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Billet de blog 1 juin 2016

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La mairie promet un camp, et pendant ce temps, à Eole il pleut, par Agathe Nadimi

En attendant l'ouverture de ce "camp humanitaire" on compose avec ce campement aux conditions inhumaines, insalubres qui frôle le drame sanitaire... sans aide de la mairie... et on espère une énième évacuation... il pleut, il mouille, et c'est la fête à la mairie ...

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Pourquoi je ne saute pas au plafond ce soir suite à l'annonce de madame Hidalgo?
Je ne saute pas au plafond car je rentre d'Eole après une très difficile journée.

Illustration 1
© AN

Environ 1000 personnes dormiront dans des flaques d'eau et la boue ce soir sans même une tente ou une couverture fournie par la mairie de Paris... énormément de nouveaux arrivants aujourd'hui dont femmes et enfants... ils sont trempés, épuisés, une femme est repliée sur elle même dans sa tente, traumatisée par sa traversée en mer, un autre s'est pris un coup de couteau dans le dos (parceque stalingrad c'est pas Neuilly) qu'ils sont a bout par tant de misère et trop peu d'aide... une femme âgée est congelée, des gamins malades... les uns réclament des tentes, d'autres des couvertures, d'autres des chaussures.. toujours les mêmes appels.. toujours aucune aide immédiate... Pourtant largement suggérée par téléphone ce matin aux services de la mairie théoriquement concernés...
Je ne me rejouis pas ce soir, car depuis ce matin 8h, la bande que nous sommes, innondons la mairie de Paris de courriels pour faire part de notre indignation face à cette crise humanitaire que nous vivons au quotidien sur le camp... l'annonce d'Hidalgo parait pour le moins "médiatique" du coup...
Je ne me réjouis pas car comme hier soir, et les soirs d'avant, je me demande comment nous allons réussir à cuisiner pour eux demain midi, trouver assez d'assiettes, de gobelets, de fourchettes et quelle boulangerie aura un stock d'invendus à nous donner...
Je ne me réjouis pas ce soir car l'annonce est trop évasive et que tant que nous n'aurons pas vu l'endroit, pris connaissance d'une date et du plan d'intégration de nos amis, ce sur du long terme avec des garanties d'avenir, il n'y aura pas de quoi se réjouir...
Je ne me réjouis pas non plus ce soir, car la foule de radios arrivaient quand je partais après mon 11h- 17h de bénévolat sur le camp pour venir questionner les soutiens sur leurs avis sur cette annonce... on les a tellement attendu avant pour venir dénoncer cette situation... pour rallier du monde à cette noble et grande cause pour solliciter l'action... Je n'avais pas eu l'information car mon portable n'avait plus de batterie et j'avais littéralement la main dans la boue...
Ce soir, définitivement je n'ai pas le cœur à me réjouir... non.
Je pense à eux dehors (encore... ) sous la pluie en tongs et sans rien... je préfère me réjouir d'une paire de chaussures trouvée, d' une tente apportée, d'une météo plus clémente et du calme sur le campement.

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