Axel Loustau, de Degrelle à Sefrioui, le chemin sinueux d'un colistier de Bardella

A l’occasion d’une passe d’arme politique, Jordan Bardella s’est vu rappeler ses liens avec Axel Loustau, figure sulfureuse du RN et nostalgique du nazisme. Un positionnement extrême qui n’a pas empêché ce dernier d’entretenir des liens avec l’islamiste Abdelhakim Sefrioui, mis en examen pour complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, après l’assassinat de Samuel Paty.

Il est peu dire que le vice-président LR de la région Ile-de-France Geoffroy Didier n’a pas gouté les critiques adressées à Valérie Pécresse par un Jordan Bardella enclin à accuser des élus de la majorité régionale de se commettre dans un prétendu “islamo-droitisme”. Face aux attaques virulentes portées par le jeune homme de 25 ans, qui ces dernières années a gravi un à un tous les échelons du parti frontiste, de ses débuts comme assistant parlementaire à 20 ans de Jean-François Jalkh, en passant par les élections européennes de 2018 et donc les régionales 2021, Geoffroy Didier a sorti les dossiers. 

© Geoffroy Didier

Dans un tweet publié le vendredi 14 mai, le député européen cible un  certain Axel Loustau, colistier de Bardella, connu pour avoir été l'un des chefs du GUD, un groupuscule d’extrême droite, fasciste et antisémite. Mais c’est sur une facette moins connue du personnage, qui siège depuis 2015 sur les bancs du Conseil régional d’Île-de-France, que l’élu de droite a concentré ses tirs. Axel Loustau, selon ses dires, aux côtés de son ami “gudard” Frédéric Chatillon, aurait été proche d’un individu mis en examen pour complicité d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste dans le dossier de l’assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, décapité le 16 octobre dernier par un terroriste tchétchène radicalisé à la sortie d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine. 

De la Waffen-SS au Hamas, le parcours sinueux d’Axel Loustau

Axel Loustau est de ces personnages complexes, troubles et, surtout, aux multiples facettes qui, de Jean-Marie à Marine Le Pen, ont toujours trouvé dans le Front National, devenu depuis le Rassemblement National, une terre d’hospitalité encline à oublier toutes les erreurs de jeunesse et à fermer les yeux sur les pires dérives. Et, en termes d’erreurs de jeunesse, il est peu dire que le jeune Axel Loustau a pêché en eaux troubles. En 1992, alors âgé de 19 ans, Loustau accomplit un pèlerinage politique, idéologique et spirituel en rendant visite à Madrid au SS-Sturmbannführer Léon Degrelle.

Axel Loustau, filmé en 1992, à l'occasion d'une rencontre avec Léon Degrelle, ancien de la Waffen-SS Axel Loustau, filmé en 1992, à l'occasion d'une rencontre avec Léon Degrelle, ancien de la Waffen-SS

La scène de la rencontre a été immortalisée par un vidéaste amateur, avant d’être reprise, plusieurs années plus tard dans un documentaire de la RTBF revenant sur le parcours de l’ancien combattant de la division SS Wallonie, avec une focale mise tout particulièrement sur l’attrait qu’il continue d’exercer, cinquante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, auprès de toute une frange de l’extrême droite européenne. Le jeune homme, quelque peu gauche et maladroit, qui déclare au collaborateur belge combien il est honoré de pouvoir enfin faire sa connaissance, est donc Axel Loustau.

© David Perrotin

Quelques années plus tard, Loustau, toujours aux côtés de son copain Frédéric Chatillon, sera amené à faire d’autres rencontres, en participant cette fois-ci à des meetings du Collectif Cheikh Yassine. De Degrelle au fondateur du Hamas, dont le parcours terroriste s’est achevé en mars 2004 après que plusieurs missiles tirés depuis des hélicoptères de combat israéliens  l'aient fait passer de vie à trépas, le fossé peut paraître, de prime abord, considérable.

Sauf à considérer que d’une haine l’autre, un ciment commun, rance et abject, puisse rendre raison d’un tel parcours.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.