«Protéger notre mode de vie européen» : attiser les peurs au mépris de l’humanité

La Cimade s’indigne du choix de cet intitulé de portefeuille qui va superviser les questions migratoires de la nouvelle Commission européenne.

La présidente élue de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, a annoncé ce mardi 10 septembre les affectations des 26 commissaires européen∙ne∙s qui composeront sa nouvelle équipe de direction politique. Parmi celles-ci, la nomination du vice-président grec Margaratis Schinas qui supervisera notamment les questions migratoires – en parallèle de la sécurité et du marché du travail – et dont le portefeuille a été renommé « protection du mode de vie européen ». La Cimade s’indigne du choix de cet intitulé qui, au-delà de sa dimension idéologique, confirme l’approche adoptée, orientée vers un renforcement des logiques de rejet, de dissuasion et de répression, au détriment d’une politique d’accueil qui s’attache à garantir et à protéger la dignité et les droits fondamentaux des personnes exilées.

En rebaptisant le titre du commissaire – auparavant appelé « Migrations, affaires intérieures et citoyenneté » – « Protéger notre mode de vie européen », la Présidente de la Commission contribue à donner des personnes étrangères une image inquiétante, associée à un danger susceptible de nuire à nos sociétés, et dont il faudrait avant tout se protéger. Ce processus de stigmatisation, qui passe à la fois par les discours et les pratiques, fabrique des « indésirables ». Cette logique contribue à attiser les peurs et les suspicions vis-à-vis des exilé∙e∙s ainsi qu’à légitimer les idéologies xénophobes, au mépris du respect droits fondamentaux des personnes.

À l’aube de cette nouvelle mandature, les enjeux sont considérables. Face à la multiplication des drames en Méditerranée ou sur les routes de l’exil, aux situations indignes dans les camps et à la maltraitance institutionnelle que subissent les personnes migrantes et dont nous  sommes les témoins au quotidien, nous réaffirmons l’impérieuse nécessité d’œuvrer pour une Europe fondée sur la protection des droits humains, sur la dignité humaine, sur la solidarité et sur l’inclusion, sans discrimination aucune et pour promouvoir une Europe fidèle à ses principes fondateurs.

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