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Billet de blog 3 janv. 2023

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Vidéo des violences policières et appel à soutien des exilé.e.s de La Chapelle

Ici c'est Paris, la "ville refuge". Ici la police harcèle, la police rafle, la police torture les exilé.e.s. Nous appelons toutes les personnes solidaires à venir nous soutenir, sur place, dans les rues de Paris pour faire face à la police, auprès des autorités compétentes pour faire cesser cette chasse à l’homme, pour exiger des solutions de logement pour tous.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Harcèlement policier, rafles, privation de sommeil : Voir la vidéo

Depuis des années, des politiques de harcèlement policier sont mises en place dans l'agglomération parisienne, et en particulier, ces derniers mois, dans le quartier de La Chapelle. Les évacuations successives des différents campements sont systématiquement suivies d'une véritable chasse aux immigré.e .s dans les rue de Paris. Pour empêcher la formation d'un nouveau campement, les policiers frappent, gazent, insultent, traquent les exilé.e.s à la rue et les réveillent, souvent violemment, plusieurs fois au cours de la nuit en leur disant de partir, leur confisquant leur matériel de survie. Ils sont allés jusqu’à interpeller 44 personnes le 21 décembre dernier, 5 autres le 2 janvier pour le simple motif qu’elles cherchaient à s’abriter pour la nuit sous le métro aérien à Jaurès.

Ici c'est Paris, la "ville refuge". Ici la police harcèle, la police rafle, la police torture les exilé.e.s. Car la privation de sommeil est une torture.

Parce que ces hommes et femmes sont considérés par l'État comme des indésirables, parce que leur vie ne compte pas. Parce que la police est le bras armé des politiques racistes qui visent à précariser, invisibiliser, décourager, briser, criminaliser les exilé.e.s. Parce que le projet assumé du gouvernement est de leur « rendre la vie impossible » ; parce qu’il faut les faire disparaître de nos rues, de nos vues, quitte à mettre leur vie en danger.

Pour les personnes exilées chaque jour, chaque nuit est un combat. Elles résistent collectivement et quotidiennement pour pouvoir dormir quelques heures, pour ne pas être repoussées hors de Paris, pour ne pas être dispersées, isolées, contraintes de se terrer dans les recoins les plus sombres et insalubres. 

Elles nous ont transmis ce texte pour témoigner, protester, appeler à les soutenir !

Appel des exilés de La Chapelle en lutte

28 décembre 2022 à La Chapelle, Paris 18e. Ce matin, comme tous les jours, on s'est fait gazer au lacrymogène à 5h30 par la police alors que nous dormions.  Certains policiers nous donnent des coups de pieds dans les côtes, dans les jambes. Ils nous soulèvent de force par terre quand on dort en nous insultant et en nous disant d'aller ailleurs : "Vous êtes Afghans, repartez là-bas", "Pourquoi vous êtes là ?", «Vous n’avez qu’à retourner en Afghanistan au lieu de venir salir nos trottoirs ». Un policier n'a pas voulu parler anglais avec nous parce qu'on est France.

On doit dormir assis car quand on s’allonge les policiers nous disent que c’est interdit, qu’on a pas le droit. On arrive à dormir maximum 2 ou 3 heures par nuit. La police vient tout le temps, tous les jours, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Cela peut être à 2h, 3h, 4h du matin. 

À chaque fois ils nous demandent de partir mais nous n’avons aucun endroit où aller, aucun endroit où dormir. Les policiers nous suivent toute la journée. Ils nous disent de partir, d'aller vers un autre endroit et ensuite quand ils nous voient ou nous suivent à cet endroit ils nous disent encore de partir et d’aller ailleurs.  

Toutes nos affaires pour dormir la police nous les prend. Plusieurs d’entre nous ont été arrêtés, simplement parce que nous avons essayé de nous installer sous le métro aérien pour dormir. Les policiers ont pris nos couvertures, nos vêtements, même nos téléphones.

À cause du harcèlement policier les associations ne peuvent plus venir distribuer à manger. Nous n'avons pas d'eau, pas de quoi manger, pas de toilettes. Toutes les toilettes publiques à proximité des campements ont été mises hors service. Lorsque nous nous installons quelque part la police nous nasse et nous interdit même de sortir pour aller aux toilettes. On est tous malades à cause du froid et de la rue. Certains sont malades plus que d’autres et en danger.

Quand des personnes solidaires, militants ou bénévoles, sont sur place la police se permet moins de choses. Mais dès qu’ils partent c’est bien pire, la police nous chasse de nouveau.

S'il vous plaît aidez-nous. Pouvoir dormir est notre première préoccupation. Nous demandons des logements pour chacun de nous.

Sans cela nous ne pouvons rien faire, rien construire. Pour ceux d’entre nous qui ont un travail cette situation est horrible.

Nous appelons toutes les personnes solidaires à venir nous soutenir, sur place, dans les rues de Paris pour faire face à la police, auprès des autorités compétentes pour faire cesser cette chasse à l’homme, pour exiger des solutions de logement pour tous.

Aidez-nous à avoir une meilleure vie.

Pour apporter votre soutien, vous pouvez venir sur place, à La Chapelle (suivez la police) / contacter les associations et collectifs :

Paris d’Exil

 https://twitter.com/paris_dexil

Watizat

https://twitter.com/AssoWATIZAT

18e en Lutte

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0dLBCqKjKQx5uwLy6q56gPgcFRtyZtYDwfYZpW6NKNt3iu8CuVso66iHwyUJrHnMgl&id=100057294136169

Relayer, partager cet appel. Interpeller les autorités :

Préfecture de Région, responsable de l’hébergement et du logement 

https://twitter.com/Prefet75_IDF

Préfecture de Police, responsable du harcèlement policier

https://twitter.com/prefpolice

Mairie de Paris, qui dit ne jamais être responsable de rien

https://twitter.com/Anne_Hidalgo

https://twitter.com/IanBrossat

Maire du 18e

https://twitter.com/mairie18paris

Crédits photos et vidéo de l'interpellation du 02/01/23 :  le DuQ 

Crédits vidéos (téléphone) : les exilés eux-mêmes et personnes solidaires

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.