La CPI peut-elle vraiment juger un des petits soldats de la « guerre à la drogue » ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – C’est la question que nous devrions nous poser au regard des potentielles poursuites que la Cour pénale internationale (CPI) pourrait engager à l’encontre du sinistre président philippin Rodrigo Duterte.

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Que lui reproche-t-on en réalité si ce n’est d’avoir pris au pied de la lettre, depuis 2016, l’appel lancé par le président étasunien M. Richard Nixon il y a près d’un-demi siècle, appel régulièrement repris par certains de ses successeurs et homologues étrangers ?

Car c’est de ça dont il s’agit, de cette ignoble et destructrice « guerre à la drogue », criminogène autant que meurtrière et dont les cibles sont principalement les « petites mains » exploitées par les réseaux criminels, ces fourmis, mules et autres modestes paysans amenés à se vendre pour éviter de sombrer dans la misère. Dans les pays occidentaux ce sont surtout les usagers stigmatisés et harcelés par des forces de l’ordre refusant d’admettre l’absurdité de la loi et l’inefficacité de leur mission.

Ce n’est donc pas un homme, aussi ignoble soit-il, que la CPI devrait juger, mais un dispositif international instauré il y a près d’un siècle par un courant autoritaire et moraliste venu d’Amérique du Nord. Ce système prohibitionniste sévèrement remis en question depuis quelques années et dont on peut désormais compter les jours.

Il n’en demeure pas moins que pour l’heure la route menant à sa complète abolition a la couleur du sang, celui, entre autres, de nos camarades amateurs de drogues philippins.

#StopLaProhibition
#ContraventionnalisationNonMerci

Fédération des CIRC

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