas nous faire oublier la nature avant tout hédoniste de la prise de drogues et profondément mensongère de sa représentation véhiculée médiatiquement. « LA drogue » c’est le plus souvent l’image du « junkie » avec les statistiques du cannabis. Rien à voir donc.
Espérons que les pathétiques démonstrations de force rennaises ne soient que les ultimes convulsions d’un système à l’agonie. Que rapidement le législateur prenne la mesure de la nécessité d’adapter le Droit au mœurs des Français(es) et non-plus l’inverse. Bref que les autorités accordent enfin des Droits à ces millions d’usagers de drogues injustement persécutés, plutôt qu’ajouter toujours plus d’injustice à l’injustice en choisissant par exemple de « contraventionnaliser » les consommateurs.
#DroguesPasdeVictimePasdeCrime
#ContraventionnalisationNonMerci
KShOO