1942 - La Cimade et les enfants cachés

Crée en 1939, La Cimade entre dans les camps d'internement des « indésirables » du régime de Vichy dès 1940. Là, elle tente d'apporter un soutien matériel et spirituel aux populations internées. Très vite, elle obtient l'autorisation des autorités administratives pour dresser des listes d'exemptions et faire sortir des camps les enfants, les vieillards et parfois les femmes. Elle s'engage alors à les accueillir dans des centres d'hébergement ouverts pour l'occasion, à Marseille, dans le Tarn, près de Tarascon ou encore au Chambon-sur-Lignon. C'est dans ce petit hameau de Haute-Loire, situé à une soixantaine de kilomètres de Saint Etienne que La Cimade accueillit de nombreux enfants menacés de déportation.

Pension du Coteau FleuriSous couvert de cet hébergement « autorisé » par Vichy, La Cimade accueillit et cacha aussi dans la pension du Coteau Fleuri, de nombreux juifs cherchant à fuir vers la Suisse. Mais l'action de La Cimade n'était pas isolée. Le Chambon-sur-Lignon et plus largement le plateau Vivarais-Lignon est d'ailleurs resté célèbre pour la dimension collective de la solidarité créée lors de la Seconde Guerre Mondiale. Certains parlèrent ainsi de la « colline aux mille enfants». Suite à l'appel des pasteurs, des centaines voire des milliers d'enfants juifs furent accueillis et cachés dans les fermes du plateau.

A partir de 1942, face à la menace grandissante de rafles, La Cimade avec les habitants du plateau, les pasteurs et différentes oeuvres, établirent un plan d'évacuation au cas où la Gestapo viendrait chercher les pensionnaires du Coteau Fleuri et des maisons voisines. L'emplacement de la maison du Coteau, au milieu du bois et dominant les chemins alentour permettait de voir arriver les gendarmes ou la Gestapo et un système de guet fut mis en place. Quand venait l’alerte, les pensionnaires disparaissaient dans les bois et les fermes des environs en empruntant notamment un ancien souterrain refuge des huguenots. Aucun des pensionnaires du Coteau ne fut pris. Par contre, une maison voisine, la maison des Roches fut entièrement raflée par la Gestapo en 1943 et dix neuf jeunes hommes furent arrêtés et déportés. Malgré cet événement tragique, presque tous les enfants cachés et accueillis sur le Plateau ont été sauvés.

 

Chambon_sur_Lignon_40-44_-_Carnet_Violette_Mouchon_2_bureau_des_anciens_equipiers.jpg

Extrait des carnets de Violette Mouchon, Secrétaire générale de La Cimade, 1940-1944- archives de La Cimade

 

> Ecoutez le témoignage de Monique Chaurand, équipière de La Cimade en 1942 au Coteau Fleuri

 

Plus d'informations sur le site des 70 ans de La Cimade

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.