COMMUNIQUÉ DE PRESSE – La République en marche… sur la tête !

Le GIR de Bretagne accompagné de la gendarmerie a procédé mardi 26 septembre, à des perquisitions dans des magasins de la chaîne Indoor Gardens spécialisée dans la culture d’intérieur, suite à une enquête préliminaire du parquet de Rennes pour « complicité d'infractions à la législation sur les stupéfiants et provocation à l'usage de stupéfiants. »

Il s’agirait, comme les autorités voudraient le faire croire, de lutter contre l’épouvantable de LA drogue.

La vérité est qu’il existe en France plusieurs centaines de ces commerces communément appelés « growshops » dont la nature tendancieuse des services proposés n’a d’égal que l’hypocrisie de notre société vis à vis du statut du cannabis. Ces échoppes répondent à une réelle demande, celle de centaines de milliers de cannabinophiles désireux d’accéder de ne pas financer les réseaux criminels en autoproduisant leur plante chérie tout en réduisant les risques liés à l’approvisionnement illégal (piètre qualité des produits, escroqueries, contrôles policier en possession…). En choisissant de s’y attaquer, les autorités se rendent une nouvelle fois complices des mafias auxquelles elles abandonnent un marché extrêmement profitable, la répression dynamisant de toute évidence la filière.

L’existence de ces boutiques spécialisées comme celles de toutes les entreprises œuvrant dans cette filière démontre s’il le fallait, la remarquable dynamique existant dans un secteur pourtant soumis à une législation des plus répressive, employant plusieurs milliers de personnes, faut-il le rappeler ? Ceci devrait au contraire amener nos dirigeants à une plus profonde réflexion sur la question de la régulation globale du chanvre récréatif et thérapeutique, comme l’ont fait plusieurs États sud et nord-américains.

Si d’aventure, les autorités françaises venaient à persister dans une stratégie aussi vaine qu’absurde face à l’inexorabilité d’une légalisation, le CIRC leur conseille alors de s’en prendre tout aussi logiquement aux fabricants de feuilles à rouler ainsi qu’à leurs distributeurs, les buralistes, tout aussi complices. Et pourquoi pas à l’industrie du tabac dont on sait que cette substance entre dans la composition des joints de cannabis…

Décidément, si l’avis de nos concitoyen(ne)s a considérablement évolué sur la question du cannabis, le législateur, lui, semble incapable d’en prendre la mesure. Il serait pourtant salutaire pour notre santé, notre sécurité et nos libertés, d’enfin adapter le Droit aux mœurs françaises.

Le projet de « contraventionnalisation » prochainement présenté à l’Assemblée Nationale, ne s’inscrit absolument pas dans cette logique progressiste comme le soulignaient les différentes organisations de la RDR et d’usagers des drogues auditionnées le 14 septembre par la mission chargée d’en étudier l’impact. Cette mesure ne fera que renforcer la défiance des populations les plus précaires – jeunes des quartiers populaires – victimes de contrôle au faciès et du harcèlement quotidien d’une police dépassée et impuissante, que la « contraventionnalisation » instituera désormais, pour la plus grande satisfaction des forces de l’ordre.

Sans doute ne tarderons-nous pas à en mesurer les conséquences désastreuses, mais gageons que la encore, les « ayatollahs prohibitionnistes » ne manqueront pas de trouver quelques improbables explications comme le manque de troupes pour mener leur stupide croisade.

#ContraventionnalisationNonMerci

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