"Attentif.ves, ensemble !"
Le jour où nous avons empêché une déportation.
Notre PAF (Patrouille Anti-Frontières ) leur a mis des pifs.
Du coup, l'expulsion a fait plouf !
Aujourd'hui, on a gagné !
Mais ni Roman, ni les milliers de retenus, ni nous ne dormons sur nos deux oreilles.
La seconde expulsion était prévue depuis le 18 octobre.
La troisième pourrait arriver par surprise.
"Please mind the gap between the police and the justice."
Entre temps, ce lundi, le juge "des libertés" mais surtout de la Détention (qu'on appelle dans le milieu, Monsieur 100 %) a prolongé la rétention de Roman.
Ce tribunal a de curieuses pratiques pour promouvoir la Justice.
Il est construit dans l'enceinte d'une caserne et est attenant au CRA du Mesnil-Amelot.
La prison pour Étranger.es est installée au bord d’un champ de maïs et est survolée par les avions qui se posent et décollent de Roissy.
Agrandissement : Illustration 1
L’annexe du Tribunal de Grande Instance de Meaux, en Seine-et-Marne est cernée à sa droite par une compagnie de CRS et donc, à sa gauche, par le Centre de Rétention Administrative. Cela participe sans doute de l'impartialité de la juridiction.
En 2011, la Cour de cassation a jugé qu’une salle d’audience ne pouvait pas être placée dans un centre de rétention mais devait être «autonome».
Il y a 11 places assises pour le public dans le tribunal et une chaîne sur le portail.
L'ambiance est carcérale.
L’association ADDE (avocats pour la défense des droits des étrangers) a indiqué qu’il n’y avait aucun moyen de s’entretenir avec les familles des retenus, «sauf sur le parking» et elle a dénoncé le fait que les retenus soient "conduit.es à l’audience par un couloir interne, pas par la rue, qui passe par le centre de rétention, la Compagnie Républicaine de Sécurité puis le tribunal, ce qui en dit long sur l’autonomie de cette salle."
Et après certain.es osent encore dire que la justice des étranger.es n'est pas une justice d'exception.
Roman avait un mauvais traducteur qui n'a rien traduit de ce qu'il a dit. L'avocat commis d'office qui a découvert son dossier 5 minutes avant l'audience, n'a rien plaidé.
Il était furieux après le jugement.
Il a appris l'heure de son audience 1h avant.
"Please mind the gap between the CRA and the airplane."
C'est entre autres ce que les 10 personnes qui composaient la Brigade Internationale de notre Patrouille Anti Frontières à l'Aéroport Charles de Gaulle on dit aux passagers dés 7h15 ce matin.
Sept nationalités étaient représentées:
Iran, Maroc, Roumanie, Mali (vive la CSP93), Italie, France et... Bretagne.
Problème, pas de guichet pour Oslo, juste un enregistrement automatique.
Conséquence, dans la nuit et le brouillard, au terminal 2G, la patrouille saute à la gorge de toute personne descendant des navettes."vous allez à Oslo ? "
Plusieurs sont bien disposé.es, elles nous demandent comment aider.
Les jours avant, on avait fait 5 recours. Ils sont non suspensifs, mais Roman avait des preuves sur lui au cas où. Nous savons maintenant que ces dossiers sont sur le bureau de la magistrate.
On a également contacté les assos de défense des migrant.es en Norvège et envoyé de la doc. Le fait de croiser l'expérience des syndicats,organisations et celles des sans papiers de recueillir leur témoignage s'est avéré utile, pour que Roman comme nous sachions précisément quoi faire, quand et comment.
Certain.es employé.es de l'aéroport,des syndicalistes et de salarié.es des compagnies aériennes nous disent qu'ils aimeraient bien nous aider après avoir lu nos tracts bilingues Anglais-Français.
Nous toucons une trentaine de personnes sur le vol AF 1774.
Pendant ce temps là Roman attend.
Personne en dehors de nous ne l'informe de rien.
Une torture psychologique, où le couperet peut tomber à tout moment.
Dans la nuit, il s'est réveillé paniqué en pensant à ce matin.
De là où il est, il entend et voit passer les avions en permanence.
Le CRA est à deux pas, ils risquent de l'amener a la dernière minute.
"Attention des officiers de la PAF sont présents dans l'aéroport".
La Police aux frontières finit par nous aborder.
"Qu'est ce que vous faites ici, est ce que vous avez déposé ce rassemblement? Papiers svp."
On ne leur rappelle pas que leurs collègues manifestent illégalement chaque nuit.
On se fait contrôler après avoir tenté d'expliquer et on continue.
Les militaires présents sur le coté du bâtiment, on ne sait pas pourquoi, la mains qur la gâchette nous regardent de travers.
8h45, ils reviennent et nous disent avoir appelé l'Etat Major pour l'informer de notre présence. Ils ajoutent que Roman ne part plus, qu'on peut partir.
Mais la PAF se méfie de son homonyme en bleu.
De plus, "l'avion est retardé à cause du brouillard" nous apprend une passagère prête a refuser de s'asseoir pour protester et empêcher l'avion de partir avec notre ami dedans.
Du coup, on attend et Roman aussi, dans sa chambre-celulle.
"Attention si tu es escorté, la police peut te serrer très fort".
10h17, nous recevons un texto d'un passager dans l'avion: "Embarquement terminé. Il n'est pas à bord."
Joie? Oui !
Fin du combat ? Non.
Il faut tenir encore 17 jours pour qu'il sorte.
Nous savons que plus le temps passe, et plus il y a de risque qu'ils viennent le chercher par surprise.
Plus le temps passe, plus l'expulsion sera brutale.
Nous recherchons un élu du 77 pour témoigner pour Roman.
Jean Francois Copé n'est malheureusement pas disponible car il distribue des pains au chocolat hallal.
Au CRA, on retrouve Roman. Son regard pénétrant, son visage souriant, ses accolades énergiques, ses mots pleins d'espoir laissent penser qu'il y croit.
Il est déterminé à se battre jusqu'au bout.
Plus on les embêtera, plus ça leur coûtera cher, moins ils expulseront.
Ce genre d'expérience démontre que il ne tient qu'à nous de faire en sorte que le pire ne soit pas certain.
Après l'expulsion de Khalil, ligoté, piqué pour l'endormir et affublé d'un casque en mousse, nous étions certain.es à nous promettre d'empêcher les expulsions. Et aujourd'hui on a réussi.Enfin.
Allez à la manif de la La CSP75 - Coordination 75 des Sans Papiers pour la fermeture des CRA à Plaisir vendredi prochain.
Il faut aller rendre visite au étrangers, ne serait ce que pour découvrir les conditions dans lesquelles ils sont maintenus. Mais surtout, pour donner du courage à tous ces opprimés de l'arbitraire d'un racisme institutionnalisé.
Hier, il y a eu une trentaine d'arrivées en provenance de Calais.Au CRA Mesnil Amelot. CAO+Barbelés telle est la politique gouvernementale.
Si les gens n'étaient pas enfermés, on n'aurait pas a faire tout ça.
Bagagistes, personnels de bord, commandants de bord, co-pilotes, voyageurs, touristes, refusez de voyager avec des déporté.es !
Roman ne partira pas !
Roman ne partira pas et on fera la fête en sortant !
Roman ne partira pas,et on fera une fête à faire tomber les murs pour tous.tes les autres !
He is not going back et nous non plus !