Aujourd'hui, le 28 Août en début d'après-midi, à l'Élysée, Emmanuel Macron va négocier un deal mortifère.
L'objet de la discussion : bloquer encore davantage l'accès à l'Europe aux Pauvres, aux Noir.e.s, aux Arabes et aux Musulman.e.s. Mais aussi aux Opposant.e.s, aux Homosexuel.le.s, aux Syndicalistes, aux Femmes qui risquent des mutilations génitales, aux Victimes de guerres (souvent des nôtres, d'ailleurs), aux membres de minorités religieuses, à des populations persécutées en raison de leur appartenance régionale, culturelle ou linguistique, bref, aux candidat.e.s à l'Asile (en effet et pour ne citer qu'un exemple, je ne vois vraiment pas comment une personne LGBT pourrait tranquillement se rendre dans un bureau de l'OFPRA délocalisé à N'Djamena pour y déposer une demande d'asile sans craindre pour sa sécurité. (À ce propos, lire ce texte publié il y a deux ans sur ce blog : https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/070715/la-liberte-dexister) Le même raisonnement s'applique à toutes les personnes relevant des critères de la Convention de Genève sous les cieux démocratiques que sont la Libye, le Tchad et le Niger - des pays "zones rouges" où le ministère des affaires étrangères conseille d'ailleurs aux Français de ne surtout pas se rendre, sauf impératif -, sans parler de la recolonisation éhontée que ces mesures de re-création de frontières françaises univoques hors de France incarnent avec un génie merveilleux de perversité, un génie auquel nous sommes passés maîtres car nous avons une certaine expérience de la chose).
De fait, 600 000 personnes ont débarqué du continent africain sur les côtes de l'Italie pour y chercher refuge ces quatre dernières années, soit moins de 0,1 % de la population européenne (imaginez, à ce rythme, à quoi ressemblera notre vieux continent dans 4000 ans, houlala !). Nos gouvernants ont décidé de les constituer en menace (c'est très pratique, les menaces "extérieures" pour continuer à mener des non-politiques intérieures dénuées de toute vision, de tout courage et de toute imagination). Et nous l'avons accepté.
La somme en jeu : une vingtaine de milliards d'euros (sans parler de possibles réductions sur des rafales ou des mirages, ou encore de potentiels joint-ventures sur divers gisements miniers et forages).
Les récipiendaires : des chefs d'État (enfin, d'États...) pour partie autoritaires et corrompus jusqu'à l'os. Idriss Deby (en cours de 5e mandat consécutif, maintenu au pouvoir par l'armée française en 2005 et en 2008), le président nigérien Mahamadou Issoufou, ainsi que le chef du gouvernement d’« union nationale » libyen, Faïez al-Sarraj.
Le job : vigiles / matons / bourreaux / physios.
Le critère : contrôle au faciès.
Le but : flatter le racisme de la population européenne en entretenant le fantasme identitaire des Croisés pour continuer à remporter des scrutins / Conserver le pouvoir entre happy fews grâce à cet écran de fumée magique et inégalé que représente l'immigration.
Le carburant : notre lâcheté, notre indifférence, notre sentiment d'impuissance, notre résignation.
Mais bon, les milliers de morts en mer et dans le Ténéré, c'est pas si tragique, c'est pas "nous". Chez nous, Le Pen, elle a perdu la Présidentielle. Chez nous, on ne gobe que 50 cachets d'antidépresseurs par jour pour 1.000 habitants. Chez nous, on est bien (allez, avoue, entre nous..).
Précision à propos des categories du droit d'asile: ici.