À l’occasion de sa séance du 19 juin, l’Académie de Médecine vient de nous accabler d’un énième communiqué de presse sobrement intitulé « À propos de la dépénalisation de la consommation du cannabis », au contenu à la hauteur de nos espérances. Ses auteurs précisent n’avoir « aucun lien d’intérêts avec le sujet abordé ». Nous serions tenter d’ajouter qu’ils n’en ont pas non-plus les compétences…
Le plus remarquable réside dans le fait que cet argumentaire énumère, à priori sans le vouloir, ce que le modèle défendu provoque depuis son adoption en 1970. « Chez les adolescents la conscience du risque encouru est associée à une réduction des consommations, c’est un fait démontré » ose-t-elle prétendre, après nous avoir expliqué son inquiétude quant à un usage de plus en plus précoce dans la jeunesse. Il faudrait être cohérents messieurs, l’interdit fonctionne-t-il ou non ? Il y est par ailleurs fait mention des taux de THC de plus en plus élevés. Pour ces deux exemples, comment en serait-il autrement en l’absence de règlementation ? Ça, l’Académie évite soigneusement de nous l’expliquer…
Son avis nous laisserait indifférent s’il ne pesait aussi fortement – comme celui de la corporation policière du reste – dans les choix de nos responsables politiques, plus promptes à entendre ces fadaises qu’à écouter les conseils et recommandations des professionnels de la réduction des risques ou des associations d’usagers.
Fédération des CIRC