La voiture vient le percuter de plein fouet, blessant plus ou moins grièvement les passagers. Le jeune couple dans l’Opel, lui, décèdera sur le coup.
Un « banal » accident de la circulation du fait de conditions climatiques difficiles, que l’utilisation d’une voiture non équipée aggrave. Cela aurait pu s’arrêter là si, après les constatations d’usage, à savoir un test anti-drogues, Patrick n’avait été déclaré positif au cannabis. Et celui-ci de se retrouver jugé pour « homicide involontaire par conducteur ayant fait usage de produits stupéfiants », ce que défend la partie civile. Le tribunal ne suivra pas, fort heureusement et, requalifiant les faits, le condamnera « seulement » pour « conduite en ayant fait usage de stupéfiants ».
Abasourdi, l’avocat des proches des défunts pense faire appel de la décision. Son argument ? Si Patrick n’avait pas consommé de cannabis, peut-être aurait-il été en capacité d’éviter l’accident !
Nous en sommes là d’une campagne de stigmatisation anti-cannabis aussi irrationnelle qu’arbitraire entamée après un regrettable accident ayant entrainé la mort d’une enfant par un jeune automobiliste sans permis, alcoolisé et ayant été également révélé positif au cannabis. L’affaire avait à l ‘époque suscité d’autant plus d’émotion que les parents – dont on ne saurait nier la douleur –, avaient mobilisé les médias, appuyés par les plus virulentes associations « anti-drogues ». Soucieuses de légitimer un dispositif répressif alors très contesté, les autorités réagirent aussi promptement qu’irrationnellement, mettant sans doute ainsi un sérieux coup de frein à une possible réforme de la loi sur le cannabis.
Si la sécurité routière est un sujet grave, il n’en demeure pas moins que la question du cannabis est en la matière particulièrement délicate. D’une part parce que des traces non actives de THC peuvent être décelées longtemps après un usage même modéré, d’autre part parce que sa présence ne détermine en rien la capacité d’un individu à maîtriser son véhicule d’autant plus s’il en a l’expérience.
Le CIRC estime qu’il serait temps que des études sérieuses soient menées en situation, avec des usagers-experts et des novices, ceci afin de déterminer des effets réels du cannabis sur la conduite automobile.
Fédération des CIRC