"#CORONAVIRUS: N’oubliez pas les familles rroms !

Les conséquences directes de l’épidémie de COVID19, les ont privé.e.s de leurs faibles moyens de subsistance et les exposent aux sanctions policières. Il est plus qu’urgent que les autorités prennent la mesure de la situation pour éviter une catastrophe humaine.

Face à l’épidémie de coronavirus, les familles rroms précaires voient leur situation considérablement s’aggraver.

Déjà laissées-pour-compte en temps ordinaire1, victimes d’exclusion et de discriminations2, les familles rroms démunies se retrouvent depuis le début de la pandémie, dans des situations dramatiques.

Les bidonvilles privés d’eau courante, sans sanitaires, sont de hauts-lieux de contagion où s’entassent enfants et personnes âgées sans autre solution d’hébergement - les hôtels du 115 pleins à craquer les laissant déjà habituellement sur le trottoir3. Souvent privé.e.s d'accès au soin, sans la moindre couverture maladie, ses populations rroms connaissent fréquemment de graves problèmes de santé (notamment des maladies respiratoires comme l'asthme ou la tuberculose...) dus à leurs conditions de vie insalubres4.

Ces derniers jours, les conséquences directes de l’épidémie de COVID19 - fermetures de banques alimentaires, des associations, de l’aide sociale - et le confinement généralisé, les ont privé.e.s de leurs faibles moyens de subsistance (petits boulots, «ferrailles», solidarité, charité...). Car la plupart des ces familles précaires n’a pas accès à l’emploi salarié ni aux prestations sociales (malgré ce que laissent croire les préjugés à leur encontre5) et se retrouve à présent sans la moindre ressource.

Elles n’ont de plus, souvent pas d'accès à internet ni à une imprimante, connaissent des difficultés à l’écrit (le taux d’illettrisme est important dans cette communauté très souvent exclue du système scolaire6) et elles risquent donc, de surcroît d’être verbalisées à la première sortie sans attestation.

Il est donc plus qu’urgent que les autorités prennent la mesure de la situation dramatique en cours et que leur réaction soit à la hauteur de la catastrophe humaine qui se joue:

Nous demandons une mise à disposition immédiate de chambres d’hôtel, la réquisition de logements vides et la mise à l’abri des familles des bidonvilles en urgence.

Nous demandons des moyens financiers conséquents pour pourvoir aux besoins de ces milliers de personnes sans ressources pour les prochaines semaines.

Nous demandons des colis alimentaires et des produits d’hygiène (notamment pour bébés) accessibles gratuitement aux plus précaires.

Nous demandons aux mairies et collectivités locales de prendre leurs responsabilités face à ces populations présentes sur les terrains municipaux et de ne plus ignorer la situation inacceptable des campements et bidonvilles.

Nous demandons aux associations de ne pas oublier ces familles isolées trop souvent laissées à l’écart des circuits de solidarité.

Nous demandons enfin au gouvernement - qui a retrouvé l’agent magique et 300 milliards d’euros pour les entreprises- de s’occuper de ces familles indigentes, pour arrêter la catastrophe humaine et sanitaire qui vient.

Au delà de la simple question de solidarité, il en va de la santé de tou.te.s, de ne pas abandonner une partie de la population à son sort.

Un collectif de militant.e.s solidaires.

PS: Nous apprenons à l'instant qu'un campement a été évacué par la police aujourd'hui à Montreuil, sans solution de relogement décent proposée, profitant du confinement des soutiens de ces familles.

 
1 https://www.cairn.info/revue-tumultes-2003-2-page-69.htm

2 https://www.romeurope.org/IMG/pdf/cp_cndh_romeurope_05.03.14.pdf

https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/18/quand-on-appelle-le-115-mieux-vaut-etre-francais_3497706_3224.html

4 https://www.premiere-urgence.org/comment-mieux-proteger-les-habitants-des-bidonvilles/5 

 5 https://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2013/12/20160722_guide_roms_2_edition_web.pdf

6 https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/actus/actualites/le-defenseur-des-droits-condamne-fermement-la-discrimination-subie-par-des-enfants

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