Penser la liberté de circulation : pour une approche critique et prospective des politiques migratoires

Étudier les alternatives à une politique migratoire toujours plus répressive : telle était l’ambition du séminaire international sur la liberté de circulation qui s’est déroulé à Bruxelles les 11 et 12 décembre derniers.

[Extrait de la synthèse du séminaire proposée par Jean-Pierre Cavalié, La Cimade Sud-Est.]

Le contrôle des frontières apparaît comme une véritable obsession politique, au sein des gouvernements et des instances européennes. Il se traduit par une militarisation qui engendre quantité de souffrances, de violations des droits et de morts. Humainement parlant, elle est du domaine du scandale et de la honte. Sa gestion est en grande partie arbitraire, opaque, et mal maîtrisée par les instances élues.
Il est donc important de questionner ces choix politiques de base et d’explorer les possibles modalités et implications – et les possibles mesures d’accompagnement – de l’instauration d’un régime de migration libre qui pourrait être défini à grands traits par : liberté de circulation, liberté d’établissement et égalité de droits.
Pour ce faire, un séminaire international, organisé par plusieurs associations, s’est déroulé à Bruxelles les 11 et 12 décembre derniers. De nombreux sujets y ont été analysés et discutés, notamment :

  • La remise en question du nationalisme comme a priori idéologique dans l’élaboration des politiques migratoires.
  • La question de l’efficacité du contrôle et de la fermeture des frontières.
  • La question des droits fondamentaux et de leur application : droit à la mobilité, droit d’asile…
  • Les impacts économiques, politiques et sociaux qui seraient occasionnés par une ouverture des frontières.

Les conclusions de ce séminaire tendent vers  l’ouverture des frontières qui pourrait être réalisable relativement rapidement. Économiquement, elle serait très profitable aux collectivités, mais il faudrait l’anticiper par une politique et une pédagogie de l’hospitalité comme valeur et pratique fondatrice de sociétés justes dans un monde de paix. Il faut surtout expliquer en quoi les migrations font partie de l’histoire de l’humanité, que leur état est une conséquence de l’évolution du monde, qu’elles sont un fait structurel et surtout un droit fondamental. Elles ne sont ni un problème, ni une solution, mais une réalité humaine complexe et essentielle, c’est-à-dire propre à l’être humain et probablement à toute forme de vie sur terre.
Ce travail n’est pas hors d’atteinte ; il est de l’ordre du choix de société. Il est une alternative à la véritable guerre aux migrants à laquelle se livrent la plupart des États, particulièrement en Europe

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