Non, Pia Klemp ne confond rien. Par des parisien·ne·s solidaires

Bref rappel des faits sur l’hostilité municipale à l’encontre des exilé.e.s des rues parisiennes.

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Depuis le refus cohérent de Pia Klemp, la valeureuse capitaine du Sea Watch, de recevoir une médaille de la mairie de Paris, on assiste à une levée de boucliers pour défendre Anne Hidalgo, affirmant que Pia se serait trompée de cible.

Une énième tentative de justifier l’inaction et le rejet, qui ne fait que renforcer notre sentiment qu’il n’y a décidément rien à attendre des classes moyennes parisiennes qui osent continuer à se prétendre de gauche, cette gauche de gouvernement qui chaque jour creuse un peu plus profondément son propre tombeau. 

Anne Hidalgo c’est la femme qui :

  • Installe des barrières et des grillages sur chaque trottoir où des personnes tentent de se rassembler pour survivre, privant ainsi indistinctement, exilés comme Parisien.ne.s d’un même espace public et de toute rencontre susceptible de produire des solidarités;
  • Ne s’est jamais exprimée publiquement contre les violences policières quotidiennes exercées sur les personnes exilées à la rue, ni contre les contrôles au faciès et les rafles qui mènent ces mêmes personnes en centres de rétention, parfois même dans des vols vers Kaboul, Khartoum ou Bamako;
  • Alimente le spectacle médiatique orchestré par la Préfecture et le Ministère de l’Intérieur lors de chaque dispersion de campement de rue, qu’elle ose appeler “mise à l’abri humanitaire” alors qu’après 43 opérations policières de ce type à grand renfort d’ associations mandatées par l’État (FTDA, Emmaüs), chacun.e sait désormais que la majorité des dispersé.e.s retournera à la rue les jours suivants, quand d’autres, à travers le dispositif des PRADHA (Adoma) seront à leur tour expulsé.e.s vers des pays qu’ils et elles ont fui au péril de leurs vies;
  • Est responsable, via Dominique Versini, de la mise à l’abri des publics vulnérables (mineurs, malades, femmes et familles) dont on sait que 60% d’entre eux ne sont pas pris en charge;
  • Coupe régulièrement les accès à l’eau potable et aux douches municipales, y compris durant les canicules afin “d’éviter la formation d’abcès de fixation”, comme sa collaboratrice, Ivoa Alavoine, l’a doctement expliqué en août 2015 à la délégation d’exilés de la Chapelle qu’elle avait fini par accepter de recevoir deux heures à l’hôtel de Ville suite à une pétition fortement relayée dans les médias;
  • Fait scier un banc public rue Pajol afin que la Cuisine des Migrants et les Ptits dejs à Flandre ne puissent plus y poser leurs marmites;
  • Refuse de faire de la caserne désaffectée de Château Landon un lieu d’accueil, considérant qu’une pépinière de mode est une priorité supérieure et préfère parquer les demandeurs d’asile de l’autre côté des maréchaux, porte de la Chapelle, loin des regards des touristes, entre une déchetterie et un échangeur, sur l’un des principaux lieux de deal de crack de la capitale.
  • Met en scène  un spectacle de l’accueil permanent (meeting au Cirque d’Hiver, site internet consacré à l’accueil, oeuvre de Street Art au Champ de mars pour la journée mondial des migrants, etc.), qui sert de voile de bonne conscience pour les Parisien.ne.s soulagées de voir les trottoirs vides de pauvreté et de détresse et les rassurer sur la valeur marchande de leurs biens immobiliers.
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Cette liste non-exhaustive permet de constater que la politique de la Ville s’inscrit dans une totale continuité avec celle de l’État. Non Pia, tu ne confonds rien.

Anne Hidalgo, si vous avez des critiques à formuler sur la politique migratoire des ministères de Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Gérard Collomb et Christophe Castaner, il est plus que temps de vous faire entendre. Sinon, ayez au moins la décence de la boucler et de ne pas capitaliser sur le courage d’autrui.

Quant aux défenseur.euse.s de Madame Hidalgo, plutôt que de manifester une indignation sélective en pleurant sur les morts en Méditerranée sans jamais vous indigner de la situation parisienne à laquelle elle participe,  agissez ou fermez-la.

 

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