Jeudi 20 octobre 2010
Depuis l'annonce d'Anne Hidalgo d'ouvrir un centre d’accueil des exilé.e.s dans le Nord de Paris, la préfecture de Paris ouvre les hostilités !
Pas moins de 25 rafles ont eu lieu depuis le 31 Juillet, chassant systématiquement des exilé.e.s qui viennent d'arriver en France, Soudanais.es, Kurdes, Afghan.es, Ethiopien.es, Erythréen.es, privé.es d'accès à leurs droits. Les retards d'enregistrement de la demande d'asile à la préfecture sont supérieur à 1 mois, alors que la loi prévoit un délai de 10 jours maximum.
Pendant ce temps les exilé.e.s n'ont pas accès aux conditions matérielles d'un accueil digne : ni hébergement, ni ressources pour survivre.
Cette semaine pour la 24ème et la 25eme rafle, la préfecture de Paris a détruit les abris de fortune de 10 familles avec 12 enfants de moins de 10 ans dont un bébé de 1 an et un de 2 ans ! Et laissé 50 mineur.es isolés sans rien dehors. Certain.es n'ont pas 12 ans...
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La mairie connait le nombre de familles et de mineurs sur le camp, qui lui sont signalés par les collectifs, mais la préfecture n'a pas trouvé utile de s'en informer. Résultat, surprise de voir des enfants se réveiller et sortir des tentes, la police leur a demander de se réunir et leur a affirmé que la mairie allait s'occuper d'eux, avant même de se coordonner avec elle pour la mise à l'abri des personnes vulnérables. Aujourd'hui le réseau 115 et SAMU social est saturé, mais des milliers de places sont vacantes encore dans les centre pour demandeurs d'asile.
La préfecture justifie ses chasses absurdes aux exilé.e.s, familles, mineur.e.s isolée.s, par une soi-disant vocation à maintenir la ville à la hauteur de son image de marque auprès des touristes !
Moralité, pour sauver l'honneur de la capitale des droits de l'homme, des exilés, ayant parcouru des milliers de kilomètres à pieds, et croisé la mort sur la Méditerranée dormiront sans tentes et sans duvets ce soir, mouillés des pluies de l'hiver qui approche ….
Quand l’Etat va-t-il se décider à respecter les droits de ces personnes et à sortir de l’illégalité et de l’indignité permanentes dans lesquelles il se maintient depuis plus d’un an ? A combien de rafles les exilé.e.s et les personnes solidaires devront-ils encore faire face ? Combien de fois devrons-nous encore assister à ces scènes d’une brutalité invraisemblable envers des sujets de droits n’ayant commis aucun délit ?
Nous, exilé.e.s et personnes solidaires, exigeons un accueil digne, l’accès aux droits, et l’arrêt des brutalités policières envers les exilé.e.s et toutes les personnes à la rue !
Le Collectif Parisien de Soutien aux Exilés
photo: Rose Lecat