Expulsés le Jeudi, évacués le Vendredi,

La seule cohérence du pouvoir c'est d'invisibiliser les migrantEs

Ce vendredi 30 octobre les migrants qui s'étaient réinstallés place de la République ont été évacués vers des centres.

A 16H00 une cinquantaine de migrants présents ont été encerclés par les CRS avec la présence du directeur du cabinet du préfet et de représentantEs de la mairie et des cars sont arrivés pour les envoyer dans des centres d'hébergement.

A cette heure là tous les migrants du campement n'étaient bien sûr pas présents. Les migrants encerclés ont refusé de monter dans les cars tant que la trentaine de leurs camarades arrivés dans les minutes suivantes puissent partir avec eux.

Leur détermination a payé : ce sont finalement 88 migrants qui sont montés dans les cars.

MAIS :

- une cinquantaine d'entre eux arrivés un peu plus tard sont restés sur le carreau : "on a déjà fait beaucoup" a dit le directeur de cabinet du préfet

- malgré le fait que ceux-là restaient à la rue, la police a démantelé le campement sur ordre de la mairie et de la préfecture

Quelle est la cohérence de cette politique des autorités ? Le jeudi matin elles expulsent violemment les migrants. Le jeudi soir elles cèdent devant une manifestation et laisent le campement se résinstaller. Le vendredi il s'avère que des places existent dans des centres d'hébergement tout en laissant une partie des migrants à la rue. Et tout cela, topujours, sans jamais concerter les migrantEs.

La seule cohérence du pouvoir, c'est clair, c'est d'empêcher par tous les moyens de visibiliser la situation des migrantEs, leur existence même. Au moment où dans toute l'Europe le nouveau mot d'ordre des gouvernements n'est plus "accueil" mais "déportation".

Les migrants se sont donnés rendez-vous à 12H00 ce samedi place de la République "hébergés" et non-hébergés pour faire le point et participer à la marche de la dignité.

Ca ne finira jamais. La lutte non plus.

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