LA PEUR COMME ARME DE DESTRUCTION SOCIALE

Nous y sommes. Nous le sentions venir ce « stade 3 », la pression savamment planifiée montait. Fermeture des établissements scolaires, des salles de spectacle, interdiction des manifestations sportives (avec comme conséquence la fin du matraquage médiatique des compétitions en cours, chouette !), c’était la « phase 2 ».

marianne-baillonnee

 

 

 

 

Depuis samedi, on ne rigole plus. Fermeture des restaurants, des bars et brasseries, des boîtes de nuits. Des cinémas et boîtes échangistes jusqu’ici épargné(e)s. Si le principe de précaution est louable, la méthode moins. Pourquoi par exemple annoncer la fermeture des restaurants avant la fin de la journée ? Obliger leurs chefs d’établissements à prévenir leurs client(e)s en cours de repas qu’est-ce que cela veut dire de la volonté de créer de la peur, de l’anxiété ?

Faire monter la pression en ne laissant ouvert que les commerces indispensables, alimentation, soins, banques, stations service… et buralistes ! Imaginez donc des millions de nicotinomanes n’ayant plus accès à leur drogue ! On mesurerait alors un état de dépendance bien plus grave que celui du aux drogues illicites…

Mais à côté de ça, pas question de remettre en cause les deux tours des élections municipales. S’il est un dispositif provoquant d’important chassés-croisés d’individus, c’est bien la mascarade électorale républicaine, cette parodie de démocratie.
Mais qu’à cela ne tienne, s’agissant d’un des fondamentaux de notre système politique pour en justifier la pourtant évidente futilité, pas question d’y renoncer. Qu’en bien même cela risque-t-il de provoquer une abstention sans précédent.

Quelle sera la légitimité de maires élu(e)s avec moins de 40 % de participation ? Les autorités le pourront-elles ? Oseront-elles seulement ?

Au-delà du danger réel que le COVID-19, ce sont de bien opportunes mesures de sécurité que l’État est amené à imposer. On ne parle plus des retraites, du 49-3, du climat (l’apparition du virus y étant pourtant lié). Finies les défilés anti-sexiste, on reste à la maison à s’exciter sur nos claviers, reléguant nos revendications à des manifestations virtuelles.

Et quoi de plus légitime qu’un État totalitaire érigé au nom de la santé. Qui pourrait le contester sans risquer de passer pour un ennemie de la Nation. Du peuple donc. Tou(te)s au pas, le petit doigt sur la couture comme il se doit. Et gare aux récalcitrant(e)s, aux renégat(e)s.

Et cela devrait durer des semaines, sans doute des mois. Impossible de faire des pronostiques. Le monde médical parle de 30000 à 300000 mort(e)s. Sans doute serons-nous nombreux(euses) à reprocher ces mesures radicales. À douter de la sincérité des autorités. Moi le premier.
Si à l’issue de cette « crise », les dégâts humains restent minimes, il y en aura tojours pour dire que c’était de l’esbroufe, sans réfléchir à ce que cela aurait pu être en l’absence de précautions. Une évaluation effectivement difficile à faire.

Pour ce qui est du côté positif de l’histoire, tout le monde se félicite de la baisse brutale de la production industrielle et des échanges commerciaux internationaux. La planète respire. Tout juste de quoi reprendre son souffle avant que l’anomie libérale ne reprenne sa folle course vers la mort…

Parler de nos jours d’ « extinction des espèces » relève de l’euphémisme, Isabelle Attard préférant évoquer, elle, une « extermination des espèces » de notre fait. Certes c’est effectivement l’activité humaine qui en est responsable. Mais de quelle humanité parle-t-on ? Certainement pas de celle d’une grande partie des pays de l’hémisphère sud qui, s’ils tendent à suivre l’exemple occidental, participent encore très peu au réchauffement climatique.

COVID-19 en agent anti-capitaliste, anti-libéral, peut-être. Liberticide, plus sûrement. Le « communisme » d’autrefois, puis les trafic des drogues dans les années 80 et enfin le terrorisme dernièrement n’auront pas suffit à mater les populations en colère. C’est au tour des virus d’être instrumentalisés. Jusqu’où cependant cela sera-t-il efficace ?

Hier encore, l’on moquait la ruée dans les commerces afin d’y faire des réserves. Ce n’était qu’un début. Rira bien qui rira le:la dernier(e) !

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