CP – De l'amende forfaitaire à la forfaiture

En dépit des conseils avisés tant des acteurs de la réduction des risques que de certaines organisations syndicales de magistrats ou d’associations d’usagers des drogues émis lors des auditions de la commission mandatée pour cette occasion, le gouvernement a donc fait le choix de l’amende forfaitaire.

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Adoubée comme il fallait s’y attendre par la corporation policière, cette mesure dénoncée récemment par un collectif d’associations à travers un livre blanc largement distribué auprès des parlementaires, vient ajouter de l’injustice à l’arbitraire. Et ça n’est pas une « remise » la faisant passer de 300 à 200 € qui la rendra plus égalitaire et surtout applicable.

Le phénomène de la consommation de substances illicites ne correspond en effet en rien à la perception que politiques et législateurs en ont. Systématiquement présenté comme un « fléau », leur argumentaire repose paradoxalement sur la dénonciation de faits directement imputables au dispositif répressif adopté depuis plus d’un siècle. Une aberration que semble relever une opinion publique de moins en moins dupe de l’entourloupe.

Loin d’alléger le travail de policiers ayant sans doute mieux à faire que de réprimer des comportements individuels somme toute anodins, cette « contraventionalisation » s’inscrit dans la logique de la politique du chiffre instaurée sous l’aire Sarkozy comme le dénonce le collectif Police contre la prohibition récemment constitué.

À cette gabegie humaine s’ajoute un gaspillage financier, les sommes allouées à la répression absorbant la majeure partie du budget en dépit de son échec notoire. Et la prévention de se voir attribuer si peu de financement qu’elle se trouve bien incapable de répondre à ses objectifs.

La République continue de marcher… sur la tête, sans que ses dirigeants ne semblent s’en soucier. Indifférents à ce qui se produit en Europe mais surtout en Amérique, ils persistent à s’accrocher à un modèle dépassé, se révélant ainsi les complices objectifs des réseaux criminels. Quant à la violation quotidienne des libertés individuelles dans le cadre d’une société démocratique, cela ne parait toujours pas les émouvoir. Pour toute une partie de la population française adepte de plaisirs illicites, c’est un État de non-Droit qui règne.

#StopLaProhibition

Fédération des CIRC

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